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La longue marche de Rama
Dans quelques jours, le ministre des Finances entamera une tournée de promotion pour vendre son budget. Pas une région du monde ne sera oubliée. Cette longue marche aura pour but d?informer les étrangers sur le nouvel environnement des affaires à Maurice. Si Rama Sithanen parvient à séduire les investisseurs, il obtiendra le financement dont le pays a besoin pour transformer son économie à l?horizon 2015.
Le ministre passe à l?action. Il déploie ses efforts en direction des investisseurs estimant sans doute avoir déjà fait adhérer le maximum de citoyens aux réformes annoncées dans son budget.
Certes des détenteurs de baux sur les Pas géométriques ont rouspété contre les nouvelles réglementations, des contribuables ont fustigé les réformes fiscales, des consommateurs se sont plaints de la fin des subsides sur le riz et la farine, des salariés ont fulminé contre le report de l?âge de la retraite, mais toutes ces récriminations s?effacent peu à peu. La majorité a compris que le budget est conçu pour faire avancer le pays et qu?il n?est pas permis d?aller à contresens.
Avec la finalisation du ?Finance Bill?, texte qui détaille les mesures pratiques de la mise en application de la politique budgétaire, on constate qu?il n?y a pas eu tromperie sur la marchandise. La détermination du gouvernement d?aller de l?avant avec la modernisation de nos lois financières et de nos structures économiques est intacte. L?Etat ne recule sur aucun des principes fondamentaux annoncés le mois dernier.
Rama Sithanen a fixé un cap clair et il le maintient. La campagne de promotion qu?il entend mener pour financer son plan est à la mesure de son ambition. Il faut des moyens importants pour former les travailleurs, pour créer des emplois et pour édifier des infrastructures. Pour accéder aux capitaux, il n?a pas choisi la voie la plus facile, celle des emprunts bancaires. Rama Sithanen mise davantage sur l?investissement direct étranger (IDE) pour le succès de son programme.
Cette recherche de l?IDE ne rapportera pas forcément des fruits avant la prochaine échéance électorale. Donc, elle ne procède pas de considérations électoralistes à courte vue. Le but de l?opération n?est pas partisan. Pour cette raison, la démarche de Rama Sithanen doit être soutenue par l?ensemble du pays. Il est dans l?intérêt de tous de participer, d?une part, à l?apaisement social, et d?autre part, à la mise en ?uvre des réformes. Cette ?implementation phase? ne sera pas facile. Il faut éliminer les pesanteurs qui bloquent les services publics concernés par la relance des investissements.
Le gouvernement a rendu le cadre juridique et institutionnel attractif pour les investisseurs. Ce n?est qu?une étape de la révolution. Il faut aussi que les mentalités évoluent. Or, il est plus facile de simplifier les procédures que d?amener un fonctionnaire à renoncer à ses pouvoirs discrétionnaires.
Il y aura des disputes de chapelle à gérer. Par exemple, il faudra trancher, une fois pour toutes, qui du moribond BOI ou de la dynamique Enterprise Mauritius devra aménager le guichet unique destiné aux investisseurs. De plus, l?amertume des inspecteurs qui voient leur toute-puissance menacée mènera à de nombreux problèmes au cours de l?exécution de la réforme. Des petits chefs s?amuseront à ériger des obstacles bureaucratiques pour conserver des vestiges de pouvoir.
Rama Sithanen prend le 2 août le départ d?un marathon qui sera contrarié par diverses haies. La performance qu?il vise est réalisable pour peu que la nation prenne conscience qu?elle n?a pas de choix.
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