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Questions à…
Jamie Simmonds : «En une décennie, le secteur bancaire mauricien s’est transformé profondément»
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Jamie Simmonds : «En une décennie, le secteur bancaire mauricien s’est transformé profondément»
Jamie Simmonds, «Chief Executive Officer» d’Access Bank UK et actionnaire d’AfrAsia Bank à Maurice.
Maurice cherche à consolider son rôle de plateforme financière entre l’Afrique, l’Europe, l’Inde et le Moyen-Orient. Pour Jamie Simmonds, «Chief Executive Officer» d’Access Bank UK et actionnaire d’AfrAsia Bank, cette position permet au pays d’accompagner les échanges, les investissements et les entreprises dans la région. Mais cette ambition repose aussi sur un cadre réglementaire solide, l’adaptation des services bancaires aux nouvelles technologies, l’intégration des critères ESG et le développement de compétences spécialisées.
■ Comment le secteur bancaire maur icien accompagne-t-il le commerce et l’investissement dans la région ?
En une décennie, le secteur bancaire mauricien s’est transformé pour répondre aux besoins d’une économie davantage tournée vers l’international. Au-delà du financement traditionnel, les banques proposent désormais des services destinés à faciliter les échanges et les investissements entre différents marchés. Financement du commerce, solutions d’investissement structurées et conseil permettent aux entreprises de se développer dans des environnements internationaux souvent complexes.
La collaboration entre Access Bank UK Limited et AfrAsia Bank Limited porte notamment sur le renforcement des liens financiers entre l’Afrique, l’Europe et l’océan Indien. L’expertise de Londres dans les marchés de capitaux, associée à la position stratégique de Maurice, permet de proposer des solutions de financement, de gestion de patrimoine et de gestion des risques aux entreprises et aux investisseurs institutionnels.
■ Qu’est-ce qui fait de Maurice une porte d’entrée financière stratégique entre l’Afrique, l’Inde et le Moyen-Orient ?
Sa situation géographique, à la croisée de plusieurs routes commerciales, ainsi que son environnement politique et économique stable ont favorisé le développement de ses activités financières. Le pays dispose également d’un réseau d’accords visant à éviter la double imposition et de traités d’investissement qui facilitent les opérations des entreprises internationales. Pour la période 2025-2030, la stratégie mauricienne pour les services financiers prévoit notamment de renforcer le positionnement du pays à travers le développement de services spécialisés, de la finance numérique et de mécanismes facilitant les investissements. Les banques peuvent contribuer à cette orientation en facilitant les mouvements de capitaux et en apportant leur expertise sur les exigences réglementaires pour les investisseurs internationaux.
■ Comment Maurice aligne-t-elle son secteur bancaire sur les normes internationales en matière de réglementation et de conformité ?
La réglementation et la conformité occupent une place importante dans la stratégie financière de Maurice. Le pays s’appuie sur plusieurs référentiels internationaux, notamment Basel III, qui renforce le cadre de fonds propres des banques en définissant les exigences applicables aux différents instruments de capital et en prévoyant un coussin destiné à absorber les pertes en période de tensions financières, ainsi que sur les lignes directrices de l’OCDE. L’objectif est notamment de renforcer la transparence, la gestion des risques et la protection des investisseurs. Le respect de ces normes contribue également à maintenir la confiance des investisseurs internationaux et des entreprises opérant sur le marché local.
Dans le secteur bancaire, les établissements investissent dans les systèmes de conformité, le suivi des risques et les dispositifs de gouvernance. Ces mécanismes doivent leur permettre de répondre aux exigences réglementaires tout en améliorant leurs processus internes. Cet alignement vise également à mieux préparer les établissements à des risques tels que les cybermenaces et les fluctuations des marchés internationaux.
■ Comment les banques peuvent-elles contribuer au financement de l’économie mauricienne ?
Les banques jouent un rôle dans la mobilisation des ressources financières pour soutenir les projets et l’activité économique. À Maurice, leur contribution ne se limite pas au crédit traditionnel. Elles interviennent notamment dans le financement de projets d’infrastructure, le soutien aux petites et moyennes entreprises et le développement de secteurs susceptibles de générer de l’emploi et de l’activité. Cette intervention repose aussi sur les relations entre les banques, les pouvoirs publics et les entreprises privées. Ces collaborations peuvent faciliter la réalisation de projets à long terme dans des secteurs tels que le tourisme, les technologies, l’industrie manufacturière ou encore les énergies renouvelables.
Parallèlement, les banques accordent une attention croissante à l’inclusion financière, avec l’objectif de permettre aux entreprises, quelle que soit leur taille, ainsi qu’aux particuliers d’accéder aux services financiers et au crédit. Cet accès peut contribuer à élargir la participation à l’activité économique et à renforcer la compétitivité du pays.
■ Comment le secteur bancaire intègre-t-il les principes de durabilité et les critères ESG dans ses activités ?
Les enjeux liés à la durabilité et aux critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) prennent une place croissante dans les décisions bancaires et d’investissement. À Maurice, les établissements financiers intègrent progressivement ces critères dans l’évaluation des risques, l’analyse des projets et les décisions d’octroi de financements.
Cette approche peut conduire les banques à examiner, au-delà de la seule capacité financière d’un projet, son exposition aux risques environnementaux, ses pratiques sociales ou encore la qualité de sa gouvernance. Elle peut également favoriser le financement d’activités liées aux énergies renouvelables, à l’efficacité énergétique ou à d’autres projets répondant à des objectifs environnementaux et sociaux. Access Bank UK Limited et AfrAsia Bank Limited intègrent, elles aussi, des critères ESG dans certaines de leurs activités de financement et de conseil. Cette démarche permet de prendre davantage en compte les risques et les opportunités liés aux enjeux environnementaux, sociaux et de gouvernance dans les projets étudiés.
■ Comment les banques adaptent-elles leurs produits aux nouveaux besoins du marché ?
Le secteur bancaire mauricien diversifie progressivement son offre pour répondre aux nouvelles attentes des entreprises et des investisseurs. Aux produits traditionnels d’épargne et de crédit s’ajoutent notamment des solutions de financement du commerce, des obligations vertes, des produits d’investissement structurés et des services bancaires numériques.
Les partenariats avec des entreprises de la fintech et le développement de nouvelles plateformes contribuent également à rendre les services financiers plus accessibles, rapides et sécurisés. La digitalisation permet par ailleurs de simplifier certaines opérations et d’améliorer l’expérience des clients. Cette évolution concerne une clientèle allant des multinationales aux petites et moyennes entreprises, mais aussi de nouveaux segments liés aux technologies et aux modèles économiques émergents.
■ Pourquoi les compétences sont-elles impor tantes pour le secteur bancaire mauricien et comment sont-elles développées ?
Les compétences constituent un élément important pour répondre aux transformations du secteur bancaire et des services financiers. Selon les données du Mauritius International Financial Centre, l’industrie des services financiers représente quelque 36 800 emplois, dont environ 20 000 emplois directs dans les institutions financières et les services associés.
À Maurice, les banques consacrent des moyens à la formation de leurs collaborateurs, notamment dans les domaines de la finance, des technologies, de l’analyse des données et des services numériques. L’objectif est de disposer de profils capables de maîtriser de nouveaux outils, de traiter des opérations complexes et de répondre à l’évolution des métiers bancaires.
Cette montée en compétences passe également par des collaborations avec les universités, les organismes professionnels et des institutions internationales. Les établissements cherchent par ailleurs à attirer des profils disposant d’expertises spécialisées. Le développement de ces compétences doit ainsi permettre au secteur de répondre aux nouveaux besoins des clients et aux transformations des activités financières.
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