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La lune de fiel d?un couple sud-africain à Maurice

14 mai 2005, 20:00

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Ils voulaient réaliser le rêve de leur vie qui commençait. Il n?y avait rien de plus beau pour Chandré et Ian Williams que de débuter leur existence à deux sous le ciel radieux d?une île bénie des dieux, d?une île qu?on disait être le paradis sur terre.

Le 22 mars, à peine le couple a t-il dit oui pour le meilleur qu?il s?embarquait sur un vol à destination de Maurice. Les nouveaux mariés de Kei Mouth, Eastern Cape, Afrique du Sud, étaient loin de présager le pire à venir.

Comme c?est le cas pour les passagers en provenance d?Afrique du Sud, la douane est très à cheval dans la fouille des bagages. Depuis quelque temps, les passeurs de drogue ne viennent plus de l?Inde mais de plus en plus du pays de Mandela.

Il ne faut rien laisser au hasard. Le passeur peut être n?importe qui. Les récents coups de filets l?ont prouvé. La jeune femme aux allures de mannequin, Anneline Mouton, 28 ans, a bien été arrêtée le 30 juin 2002 avec 674 grammes d?héroïne.

« C?était une expérience traumatisante »

Le jeune couple qui vient de débarquer est des plus banals. Comme tout le monde, ils seront soumis à une fouille de leurs bagages. C?est le début d?un cauchemar pour les Williams.

Un thermos dans le bagage de Ian attire l?attention d?un douanier. Il questionne les mariés sur le contenu du récipient. Ian adore le café et avait décidé d?en porter sur lui.

Le couple explique aux officiers qui s?attroupent qu?ils peuvent goûter le contenu de la thermos, qu?ils peuvent le briser si ça leur chante car il peut en acheter un autre ici si le besoin se fait sentir. Mais la loi est la loi, les douaniers sont intransigeants.

« Nous avons été fouillés et questionnés pendant plus d?une demi-heure. C?était une expérience fort déplaisante et très intimidante mais je comprenais qu?ils ne faisaient que leur boulot », raconte la jeune mariée dans Week-End Argus, hebdomadaire sud-africain dont l?article a fait le tour des sites web américains et européens.

Lorsqu?ils sont enfin libres de partir, le couple pense que c?en est fini de cette expérience « traumatisante ». Pour eux, leur séjour aura vite fait de leur faire oublier cette épreuve. Mais, la lune de miel est à peine commencée, le couple tout juste installé à l?hôtel Coralia, à Mon-Choisy, qu?on vient frapper à sa porte au beau milieu de la nuit. Des douaniers et sans doute des policiers, munis d?un mandat de perquisition, investissent leur chambre. « Ils ont tout mis à sac » commente Ian.

Les agents fouillent partout. Le tube de dentifrice, le pot de confiture d?un ami, sous le matelas. « They looked everywhere possible? I could not believe that this was happening on the first day of my honeymoon. I was ready to pack my bags and fly back to South Africa », se lamente Chandré.

« Lorsque les officiers comprennent enfin qu?ils ont bel et bien affaire à un authentique couple en lune de miel et non à des passeurs, ils nous ont présenté leurs excuses. Verbalement, en nous expliquant qu?ils avaient beaucoup de problèmes avec les Sud-Africains? C?était une expérience traumatisante. J?étais anéantie. Il m?a fallu quelques jours pour me calmer.»

La jeune femme, une enseignante, est tellement outrée qu?elle alerte les médias, aussitôt rentrée au pays natal. Et rédige une lettre à l?intention du ministère du Tourisme mauricien pour faire état de sa mésaventure. Elle estime que ses droits ont été lésés.

865 Sud-Africains dans les geôles de plusieurs pays

Jointe vendredi au téléphone, la jeune femme ne veut plus remettre les pieds à Maurice et dit toujours attendre une réponse à sa lettre. Bien malgré elle, ses péripéties font tort à notre image de marque, ayant été répercutées sur plusieurs sites à travers le monde.

Mais, comme le reconnaît la journaliste Noor Jehan Royo Badat dans son article publié samedi dernier, les deux tourtereaux ont été traités comme des criminels « because South Africans abroad are increasingly being seen as drug mules ».

Selon les autorités sud-africaines, 865 de leurs citoyens sont dans les geôles de plusieurs pays du monde, le plus grand nombre, soit 118, sont sous les verrous au Brésil. 70 sont à l?ombre au Pérou, 51 en Argentine, contre 36 au Vénézuéla tandis que 21 croupissent dans les geôles mauriciennes.

Parmi les Sud-africains incarcérés à Maurice, 12 sont des femmes détenues à la prison de Beau-Bassin contre cinq hommes. Trois de leurs compatriotes sont à la prison de Grand-Rivière-Nord-Ouest tandis que le dernier est emprisonné à Alcatraz.

Quoi qu?il en soit, Chandré en veut encore aux autorités mauriciennes d?avoir bousillé sa lune de miel. Tout ce qu?elle avait rêvé pour ce séjour s?est brisé en mille morceaux.

Pour les autorités locales, les déboires du jeune couple sont un cas malheureux et isolé.

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