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La partielle rêvée des travaillistes

17 avril 2004, 20:00

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A l?arrestation de Dev Hurnam ne pouvait mieux tomber pour l?opposition travailliste. Alors que le gouvernement entame une série de congrès, à travers le pays, pour préparer son rassemblement du 1er Mai, voilà qu?un de ses parlementaires est arrêté dans le cadre de l?affaire Deelchand, dont les ramifications ont surpris tout le monde.

En réclamant la démission d?Hurnam de sa cellule policière, Navin Ramgoolam veut provoquer une autre partielle, d?autant que celui-ci est sans doute meurtri d?apprendre sa suspension du MMM. Ramgoolam se montre ironique : « Le gouvernement se dit populaire, alors il ne doit pas avoir peur d?une partielle. Les travaillistes sont prêts pour toute partielle... »

Dev Hurnam est député à Triolet-Pamplemousses, le fief de Navin Ramgoolam. Après la cuisante défaite à Piton-Rivière-du-Rempart, le PTr se sent fort en région rurale, plus particulièrement dans le Nord. Le gouvernement, de son côté, ne peut se permettre de perdre une autre partielle, d?où le dilemme Hurnam.

« Hurnam aurait dû être sanctionné depuis longtemps par le MMM. Il a été condamné à six mois de prison par la cour intermédiaire. Récemment la Cour suprême a confirmé qu?il a fabriqué un faux alibi et voilà qu?on l?arrête à la suite de graves allégations. Le MMM, comme le MSM dans le cas Choonee, n?a plus de moralité... », assène Navin Ramgoolam.

Selon lui, le gouvernement est coincé : il est obligé de réagir après l?arrestation de Hurnam mais il ne peut lui demander de démissionner de l?Assemblée nationale.

« Comme mesure, le MMM demandera sûrement à Hurnam de prendre ses distances du parti, tout en continuant à siéger au Parlement.» Déclaration faite hier (samedi) vers midi. Et effectivement, trois heures plus tard, le bureau politique mauve décide de suspendre Hurnam jusqu?à ce que la justice tranche l?affaire. Ce qui n?est pas pour demain. Une manière de couper la poire en deux, d?éviter toute partielle et d?anéantir le rêve des rouges...

Mais le PTr accentue sa pression pour embarrasser le gouvernement, qui jusqu?ici gère mal cette affaire : « Comment interpréter le fait qu?un Conseil des ministres déclare qu?il n?y aura pas de cover up. Mais depuis quand le cabinet s?ingère dans les affaires policières et judiciaires ? » A Rivière-du-Rempart, vendredi soir, Paul Bérenger a été plus loin : « Mo fine dire la police bisin pas peur pour faire so l?enquête plein-plein. » Pravind Jugnauth a, lui, dit que « personne n?est au-dessus de la loi ». Ils ont brandi l?arrestation comme symbole de non-ingérence du gouvernement, une manière pour eux aussi d?exploiter politiquement l?affaire, tellement grosse pour en faire abstraction...

Depuis la semaine dernière, après les commentaires sévères de la Cour suprême, l?hôtel du gouverment est embarrassé. Entre-temps, c?est une autre bombe qui a éclaté. Malgré cela, Paul Bérenger ressasse une évidence : « Un prévenu est toujours innocent jusqu?à jugé coupable. » Juridiquement cela est vrai, mais politiquement les dégâts sont inévitables, malgré une suspension temporaire. Et dire que, cette fois-ci, l?opposition n?a même pas eu le temps d?allumer la mèche...

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