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La peau des femmes et le tabac font mauvais ménage

20 février 2004, 20:00

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Les altérations cutanées dues au tabagisme ont été décrites pour la première fois en 1856. Fumer favorise le vieillissement cutané, et ce n?est pas tout?

S?il n?est pas toujours possible de dissocier la part du vieillissement cutané dû spécifiquement au tabac de celle due au vieillissement intrinsèque, on sait que cliniquement, l?intoxication tabagique entraîne un vieillissement prématuré de la peau qui apparaît ridée au niveau du visage, avec une pigmentation jaunâtre à grisâtre. Ces altérations seraient proportionnelles à la quantité de tabac consommée et les femmes y seraient plus sensibles que les hommes.

Plus précisément, les modifications dermiques observées correspondent à des altérations des fibres élastiques et des faisceaux de collagènes, responsables de l?élasticité et de la résistance de la peau, respectivement. En effet, chez les grands fumeurs, le diamètre de ces fibres augmente, ce qui explique l?accroissement du pourcentage de surface occupée par les fibres élastiques dans le derme (19,1 contre 9,29).

Au niveau moléculaire, le tabagisme est responsable d?une augmentation du nombre de liaisons chimiques entre les chaînes de collagène, ce phénomène naturel étant appelé cross-linking des fibres de collagène.

TAUX IMPORTANT D?ACNE CHEZ LES FUMEURS

La tension cutanée devient plus importante, ce qui perturbe l?équilibre synthèse/dégradation des fibres de collagène. De plus, la consommation de tabac favorise la production de radicaux libres dont l?effet destructeur sur les fibres élastiques est bien connu.

Quelques minutes après avoir fumé une cigarette, le flux sanguin cutané diminue, redevenant normal environ 10 minutes après l?arrêt du tabac. L?oxygénation de la peau est donc perturbée par ce phénomène. En revanche, on ignore si cette diminution du flux sanguin cutané concerne toutes les parties du corps et avec la nicotine seule (gomme ou patch), les résultats observés ont été contradictoires.

La nicotine est le composant du tabac le plus actif par rapport au vieillissement. Alors qu?elle n?a aucun effet cancérigène direct au niveau cutané, l?absorption de nicotine est à l?origine d?une diminution de la production d??strogènes, ce qui pourrait expliquer l?effet synergique du tabac dans le vieillissement cutané des femmes en période de ménopause. D?autre part, la nicotine pourrait contribuer à la diminution de la réponse immunitaire.

Plusieurs études ont montré une fréquence accrue de l?acné chez le fumeur. Des cas d?érythème (inflammation) palmaire ont été rapportés en association avec des bronchites chroniques obstructives liées au tabac.

De plus, l?hyperhidrose, les furoncles, les folliculites, l?herpès labial ou encore la gale sont plus fréquents chez les adolescents ou les jeunes adultes fumeurs. Inutile de rappeler que tous les cancers, y compris les cancers cutanés, sont favorisés par le tabac, probablement suite à un affaiblissement du système immunitaire...

Une étude a montré que le risque de certains cancers est augmenté de 50% chez les fumeurs par rapport aux non fumeurs. En ce qui concerne le mélanome, le tabagisme n?en serait pas à l?origine mais pourrait aggraver son évolution. Fumeurs et fumeuses, pensez à la beauté de votre peau à chaque cigarette.

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