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La plage mazoutée
Des branches, des morceaux de planches et de l?herbe séchée? Des moyens bien dérisoires pour combattre une marée noire. C?est pourtant ainsi que les techniciens et ouvriers du Central Electricity Board (CEB) ont nettoyé hier le lagon mazouté de Pointe-aux-Sables. Malgré les bouées placées à Sable- Noir, une bonne partie de l?huile lourde déversée par la station thermique de St-Louis, jeudi, s?y est répandue.
Sur plus d?un kilomètre du rivage, ils sont une vingtaine à s?affairer, en bleu de travail, gants et bottes souillés. Le geste est répétitif. De l?herbe séchée jetée dans le lagon est repêchée avec des morceaux de branches. L?herbe imbibée d?huile est placée dans des sacs en raphia avant d?être transportée à la station St Louis pour être incinérée. A 13 heures, une cinquantaine de sacs sont ramassés. « Stock produit chimique ine fini et personne pa pé donne nou l?idée, alors nou fine décide pou fer sa nou mem», soupire un technicien.
<B>Actes de vandalisme</B>
Les ouvriers ne sont pas au bout de leur peine. Le cloaque s?est propagé plus loin, près de la tour Martello. Sur la plage, dix tonneaux d?huile lourde ont pu être récupérés grâce à la pompe de la National Coast Guard. Mais l?eau est toujours visqueuse. «Il nous faudra encore deux jours pour tout nettoyer? », confie un technicien.
«C?est vrai que ce n?est pas la meilleure façon de procéder pour nettoyer le lagon », concède Ravin Dajee, le directeur général du CEB. « Mais nous avons fait appel à des professionnels pour la récupération d?une grande partie de l?huile. » Maintenant, les employés du CEB font tout leur possible pour ramasser le maximum de déchets. Leurs efforts ont été découragés par des actes de vandalismes perpétrés par des énergumènes. Les bouées placées pour empêcher la dispersion de l?huile à Sable-Noir ont été saccagées. A Canal Dayot, les vandales ont déversé quelques tonneaux d?huile prêts à être ramenés à la station de St.-Louis, dans la nuit de vendredi. «Tout était à refaire», affirme le directeur général.
A hier, la situation était presque revenue à la normale à la Rivière St.-Louis. Des agents de nettoyage d?une compagnie privée recrutés par le CEB coupaient l?herbe maculée d?huile. « Nous nous attaquerons ensuite aux parois et gabions entachés », explique un travailleur. Les forces vives de Terrasson ne sont pas rassurées pour autant. « Personne n?a cru bon nous informer de ce qu?il en est réellement », s?indigne Lindsay Noël, président de l?association.
<B>Répercussions sur l?écosystème </B>
Au ministère de l?Environnement, cette affaire est suivie de près. Pour Rajesh Bhagwan, le ministre de tutelle, « c?est le plus grand déversement d?huile à terre que Maurice ait jamais connu». C?est la raison pour laquelle, dit-il, le gouvernement a désigné le Marine Engineer Christian Fournier pour enquêter sur les causes exactes de la pollution. Ravin Dajee lui assure d?ailleurs la collaboration du CEB. « M. Fournier peut s?attendre à notre entière coopération. Nous lui fournirons tous les renseignements nécessaires. »
Le CEB devrait mener une enquête interne pour connaître l?origine de la marée noire. La police enquête aussi. Quand les causes et les coupables seront connus, il ne restera plus qu?à attendre les répercussions sur l?écosystème marin...
<B>Un problème mécanique</B>
L?écoulement d?huile de la station de Saint-Louis a pour origine un problème mécanique : la jauge qui régule le stockage est tombée en panne. Le réservoir a débordé et l?huile (environ deux tonnes) s?est répandue dans la rivière dans la soirée de jeudi. Ce n?est que vers 6 heures le lendemain matin que la catastrophe a été constatée par le personnel du CEB. « Nous sommes vraiment désolés et présentons nos excuses à ceux qui ont été affectés par ce ?oil-spill?. Il s?agit maintenant de revoir nos systèmes de protection pour que cela ne se reproduise pas », déclare Ravin Dajee, D. G. du CEB.
Le ministre de l?Environnement y compte bien. « Cette marée noire permettra au CEB de faire l?audit de son système de protection et d?apporter des améliorations. En attendant, la compagnie a six jours pour apporter des mesures correctives. »
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