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La Masa en pleine tempête
C’est la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Le licenciement du président du conseil administration de la Mauritius Society of Authors (Masa), Marcel Poinen, a rallumé le désir d’autonomie qui sommeillait depuis un certain temps chez les membres de cette association.
Le Premier ministre a, quant a lui, exprimé vendredi le souhait de rencontrer Marcel Poinen mardi. « Je ne sais pas de quoi le Premier ministre souhaite m’entretenir. Je l’ai appris à la télévision comme tout le monde. Attendons voir », affirme ce dernier, l’air serein.
En attendant, les membres de la Masa serrent les rangs et expliquent pourquoi l’autonomie de la Masa se fait pressante. « Nous sommes plus que satisfaits du travail accompli depuis que Marcel Poinen a assuré la présidence. Lorsqu’il a été limogé, on s’est dit qu’il fallait agir et demander un changement », explique Jean-Jacques Arjoon, membre de la Masa.
<B>Un vent d’autonomie qui souffle sur les employés</B>
Pour lui, la question de l’autonomie ne se posait pas vraiment lorsque Marcel Poinen tenait les rênes de la Masa, « vu qu’il y a un certain nombre de travail qui a été abattu ». La société a, en effet, veillé à la gestion et l’administration des œuvres des auteurs, et a, entre autres, assuré le paiement des droits. « Si minister nomm enn nouvo prezidan, ajoute-t-il, li pou legal me ilezitim… »
Et Mario Armel, membre du conseil d’administration de la Masa, souligne que le limogeage du président après trois années est un « gaspillage ». « Marcel Poinen a piloté plein de projets et a acquis une grande connaissance grâce aux
congrès auxquels il a pu participer. Celui qui va le remplacer devra tout reprendre à zéro. Ce sera de l’argent jeté par les fenêtres », souligne-t-il.
À la Masa, le vent d’autonomie souffle aussi sur les employés. « En général, toutes les sociétés de droits d’auteur dans le monde sont autonomes, tout en bénéficiant d’un grant du gouvernement. Pourquoi pas nous ? », se demandent-ils.
Le rapport du professeur Michael Blakeney, directeur du Queen Mary Intellectual Property Research Institute de l’université de Londres en 2003, n’a jamais été aussi d’actualité. Dans ses conclusions, il avait souligné la « main-mise du gouvernement sur la Masa », qui compromettait son indépendance et son statut en tant qu’entité du secteur privé.
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