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Riz de luxe importé
Madagascar suspend la taxation prévue
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Riz de luxe importé
Madagascar suspend la taxation prévue
Volte-face du gouvernement malgache. Le ministère de l'Économie et des finances avait proposé, dans la loi de finances rectificative, un droit de douane de 20 % et une TVA de 5 % sur le riz de luxe importé. Mercredi, l'exécutif a finalement décidé de suspendre temporairement ces mesures fiscales, présentées initialement comme un soutien à l'autosuffisance alimentaire.
Selon le ministère du Commerce, «la production locale ne peut pas encore couvrir les besoins du marché». Des analystes s'interrogent sur le fait que cette décision ait pu être prise sans tenir compte des réalités du terrain et des récents chocs ayant secoué la filière depuis le début de l'année. Le département ministériel justifie ce revirement : «Il faut combler le gap pour pouvoir couvrir le marché, surtout avec le début de la période de soudure, dans un mois. C'est la raison pour laquelle cette décision a été prise en Conseil des ministres.»
Ces mesures fiscales s'inscrivaient dans l'engagement du gouvernement à réduire les dépenses fiscales de 290 milliards d'ariary, conformément aux conditionnalités du Fonds monétaire international, la taxation du riz importé devant contribuer à accroître les recettes fiscales.
Une filière sous tension
En suspendant ces taxes pour préserver le pouvoir d'achat et la disponibilité du riz, l'État se retrouve face à un contre-pied budgétaire : l'exonération évite l'inflation en période de soudure, mais crée un manque à gagner qui compromet l'objectif des 290 milliards d'ariary exigés par les partenaires financiers.
La filière rizicole a traversé plusieurs épreuves : les cyclones Fytia et Gezani ont paralysé certaines régions productrices en début d'année, tandis qu'une accumulation de stocks a fait baisser les prix. L'an dernier, Madagascar a importé plus de 800 000 tonnes de riz. Au premier semestre 2026, les importations avaient déjà atteint 408 667 tonnes selon la Direction générale des douanes – soit près de la moitié du total de l'année précédente.
La ministre du Commerce, Haingotiana Andriamadison, souligne que son ministère entend continuer à encadrer les importations pour éviter les excès. Les mesures en vigueur depuis mars, notamment la déclaration préalable des importateurs auprès du ministère, seront maintenues.
Le ministère assure que «la politique générale de l'État vise à réduire progressivement la dépendance aux importations». La production nationale est projetée à plus de 5 millions de tonnes pour 2026, contre 4,7 millions l'année précédente, grâce à des initiatives d'intensification agricole. Le riz local reste toutefois pénalisé par de mauvaises infrastructures routières, la spéculation et les surenchères liées à l'importation.
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