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La malle des Indes

13 novembre 2004, 20:00

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Question investissement, nous sommes servis. Les entreprises indiennes injectent des milliards de roupies à Maurice chaque année. Mais pour le commerce, la situation est tout à fait différente. En 2003, Maurice a ainsi importé Rs 5,4 milliards de marchandises de la Gran-de péninsule. Pour la même période, nos exportations vers l?Inde ont à peine atteint Rs 169 millions. Mais un accord d?échanges préférentiels (AEP) entre les deux pays pourrait rendre le commerce moins asymétrique.

Cet accord permettra un nouveau cadre d?échanges commerciaux en tablant sur le Comprehensive Economic Cooperation and Partnership Agreement (Cecpa) qui sera signé bientôt. « Un an après que l?idée de Cepca a été lancée, nous nous réjouissons de voir que les deux parties sont d?accord sur les grandes lignes. Nous pensons que l?AEP pourrait voir le jour d?ici un an », explique Prashant Agarwal, le Second Secretary du haut-commissariat indien.

Un échange de bons procédés

La visite d?une délégation mauricienne en Inde la semaine dernière a permis de faire avancer les choses. Anil Gujadhur, le directeur de la Ban-que de Maurice, était à sa tête. « La mise en place de préférences commerciales se fera dans un premier temps sur la base de produits individuels », explique-t-il.

La capacité d?exportation de l?Inde est en effet énorme, et Maurice craint un peu d?ouvrir les vannes de son marché intérieur. Une baisse tarifaire sur certains produits indiens pourrait tout simplement annoncer le dépôt de bilan de quelques entreprises locales dont les produits ne seront plus compétitifs. « Tout sera fait avec prudence et précaution », assure Anil Gujadhur.

« Il y a des débouchés pour les produits mauriciens en Inde, à cause de la classe moyenne émergente de ce pays. Il nous faut trouver les produits porteurs qui les intéressent », explique Assad Bhuglah, le directeur de la Trade Policy Unit du ministère du Commerce international.

Ce genre d?accord est toujours un échange de bon procédés. Car d?un côté l?Inde va tabler sur les zones de libre-échange dont Maurice fait partie, comme la Southern African Development Community et le Common Market for Eastern and Southern Africa, pour mieux pénétrer le marché africain. Maurice va utiliser la même logique pour investir les marchés des pays membres de la South Asia Association for Regional Cooperation (SAARC), dont font partie l?Inde, le Pakistan, le Sri Lanka, le Bangladesh et d?autres pays asiatiques.

Aplanir les barriers tarifaires

Du côté des chambres de commerce, on affiche un optimisme mesuré. Elles entretiennent déjà des contacts réguliers, et veulent surtout donner du temps au processus. Pour elles, la transformation de l?AEP en un véritable accord de libre-échange peut attendre. Entre-temps, à la Chambre de commerce de Maurice on fait re-marquer que les résultats de l?accord de non-double imposition n?ont pas été visibles du jour au lendemain. Mais le succès du centre financier mauricien auprès des Indiens est désormais réel.

Au-delà du commerce, la transformation de produits semi-finis est également sérieusement envisagée. Ainsi, on parle d?unité de transformation du sucre indien en sucres spéciaux, pour être exporté vers l?Europe. L?Inde sera également appelée à jouer un rôle non négligeable dans la stratégie de développer un Seafood hub local. Une partie des poissons pêchés dans les eaux indiennes pourrait être traitée à Maurice avant d?être réexportée.

« Nous voulons générer un flux commercial entre les deux pays, et ne pas nous contenter de capter d?autres flux », estime Prashant Agarwal. Il pense que les barrières non-tarifaires doivent être aplanies. L?octroi de visas aux ressortissants indiens a été facilité, les procédures administratives sont simplifiées, les conditions sanitaires et phytosanitaires vont être harmonisées.

Les sacro-saints Road Shows ne seront donc pas abandonnés. Des foires Made In Mauritius seront organisées en Inde. D?ailleurs, une première est déjà programmée pour mars.

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