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La loi tiendra compte des «craintes religieuses»

2 avril 2005, 00:00

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La législation encadrant la transplantation d?organes a passé une deuxième étape. Depuis une semaine, le ministère de la Santé a finalisé, avec le State Law Office, les détails de cette loi. Une ébauche avait été présentée l?an dernier mais, devant certaines réticences, les autorités avaient choisi d?étudier davantage la question avant de proposer un projet de loi final. Très proche de la législation indienne, le projet a également été revu par des experts français, de la Réunion et de Bordeaux.

Toutefois, le Human Tissue (Removal, Preservation and Transplant) Bill ne pourra être voté avant la fin du mandat du gouvernement. Il était pourtant sur la liste prioritaire du Conseil des ministres en janvier dernier.

Le pari était surtout d?apaiser les craintes à «caractère religieux» exprimées par le public. Selon une source proche du ministère de la Santé, «il y plusieurs points de vue. Nous en avons discuté avec les personnes concernées avant de finaliser l?ébauche de la loi. C?est très positif.»

Un médecin très engagé dans le projet estime qu?il faut une campagne de sensibilisation pour que la transplantation soit mieux acceptée. Dans son dernier entretien à l?express, le ministre de la Santé, Ashock Jugnauth, confiait : «Le chef du gouvernement et moi sommes très pressés de voir cette loi aboutir.»

Liens de sang

La pratique de la transplantation sera réservée aux services publics uniquement. Cette décision a été prise par crainte d?un éventuel trafic d?organes.

Actuellement, en l?absence d?une législation adéquate, le donneur doit être génétiquement lié au receveur. Cette disposition sera abolie par la nouvelle législation. Dans un premier temps, seules les transplantations rénales et les greffes de la cornée seront autorisées. La transplantation d?autres organes, tels le foie et le c?ur, sera traitée ultérieurement, une fois que les compétences requises seront disponibles. Le ministère prépare ses cadres pour ce projet

Des paramètres stricts borderont la pratique de la transplantation. Les médecins devront être autorisés par le Organ and Tissue Transplant Bill. De plus, le médecin ayant attesté du décès du donneur ne pourra lui-même faire le prélèvement.

L?Organ and Tissue Board tiendra un registre de donneurs potentiels. Un consultant du gouvernement se tiendra à la disposition de ces derniers pour leur expliquer les conséquences médicales d?un prélèvement. La loi n?autorisera le don d?organes que dans la mesure où deux médecins certifient que le prélèvement ne comporte aucun danger pour la vie du donneur.

Les adultes pourront subir des transplantations, que les organes soient capables de se régénérer ou non. En revanche, les mineurs ne pourront être traités que pour les organes ou tissus qui peuvent se régénérer, tels la moelle, le foie ou la peau. Le c?ur, le poumon et les reins ne sont pas de cette catégorie.

En cas de décès d?une personne n?ayant pas fait part de sa volonté d?être donneur, les parents proches pourront en décider à sa place. En cas de décès d?un mineur, l?accord parental sera obligatoire. Elément crucial : les parents des donneurs décédés ignoreront l?identité du bénéficiaire de l?organe.

La transplantation est différente pour chaque type d?organe. A titre d?exemple, la cornée ne peut être prélevée que sur une personne décédée, contrairement au rein qui peut faire l?objet d?un don entre personnes vivantes. Jusqu?ici, ceux souffrant d?un keratocône (déformation de la cornée) recevaient les organes de l?étranger, notamment du Sri Lanka, avec le concours du Lions Club. La nouvelle loi permettra le prélèvement sur une personne décédée à Maurice. D?où le projet de la banque des yeux, où une cornée peut être préservée un mois au maximum.

La mise en place de ces nouvelles dispositions représentera une avancée importante pour le secteur médical à Maurice.Il y a eu 147 transplantations de reins depuis 1997. Selon le ministère de la Santé, la nouvelle loi diminuera considérablement le nombre de dialyses.

LE PROJET DU CENTRE CARDIAQUE FINALISE

Les modalités pour les nouvelles ailes du Centre cardiaque à Pamplemousses sont finalisées. Le projet, longtemps évoqué, par les autorités, pourrait enfin aboutir cette année.

Quatre nouvelles ailes à deux niveaux s?ajouteront au complexe actuel du centre. La première aile sera dotée de la pharmacie, d?un département de radiologie, du laboratoire, de départements de «Medical Records» de même que les bureaux administratifs, la bibliothèque et une salle de conférence.

De plus, un «male ward» additionnel de 70 lits pour la deuxième aile et une unité de pédiatrie de même qu?un female ward de 90 lits seront construits. La dernière aile comprendra une unité de soins intensifs avec une trentaine de lits, une «High Dependency Ward» pour ceux ayant subi des interventions. Cinq salles d?opération y seront également aménagées.

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