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La MSPA reconnaît enfin la SILU et l?UASI
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La MSPA reconnaît enfin la SILU et l?UASI
En l?année de braise 1971, l?île Maurice régresse au rythme d?une grève générale à l?autre, l?une autant paralysante que l?autre. Quand le Sucre travaille, le Port est en grève. Quand le Sucre se met en grève, le Port se remet au travail. Le Sucre se remet alors à la grève. Quand le Sucre et le Port se décident enfin à travailler simultanément, c?est au tour du Transport en commun de rester au garage. Et pour couronner le tout, des enseignants décrètent la grève générale quand écoliers et collégiens entrent en salle d?examen. Des infirmiers s?écrient : ?Nous zété !? quand des malades entrent en salle d?opération. Que ne fait-on pas quand règne la démagogie ?
Une des raisons principales de ces grèves tournantes, perlées ou zélées, réside dans le refus, autant gouvernemental et politique que patronal de reconnaître les syndicats d?obédience, sinon militante (MMM) et même marxisante, du moins de la GWF du négociateur attitré, Paul Bérenger. Ce qui revient du pareil au même.
En 1971, les hauts cadres du secteur privé sont pour la plupart hostiles à un Bérenger, revenant auréolé de sa participation personnelle au mouvement français de Mai 1968. L?acte fondateur du MMM est d?ailleurs une manifestation anti-princesse Alexandra mais surtout anti-Ogilvy, un des dirigeants de la multinationale africaine Lonrho. On ne peut écarter tout à fait une solidarité patronale. La démagogie politique n?hésite pas non plus à exciter les foules contre les cadres d?une certaine communauté.
L?allergie anti-mauve patronale se renforce de la soumission, pour ne pas dire de la servilité, que des employeurs affichent pour Gaëtan Duval, créateur certes de notre zone franche manufacturière exportatrice et de notre industrie touristico-hôtelière. Le successeur de Jules Koenig, à la tête du PMSD, n?apprécie guère de voir la plus grande partie de son électorat créole et ouvrier troquer le bleu (non de travail) pour le mauve du militantisme. Un coq violet n?aurait pas réagi différemment.
Mais depuis 1971, de l?eau a coulé et en abondance sous le pont de la GRNO mais la reconnaissance officielle des syndicats mauves reste en suspens dans la plupart des cas. Ce n?est pourtant pas faute d?avoir accordé, le plus officiellement possible, toute l?autonomie administrative et l?indépendance décisionnelle aux institutions para-étatiques, tombant sous la juridiction du ministère du Travail, telle la CRI (Commission des Relations industrielles), chargée d?avaliser la reconnaissance syndicale des associations ouvrières ayant démontré irréfutablement leur représentativité au niveau d?une entreprise majeure ou encore d?un secteur du même carat. Et que faut-il de plus que les séries de grèves nationales de 1971 et de 1979 pour prouver qu?un simple froncement sourcil d?un moustachu suffit pour paralyser l?économie mauricienne ?
Le monde est ainsi fait que même après le départ de Duval du gouvernement ramgoolamien, en décembre 1973 et en août 1981, il y a suffisamment de démagogues anti-mauves, et même anti-blancs, au sein du PTR, pour faire fi de toute liberté syndicale et empêcher indéfiniment la reconnaissance de syndicats, pouvant pourtant se prévaloir de la moitié de la main-d??uvre cannière et sucrière.
Il ne faut pas moins que la totale victoire du 11 juin 1982, pour que soit levé l?inqualifiable ostracisme neutralisant le fonctionnement optimal de syndicats, pourtant capables alors de paralyser, à n?importe quel moment, l?économie mauricienne.
Il n?y a pas comme une victoire régionale et, enfin, un changement de locataires à l?Hôtel du GM, pour que s?évanouissent dans la nature les objections-mirages et autres embûches frivoles, dont on prenait plaisir à parsemer le parcours du combattant que devaient suivre les syndicats de la GWF, avant de franchir la ligne d?arrivée de la reconnaissance syndicale, véritable sésame ouvrant la voie au check off rémunérateur.
A cause lé onze juin, combien miracles fine arrivé ? Le fait demeure qu?en octobre 1982, soudainement, les nouveaux locataires de l?Hôtel du GM, la MSPA, le plus beau fleuron de la Plantation House (aujourd?hui moribonde ou presque), les syndicats concurrents car d?obédience travaillistes, comme la PWU, l?AGWU, l?OUA d?Auguste Follet, consentent prodigieusement à signer un accord en bonne et due forme avec la SILU et l?UASI. Les esprits chagrins donnent comme explication, à ce tour de passe-passe bananier, le fait que Paul Bérenger, ayant troqué son blouson de cuire contre un complet Cardin, en attendant les divers costumes du bal masqué ohé ! ohé ! du communalisme scientifique, n?est plus le négociateur attitré de ces deux syndicats. C?est même la raison pour laquelle on n?entend pas plus parler d?eux pas plus que de la PWU ni de l?AGWU, d?ailleurs. Ainsi va la vie. Tout arrive à point à qui sait attendre.
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