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La Mauritius Union sous le signe du renouveau

13 juillet 2005, 00:00

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Un vent de changement souffle sur la Mauritius Union Assurance (MUA), une des plus anciennes sociétés de services financiers du pays. Son nouveau patron, Jacques de Navacelle, ancien managing director de Barclays (Mauritius), veut donner une nouvelle impulsion à l’entreprise tant sur le plan de l’image qu’elle jouit auprès du public que celui de la stratégie de développement.

“La MUA est une société ancienne, traditionnelle, financièrement solide et a une bonne réputation. Elle a toutefois besoin d’être modernisée dans sa gestion”, explique le chief executive officer (CEO) Jacques de Navacelle.

La maison d’assurances peut compter sur de solides références. Elle est le leader de l’assurance automobile à Maurice. Cette position de force lui permet d’occuper la deuxième place sur le marché de produits d’assurances (toutes prestations combinées). La société qui est cotée en Bourse, brasse un chiffre d’affaires de plus de Rs 500 millions.

Pour mener à bien sa mission de changement, Jacques de Navacelle s’attelle prioritairement à mettre en place des équipes pour s’occuper des secteurs (assurance générale, assurance-vie, prêts…), et fonctions (finances et plan, logistiques, ressources humaines…) spécifiques.

Une fois le nouvel organigramme en place, la direction se donne pour objectif de promouvoir une nouvelle image de la compagnie auprès de la clientèle et au sein du public en général. Une campagne de communication dont s’est chargée Blast Communications, un spécialiste de la communication corporate, a débuté cette semaine. La campagne a pour thème “Peace of Mind” pour rassurer son public.

<B>De nouveaux produits</B>

L’autre étape est de passer à l’offensive sur le plan marketing. “Nous voulons repositionner la compagnie sur le marché. Par la suite, nous allons revoir la liste des produits. On compte introduire de nouveaux produits, et on va améliorer la présentation de ceux existant”, avance le CEO.

Mais les mutations à la MUA ne se sont pas faites sans anicroches. La direction a eu à gérer quelques remous au sein du personnel, notamment lorsqu’il fut question de formaliser les contrats de travail. Certains employés n’ont pas bien apprécié les changements et cela a provoqué un mouvement de mécontentement. “C’est un peu naturel et compréhensible. Certaines personnes étaient habituées aux méthodes anciennes et ont eu peur du changement. Chacun essayait de faire de son mieux sans un cadre formel”, fait ressortir Jacques de Navacelle.

Après plusieurs réunions d’explication avec les membres du personnel, le message est passé. Aux dires du CEO, les employés dans l’ensemble ont vu leurs conditions de travail s’améliorer.

Les changements prévus à la MUA sont la conséquence des nouvelles conditions d’opération dans le secteur des assurances. La compagnie veut mettre davantage l’accent sur le marketing du business automobile car c’est là où les choses se gâtent. Le système de constat à l’amiable est très souvent préjudiciable aux assureurs. “Il y a un pourcentage assez élevé de fausses réclamations qui sont des conséquences d’accidents simulés. Il y a un gros travail à faire pour vérifier les conditions et les montants de ces réclamations”, souligne-t-il.

<B>Nouveaux développements</B>

Il y a aussi la concurrence qui se fait de plus en plus ardue. Elle fait baisser les prix avec pour résultat, des compagnies d’assurances qui se retrouvent avec des primes inférieures aux réclamations.

Mais il y a aussi beaucoup d’opportunités à saisir. La MUA se positionne déjà en vue de ces nouvelles perspectives de développement notamment, avec l’avènement des nouvelles législations sur les assurances. Certaines sociétés de petite taille ne pourront pas se conformer aux nouvelles réglementations et seraient éventuellement candidates à des rachats par de plus gros opérateurs. D’où un intérêt, certes discret, de la MUA.

La direction se penchera bientôt sur l’élaboration d’un plan stratégique qui tiendra compte de ces débouchés potentiels. Mais pour l’immédiat, le nouveau patron a un dossier urgent à gérer, la réclamation de la Mauritius Commercial Bank (MCB) à la suite du détournement de fonds au préjudice du National Pension Fund mis au jour en février 2003.

Un litige oppose la MUA à la MCB à ce sujet. L’assureur refuse de payer des indemnités réclamées (Rs 737 millions) par la banque. La cour va devoir trancher la question.

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