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La menace européenne sur le sucre se précise
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La menace européenne sur le sucre se précise
Jamais un lever du soleil ne sera aussi sombre pour l?industrie sucrière. A Bruxelles demain, la Commission européenne dévoile le quantum final de la baisse du prix garanti du sucre de même que les mesures d'aides au bloc ACP pour lui permettre de faire la transition.
Cette réduction, si néfaste pour le pays, serait étalée sur quatre ans. De nouvelles fuites dans la diplomatie bruxelloise confirment les précédentes. Les propositions officielles de la commissaire à l?Agriculture, Mariann Fischer Boel portent sur un quantum plus important, soit 43 %.
Plus que jamais la question d?intense campagne de lobbying sur le plan politique pour que notre position soit considérée revient sur le tapis. Notamment lorsque le groupe analysera le contenu de cette réforme et avant que le Parlement européen ne vote le texte législatif
Les propositions de cette réforme donnent également des indications quant à la durée d?exécution. Etalée désormais sur quatre années financières, elle démarre en 2006-2007 avec une baisse technique de 5 %. En 2007-2008, elle bondit pour passer à 28 %. Après une hausse de quatre points en 2008-2009, elle atteindrait le chiffre de 43 % en 2009-2010.
La réduction d?une telle ampleur est ?insoutenable? pour l?industrie sucrière mauricienne car le manque à gagner net sera de Rs 4 milliards pour un secteur générant Rs 10 milliards annuellement. Déjà en phase de réforme et lourdement endettés, les établissements sucriers déposeront leur bilan, sans un soutien financier important de l?Union européenne.
La chute des prix s?insère dans le cadre d?une réforme du régime sucrier européen. Elle s?adresse aussi au bloc ACP dont Maurice est le premier exportateur vers l?Union européenne. Ces exportations globales sont régies par le Protocole sucre, garantissant un prix de 523,70 euros la tonne de sucre.
Atténuer les effets de la baisse
Enclenchée en juillet 2004, la réforme européenne prônait initialement une baisse de prix du sucre de 37 %, étalée sur deux ans, prenant effet dès 2005. Déjà, les ACP avaient exprimé leurs inquiétudes quant à la viabilité de leur industrie sucrière avec une telle réduction.
Bien que l?échéance ait été repoussée de deux ans (2007 au lieu de 2005), elle n?est nullement réconfortante. Hormis la demande d?une réduction plus soutenable, les ACP ont toujours réclamé qu?elle soit étalée sur une période de huit ans.
Dans les milieux concernés, on avance que l?industrie locale se prépare déjà à mitiger les effets drastiques de cette baisse. L?Etat mauricien a déjà conçu son plan. Et ce document servira d?outil de négociation avec l?Union européenne pour déterminer le montant des mesures d?aide. En bref, le plan plaide pour une industrie de la canne, avec un accent particulier sur la production énergétique à partir de la bagasse et la mise en place d?un ?Ethanol hub? dans le sud du pays. ?Un prix bas intervenant plus tôt que prévu est en net déphasage avec les gains résultant de notre réforme locale?, analyse-t-on dans les milieux autorisés du secteur privé.
L?Etat et l?industrie sucrière militent ainsi pour un important soutien financier européen en amont de la réforme. L?enveloppe de 40 millions d?euros (Rs 1,4 milliard) pour les 18 pays ACP est d?emblée jugée dérisoire par les protagonistes du secteur.
Pour le ministre de l?Agriculture, Nando Bodha, il incombera au bloc ACP de mener une campagne agressive auprès des décideurs politiques. L?avantage réside dans le fait que les ACP bénéficient du soutien de dix Etats-membres de l?Union, qui seront tout aussi durement touchés par la réforme.
Un argument mis en avant est la parité dans le traitement. En effet, la réforme du régime sucrier européen concerne également les betteraviers du Vieux continent. Cependant, ils seront compensés à hauteur de 60 %. ?Nous sommes une partie intégrante du système sucrier. De fait, nous demandons un traitement égal?, revendique-t-on dans le secteur.
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