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La MATIM propose des villes à Goodlands, C. Flacq et R. Belle
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La MATIM propose des villes à Goodlands, C. Flacq et R. Belle
La Mission française d?Aménagement du territoire de l?île Maurice, auteur dans les années 1980 d?un National Physical Development Plan (NPDP), propose la création de trois nouvelles villes à Goodlands, à Centre-de-Flacq et à Rose-Belle ainsi que l?urbanisation graduelle de Grand-Baie, de Triolet, de Quartier-Militaire, de Mahébourg, de Souillac et de Tamarin.
La MATIM est composée de M. F. Bodin, architecte-urbaniste, Jean Louis Pagès, architecte-urbaniste et auteur d?un remarquable livre sur nos maisons créoles et D. Paillat, ingénieur. Elle travaille pour le compte du ministère du Logement, des Terres et de l?Urbanisme que dirige alors et excellamment Eliézer François. Les quatre objectifs du NPDP sont (i) le ralentissement de la croissance démographique (ii) la préservation du potentiel agricole (iii) la maîtrise des implantations industrielles (iv) la protection du patrimoine naturel. Ce plan recommande la poursuite des efforts du contrôle de la croissance démographique afin que la population n?excède pas 1 200 000 habitants en 1992 (ce chiffre sera atteint en 2005) et 1 600 000 en 2032. L?émigration est minime pour ne pas dire insignifiante : 26 000 départs en 10 ans. Dieu sait pourtant qu?on haïra les émigrés après 1983 au point de leur contester la nationalité mauricienne. Il faudra un Maurice Rault pour mettre fin à cette iniquité nationale.
La MATIM divise le territoire de Maurice en cinq principaux compartiments géographiques : (i) Port-Louis, ses faubourgs et les Plaines-Wilhems (ii) le Nord (iii) le Centre (iv) le Sud (v) le Sud-Ouest. Elle recommande au gouvernement de ralentir la croissance démographique dans la grande agglomération du Port-Louis et des Plaines-Wilhems. Elle ne doit pas dépasser 37 % en 15 ans, contre 45 % pour le reste de l?île. Ainsi le nombre d?habitants de Port-Louis-Plaines-Wilhems ne dépasserait pas 575 000 en 1992 contre 418 000 en 1977. Le recensement de 2 000 indique une population de 486 037 pour ces deux districts, soit une hausse de 16,26 % en plus de 20 ans.
Le développement touristique permettra au Sud-Ouest d?avoir, en 1992, une population de 25 000 habitants au lieu des 16 000 de 1977. Elle s?élève à 60 587 mais pour l?ensemble du district de la Rivière Noire en 2000.
La MATIM considère, en 1977, Port-Louis comme une zone saturée. Que ne dirait-elle pas si l?occasion est donnée à ses membres d?étudier les problèmes de toutes sortes se posant, en 2005, aux habitants de la capitale et à ceux qui doivent s?y rendre quotidiennement en raison de leurs occupations professionnelles ? Elle recommande le ralentissement de la croissance démographique des basses Plaines-Wilhems parce que cette région possède les meilleures terres agricoles de l?île. Un mauvais point donc pour la transformation du triangle d?Ebène agricole et jadis verdoyant en zone industrielle (bureautique et informatique) et routière alors qu?une telle implantation aurait été plus souhaitable dans des zones plus arides et rocheuses (de l?Ouest et du Nord) ou encore trop humides pour la canne comme Midlands et ses environs.
En ce qui concerne le projet de créer des municipalités à Goodlands, Centre-de-Flacq et à Rose-Belle, la MATIM préconise (i) de réglementer le périmètre des nouvelles agglomérations (ii) d?interdire les lotissements résidentiels en dehors des nouvelles agglomérations à urbaniser (iii) la déclaration de nouvelles plages publiques (iv) la délimitation de bandes de végétation pour séparer les zones urbaines existantes, notamment au Port Louis et aux Plaines Wilhems, et permettre ainsi aux villes existantes de conserver leur identité et les empêcher de se fondre dans le magma d?un long corridor urbain ininterrompu de 30 kilomètres de long entre Curepipe et Terre-Rouge. La recommandation est pertinente au moment où les derniers champs de cannes de Candos séparent encore Vacoas de Quatre-Bornes.
Il appartient désormais à Navin Ramgoolam de réaliser, 25 ans après, l?important projet d?urbanisations nouvelles en zone rurale, recommandé jadis à son père. Ceux qui ont succédé à ce dernier à la tête du pays n?ont pas pu ou su le faire. Pour cela, il suffit pourtant de multiplier les incitations à un développement accéléré, financé par l?Etat, et destiné aux populations des localités précitées les premières à réclamer leur élévation au statut de municipalités. Ne rien imposer à qui que ce soit mais fournir le maximum d?aide et d?encouragement à ceux voulant prendre la décision municipale qui s?impose. Habitants de Goodlands, de Centre-de-Flacq, de Rose-Belle, de Mahébourg, de Grand-Baie, de Triolet, de Tamarin-Rivière-Noire, à vous de jouer si vous voulez que votre localité devienne une ville dotée d?un conseil municipal autonome et libre.
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