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La maison «hantée»
«Fer per kan nou mars dan lari. Nimporte ki capav sorti dan sa batima-la pou agress nou» Françoise Gaïki, habitante de Belle-Vue-Phare, jette un regard apeuré sur les ruines de l?hôtel Bergeraz qui hantent le quotidien des habitants de ce morcellement. Cette immense bâtisse est inhabitée depuis plus de 20 ans. Pourtant tous les habitants demandent sa démolition, mais en vain.
Françoise a tellement peur qu?elle a tenu à accompagner sa fille, Samantha, pour une marche en pleine journée. L?adolescente promène son chien, Mascotte, tenu en laisse. Dès que la mère a vu sa fille sortir, elle a insisté pour l?accompagner même s?il faisait encore jour. «La maison de l?horreur» est en face. Et pas âme qui vive sur la route. «Si un individu attire ma fille dans ces ruines pour l?agresser, personne n?en saura rien. C?est pour cette raison que je suis avec elle.» Françoise n?a pas tort.
En effet, cet ancien hôtel est un vrai labyrinthe. Une cinquantaine de chambres sont réparties sur deux étages. Son espace extérieur est envahi par une épaisse broussaille. Bref, c?est un vrai dépotoir. Un repaire pour les rongeurs et pour de louches individus.
«Il y a des rôdeurs dans le coin la nuit», dit Françoise Gaïki. Quelquefois, les habitants entendent des bruits bizarres dans ces ruines. Des fantômes ? Mais les revenants ne voyagent pas en voiture. Les voisins préfèrent se terrer dans leur maison à la tombée de la nuit. Et pendant la journée, les femmes cadenassent leurs portes pendant qu?elles vaquent à leurs occupations. Elles ne veulent pas avoir de mauvaises surprises alors que les hommes sont au travail.
Les ruines de Bergeraz ne sont pas seulement un refuge pour des malfrats mais elles représentent aussi un vrai danger pour le public. Le bâtiment est dans un tel un état de décrépitude que des pans entiers de béton pourraient subitement s?effondrer.
Vendredi dernier, dans l?après-midi un bruit assourdissant se fait entendre à l?intérieur. «Une partie du plafond est tombée», explique un habitué du coin.
Le ministère des Infrastructures publiques est conscient de la gravité de la situation puisqu?il a fait placarder un panneau sur les façades. «Bâtiment dangereux. Les intrus prendront des risques».
On ironise : si ces ruines ne seront pas détruites, elles pourraient être utilisés autrement. Pour un bon film d?horreur par exemple.
DEMOLITION RETARDEE
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■ Le secrétaire du conseil de l?Ouest, Soondren Karupudayyan, explique que des démarches sont entreprises depuis 2003 pour démolir ces ruines. Une lettre a été envoyée au seul héritier connu pour lui demander de faire le nécessaire. Mais le courrier est retourné au siège du conseil de district. Celui-ci a essayé de retracer d?autres héritiers, mais en vain. Le conseil a ensuite contacté le ministère des Infrastructures publiques pour un rapport. Celui-ci recommande au propriétaire de le démolir et de renforcer les infrastructures existantes. Mais Il est introuvable. C?est ainsi que le conseil a contacté en début d?année le «Curator of vacant states» qui s?occupe des terrains dont les propriétaires sont introuvables. Ce département a envoyé une lettre au ministère du Logement pour savoir si le terrain est toujours aux Bergeraz ou s?il est désormais la propriété de l?Etat. De la réponse, dépendra l?ultime décision.
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