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La lutte contre le blanchiment une priorité pour la région
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La lutte contre le blanchiment une priorité pour la région
Maurice accueillera en août prochain une conférence régionale sur la lutte contre le blanchiment d?argent et le financement du terrorisme. Il s?agit de la réunion ministérielle annuelle de l?Eastern and Southern Africa Anti-Money Laundering.
Cette organisation qui regroupe 14 pays dont Maurice a été créée pour coordonner les actions de la région dans la lutte mondiale contre le blanchiment d?argent et le financement du terrorisme. La tenue de cette réunion à Maurice a été annoncée hier par le ministre de l?Industrie et des Services financiers, Sushil Khushiram. Il intervenait à l?occasion de l?ouverture de la conférence régionale des banques membres de la SWIFT, le réseau mondial interbancaire qui permet aux banques du monde entier d?échanger des messages financiers, dont des paiements.
?L?Afrique est pleinement consciente des risques d?abus financiers et de la vulnérabilité de son système financier face aux terroristes et blanchisseurs d?argent sale?, a déclaré Sushil Khushiram.
Le but de l?Eastern and Southern Africa Anti-Money Laundering est de promouvoir une évaluation commune des problèmes, la formation, et la coopération qui devrait mener à une harmonisation progressive de l?encadrement légal et institutionnel contre le blanchiment d?argent et le financement du terrorisme. Les systèmes mis en place dans les pays de la région pour lutter contre ces fléaux seront ainsi renforcés pour être conformes aux normes internationales, poursuit le ministre.
Pour Maurice, les crimes financiers et le financement du terrorisme représentent un risque pour la réputation du centre financier que le pays veut construire. C?est pour cela que les autorités ont pris les devants pour renforcer la supervision du ?global business ? ?offshore- promouvoir la transparence et assurer l?échange d?information avec les instances internationales.
Par ailleurs, lors de son intervention, le ministre Khushiram s?est livré à un survol de la situation concernant les marchés financiers en Afrique. Le constat est plutôt mitigé. Malgré de réels progrès, le système financier n?arrive toujours pas à mobiliser et canaliser de manière adéquate les flux financiers si nécessaires à l?exploitation des formidables ressources naturelles dont dispose le continent.
Prêts non-performants
Depuis les années ?80, les indicateurs concernant le développement financier en Afrique ont stagné et se sont même détériorés en moyenne, soutient Sushil Khushiram. Le nombre de produits financiers est limité et les banques souffrent de faiblesses structurelles. Il y a un fort taux de concentration des grandes banques dans la plupart des pays de la région. La majorité des crédits bancaires sont à court terme avec un taux élevé de prêts non-performants.
Malgré tout, les marchés financiers en Afrique sub-saharienne ont fait beaucoup de progrès depuis les années ?90 pour encourager la libéralisation et une meilleure efficience. Les normes prudentielles et de supervision ont été renforcées pour assurer une meilleure stabilité. Les banques d?Etat ont été privatisées, le contrôle sur les taux d?intérêts a été aboli et les institutions financières nonbancaires ont pu émerger.
L?ouverture et la libéralisation ont toutefois introduit de nouveaux types de risques. Avec la compétition accrue, les profits des petites banques sont sous pression. Les banques qui manquent d?expertise pour opérer dans un environnement libéralisé représentent un risque pour la stabilité financière.
Les opportunités pour la fraude et les abus financiers ont augmenté tant au niveau des banques qu?au niveau des institutions financières non-bancaires. La libéralisation des marchés financiers implique un renforcement des systèmes de supervision afin de préserver les intérêts des épargnants, estime le ministre Khushiram.
CONFÉRENCE
La SWIFT se penche sur la fraude
- La conférence régionale de la Society Worldwide Interbank Financial Transmission (SWIFT), qui a débuté hier, regroupe quelque 250 professionnels des institutions bancaires d?une trentaine de pays africains. Jusqu?à jeudi, les participants plancheront sur les risques que représentent la fraude et les erreurs de transmission et les moyens de s?en prémunir. La SWIFT est une coopérative bancaire créée en 1973. Elle a mis en place un réseau mondial électronique interbancaire pour la transmission et l?échange de messages financiers. Quelque 7 600 institutions financières dans plus de 200 pays font partie de la SWIFT. L?année dernière deux milliards de messages ont été échangés sur ce réseau sécurisé.
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