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La littérature post-coloniale? la hausse des prix
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La littérature post-coloniale? la hausse des prix
La littérature mauricienne n?est pas une littérature de grande consommation. Tout au moins dans le contexte local. Pourtant les médiateurs du livre et les médias participent de plus en plus à révéler cette littérature dans ses mutations et ses identités. Elle a pris le large et nos écrivains sont montés au faîte des honneurs.
Une littérature qui se fait remarquer par son originalité ; c?est que l?écrivain post-colonial s?est approprié des langues anglaise, française, hindi pour en faire les vecteurs de sa culture. Mais l?île Maurice est restée plutôt en dehors des grands courants : la négritude, entre autres. Peu sont-ils à vivre leur ?africanité? et faire un pèlerinage aux sources africaines dans leur quête identitaire. à l?instar d?Edouard Maunick, Pierre Renaud. Le courant de la ?black consciousness? qui ne se dissocie pas du retour aux origines est absent de la littérature post-coloniale mauricienne. Pourtant ce courant a pris une grande ampleur sous la plume de Wole Soyinka, prix Nobel de littérature et bon nombre d?auteurs francophones en Afrique.
Le discours post-colonial est polarisé par le passé ?esclavagiste? et le passé ?engagiste?. On y retrouve les séquelles de l?esclavage, la dure traversée du ?Kala pani?. Des éléments historico-politiques structurent les ?uvres pour dresser un réquisitoire contre la traite des Noirs, la déportation ou le mirage de l?or.
?S?engager dans le militantisme?
Sueurs de Sang, Les rochers de Poudre d?or, Le silence des Chagos bien que traduit et parus assez récemment servent d?illustration à ce discours. Le théâtre de Dev Virasawmy, Henri Favory, rime encore mieux avec ce discours. Les pièces de théâtre ? Li, Tras ? s?attaquent au capitalisme, aux ratés de la décolonisation et toutes les puissances du mal (corruption, exploitation, inégalités, etc.). A mon avis, la littérature mauricienne est distincte de celle de l?Afrique, des Caraïbes. Il n?y a pas de ?levée de boucliers? contre le colonialisme. L?engagement de nos écrivains dans les luttes de leur temps se caractérise surtout par le désir de briser les stratagèmes des classes sociales en haut de l?échelle.
Abhimanyu Unnuth dévoile la présence d?une nouvelle génération ?prête à s?engager dans le militantisme?. Carl de Souza signale la révolte qui brise l?étau de résignation dans lequel sont enfermées certaines communautés défavorisées. Ananda Devi dans Rue La Poudrière, Lindsey Collen, Henri Favory dénoncent les forces néo-coloniales et leur litanie de maux corollaires : préjugés de couleur, hégémonie culturelle, ghettoïsation.
Le métissage est au c?ur même de notre littérature post-coloniale. Gilbert Ahnee (Exils), Marie Thérèse Humbert (à l?autre bout de moi), Khal Toorabally (Coolitude), Lilian Berthelot (L?outre-mer ou les eaux de Mériba), Carl de Souza (Le sang de l?Anglais), pour ne citer que ceux-là, parlent de la condition métisse et du déchirement intérieur. Les identités plurielles donnent lieu à une série d?interrogations. La mémoire de la Terre-mère à jamais perdue tiraille les personnages. Le mythe du métis dans lequel s?enracine la revendication identitaire d?Edouard Maunick a fait son chemin chez Ananda Devi, et d?autres. La cohabitation des communautés de cultures a donné lieu à l?émergence d?une interculturalité assez prenante dans l?écriture.
La littérature post-coloniale est devenue un grand champ exploratoire. Est-ce parce qu?elle est dénonciatrice, prophétique ou quoi ?
Shakuntala BOOLELL
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