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La mauvaise note

6 juin 2007, 00:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

<B>Par Raj MEETARBHAN</B>

La bonne gouvernance constitue un socle sur lequel doit reposer le développement économique. Même les dirigeants qui n?y croient pas trop sont forcés d?appliquer les normes de bonne gouvernance afin de respecter les ?conditionnalités? liées aux financements octroyés par les bailleurs de fonds. Cette notion est devenue un enjeu majeur pour les pays en développement.

Contrairement à ce que l'on peut penser, il n?y a pas que sur le continent africain que ces questions se posent. L?occasion de les aborder sérieusement à Maurice est offerte avec le lancement, aujourd?hui, d?une enquête nationale sur la bonne gouvernance. Celle-ci sera réalisée, pour le compte du National Economic and Social Council. Elle s?insère dans le cadre de l?African Peer Review Mechanism (APRM), un exercice initié par l?Union africaine et qui se déroule en plusieurs étapes : enquête nationale, visite des professionnels et rapport final.

La bonne gouvernance englobe différents domaines dont les plus pertinents pour notre pays pourraient être le respect du droit à l?information et l?engagement des pouvoirs publics à créer un environnement favorable aux affaires.

Une gouvernance démocratique ne peut exister que si les médias jouissent d?une totale liberté. Or, il y a un an, une offensive était menée par le gouvernement contre les médias indépendants. Il avait annoncé le durcissement du code pénal afin d?infliger de lourdes peines de prison et de très fortes amendes aux journaux mal pensants. Si ces mesures s?étaient concrétisées, les évaluateurs de l?APRM auraient attribué une bien vilaine note à notre pays. On l?a échappé belle.

La satisfaction n?est que partielle. L?audiovisuel public demeure dans un état d?arriération totale. La mainmise du pouvoir sur la MBC est flagrante. Outre quelques niaiseries, le journal télévisé de la station nationale est presque exclusivement consacré aux faits et gestes du Premier-ministre-le-docteur-Navin-Ramgoolam. Pas de débats contradictoires, pas de voix qui dérangent. Cette question devrait préoccuper ceux qui réfléchissent sur la gouvernance à Maurice. Dès ce matin, lors de la table ronde qui suivra la cérémonie de lancement, ils pourront se demander pourquoi nous étions parmi les derniers pays au monde à libéraliser les ondes et pourquoi la télé privée n?existe pas à Maurice.

Quant à la gouvernance économique, elle implique le respect des mécanismes rationnels du marché. Elle limite le rôle du gouvernement à instaurer un Etat de droit et un environnement susceptible de créer la confiance des investisseurs. Cependant, des signaux inquiétants sont émis à cet effet. L?Etat a manifesté, à plusieurs reprises ces deux dernières années, l?intention de contrôler les prix, ou d?importer, des produits de consommation courante. Son refus de dialoguer avec les opérateurs du privé, sauf quand il y a le feu, est un autre indicateur de la mauvaise gouvernance économique.

Les résultats de l?APRM seront attendus avec impatience. Ils pourraient révéler l?existence d?un système qui n?est pas démocratique mais en démocratisation?

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