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La jeunesse brûle les planches

20 août 2004, 20:00

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Le Festival de Théâtre de Port-Louis s?achève demain sur une note de fraîcheur. Celle des mots d?enfants mis en scène dans Zalok, de Henry Favory. Des enfants, de jeunes adolescents ou jeunes adultes, ivres de théâtre. Durant les trois dernières semaines, la jeunesse mauricienne a brûlé les planches.

Gabrielle Tossé, 19 ans, jouera demain soir dans Zalok. Elle participe depuis trois ans aux ateliers de théâtre du couple Favory et a participé aux cours d?improvisation dont sont extraits les textes de Zalok. En travaillant sur cet ensemble de courtes pièces, elle a retrouvé un peu de ces «grains de folie» qui lui plaisait lors des ateliers. Elle revoit des visages, retrouve des sensations. «C?est un peu nostalgique», explique-t-elle, posément.

Le théâtre, pour elle, c?est plus qu?une passion, « c?est un peu tout», dit-elle en cherchant ses mots. Et d?ajouter plus inspirée, «le théâtre permet de relativiser, d?avoir un autre regard. J?apprends la tolérance, que l?on dit propre aux artistes. Le théâtre c?est se nourrir de tout ce qu?il y a autour de nous, c?est se mettre à la place de l?autre».

Tout comme Gabrielle, Virginie Sénèque participe à Zalok et est véritablement éprise de théâtre. «J?aime ça depuis toute petite, lorsque je transformais ma chambre en salle de spectacle. Au secondaire, ma passion était toujours la même. J?éprouve un véritable plaisir d?être sur scène. C?est une forme de liberté». La liberté c?est aussi ce que cherche Kristeven Mootien, alias Jed, l?alter ego d?Antigone dans la pièce Rezon Deta, de la Trup Sapsiway.

Gaston Valayden, le metteur en scène de la pièce fait remarquer la présence de nombreux jeunes dans sa troupe. «Et ce sont des jeunes gens très passionnés».

Ainsi autour du vétéran s?activent brillamment les Kristeven, Bruno Ng, Lorven Vydelingum, Yeshna Bhowon, Adila Korimbocus, le Ka-kaporal Anthony Nikhil Rambhurn et Akhil Rambhurn.

Ces deux derniers ont à peine 17 ans et Rezon Deta était leur première représentation sur scène. Mais ont déjà mordu. Lorsqu?on leur demande combien de temps ils continueront le théâtre, Nikhil répond en riant : «Le plus longtemps possible.» Une évidence.

Les jeunes artistes apprennent sagement auprès de leurs maîtres et se perfectionnent de plus en plus. On est ravi de retrouver, chaque année, Laval Varadaragulu, qui joue Dylan dans la dernière pièce des Komiko, Kafouyaz.

Miselaine Soobraydoo a de quoi être fière des jeunes de son équipe. «Ils sont amoureux du théâtre et ils donnent tout ce qu?il faut. Nous avons dans le groupe une fille qui étudie à l?université de Nice et qui a commencé chez nous à l?âge de 14 ans. Elle n?a jamais raté une seule répétition et a fait de bonnes études. Il faudrait d?ailleurs davantage de structure de théâtre dans l?éducation. Mais il existe aussi déjà beaucoup d?ateliers, d?écoles ou de groupes prêts à accueillir les jeunes. Il ne leur faut surtout pas hésiter,» encourage Miselaine.

L?Academy of Film and Theatre accueille également de nombreux jeunes parmi la centaine de comédiens de l?école. Sur scène, pour Aaj Ka Siantak, les jeunes filles dont ce devait être la première fois sur scène, ne s?empêchaient de sourire et l?on pouvait lire dans leurs yeux leur fierté de faire du théâtre.

On espère les retrouver tous au fil des ans, on espère voir leur évolution, après avoir assisté à la naissance de ces jeunes et talentueux comédiens. ■

«Le théâtre d?avoir un autre regard. J?apprends la tolérance, que l?on dit propre aux artistes.»

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