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La MCB appelle à la vigilance
Après le Fonds monétaire international (FMI), c?est au tour de la Mauritius Commercial Bank (MCB) de monter au créneau et réclamer des actions urgentes pour redresser l?économie. Si rien n?est fait, cela pourrait remettre en cause le développement du pays.
Dans son premier Economic Outlook de l?année, la MCB dresse un tableau sombre au regard des perspectives de l?économie pour cette année. Le chômage augmentera (avec ses implications socio-économiques), l?inflation continuera à grimper, la zone franche, notamment le textile-habillement, se contractera encore, bien qu?à un degré moindre, et le déficit commercial se creusera davantage.
«Le pays est à la croisée des chemins. Des risques calculés doivent être pris pour prévenir les maux économiques étant donné qu?un scénario de statu quo et d?autosatisfaction nous mènera sûrement à des résultats incompatibles avec nos ambitions de développement», déclare Gilbert Gnany, chief economist de la MCB.
La situation exige donc des mesures immédiates pour re-dynamiser l?économie. Cela passe par des réformes en profondeur dans le but, notamment, d?accroître l?investissement, de créer des emplois, d?assainir les finances publiques et de réduire le déficit budgétaire, estime la MCB.
«Il manque une voie pour une reprise soutenue et cela est une source sérieuse d?inquiétude, particulièrement dans un contexte où le chômage est élevé et croissant. Cela souligne l?importance d?instiller un sentiment d?urgence pour adopter des mesures appropriées afin d?aider le pays à faire face à un marché mondial plus hostile que jamais», soutient la MCB.
La stratégie de diversification de l?économie, qui consiste à développer plusieurs autres piliers mis en avant par le ministre des Finances, Rama Sithanen, est la voie à suivre : elle rendra l?économie plus résiliente aux chocs adverses.
Néanmoins, le succès de cette stratégie dépend grandement de la capacité à améliorer l?environnement des affaires pour provoquer une stimulation (boost) au niveau des investissements, poursuit la MCB. « Alors que des mesures louables pour faciliter l?investissement et la promotion avaient été annoncées en août 2005, il faut maintenant qu?elles soient rapidement mises en application et de manière efficiente », ajoute les analystes de la banque.
Pour alléger, dans le court terme, le problème du chômage, on pourrait hiérarchiser les projets d?investissements par rapport à leur capacité à générer des emplois. Il s?agit surtout d?emplois pour la main-d??uvre sans qualification, laquelle constitue le gros des chômeurs. La MCB préconise également une révision des lois pour rendre le marché du travail plus flexible.
<B>Justification des écarts</B>
Par ailleurs, la banque estime nécessaire l?adoption d?une loi sur la responsabilité fiscale (Fiscal Responsibility Act) en vue de s?assurer que les finances publiques sont soutenables à long terme. Cet encadrement légal impliquerait la définition préalable d?objectifs en termes de dépenses, de recettes et de déficit budgétaire. Il s?assurera également que les déviations de ces objectifs seront expliquées et justifiées par les responsables.
Un tel système permettrait également de fixer un plafond pour la dette publique «qui a augmenté à des niveaux inquiétants, soit Rs 120,5 milliards à juin 2005», poursuit la MCB. Pour contribuer à assainir les finances publiques les analystes de la banque suggèrent que l?Etat se désengage des activités commerciales qui n?ont pas d?intérêt stratégique.
La réforme du système de pension, de la santé et de l?éducation sont aussi des priorités sur lesquels le gouvernement devrait se pencher en vue d?un meilleur panachage concernant l?engagement de l?Etat et du secteur privé dans ces secteurs.
<B>Croissance de 5 % en 2006</B>
La MCB a révisé légèrement à la hausse ses prévisions concernant la croissance en 2006.
Elle sera de 5 % au lieu de 4,9 % avancé précédemment. Sucre exclu, la croissance sera de 4,7% contre 4,4 % estimés auparavant.
Ce léger mieux est surtout attribuable aux meilleures perspectives pour le tourisme et les communications. Sur la base des bons résultats enregistrés en décembre 2005 dans le tourisme, les analystes de la MCB estiment que ce secteur pourrait enregistrer une croissance de 9 % cette année, contre 6 % l?année dernière. «Un taux de croissance à deux chiffres est toujours possible, mais cela nécessite que des progrès importants soient réalisés pour éliminer les goulets d?étranglement qui handicapent le développement de ce secteur», soutient la MCB. La banque remet sur le tapis la question de l?accès aérien et celle du marketing. La MCB s?inquiète aussi de la hausse du chômage : son taux est passé de 8,4 % en 2004 à 9,5 % l?année dernière. Avec d?autres pertes d?emplois à prévoir dans la zone franche et dans l?industrie sucrière et, compte tenu des sombres perspectives concernant la croissance et l?investissement, «il faut s?attendre à ce que la situation se détériore en ce qui concerne le chômage», prévient la MCB.
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