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La guerre des prix

26 janvier 2008, 00:00

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La guerre des prix

<B>Par Nazim ESOOF</B>

Pris en sandwich, le consommateur mauricien assiste à l?âpre bataille à laquelle se livrent gouvernants et commerçants. Entre la nécessité d?ouvrir le marché, de garantir la compétition en brisant les monopoles et celle de lancer des nouveaux agents économiques crédibles, le pouvoir se voit aujourd?hui pris à son propre jeu. Non seulement il paiera à prix fort les promesses qu?il n?arrive pas à tenir mais il aura aussi à admettre sa faiblesse à freiner la perte inexorable du pouvoir d?achat. Sur le plan politique et électoral, il ne pouvait imaginer pire scénario. Sur le plan économique, voire idéologique, il a été vite rattrapé par des déterminismes micro et macro économiques. D?où ses tentatives de ramener tout le débat sur le terrain du populisme.

Mais notre propos se situe davantage dans le désengagement de l?Etat dans son rôle classique d?arbitre. La société s?est mise en marche dans un processus de modernisation institutionnelle. Elle a su surmonter le tropisme qui pousse au statu quo. Un exercice de normalisation économique est en cours, porté par un ministère des Finances adepte d?une vision technicienne des choses. Cela signifie-t-il que l?Etat a renoncé au principe des subsides et des subventions ? Cela implique-t-il que l?Etat a démissionné devant sa responsabilité de soutenir son lumpenprolétariat ? Cela engage-t-il enfin un retrait devant les forces du libéralisme économique ?

Dépendant des postures idéologiques, les réponses varient. Il n?en demeure pas moins que les formes d?accompagnement que l?Etat tente désormais de mettre en place prennent du temps à être pleinement opératoires. Entre-temps, les plus vulnérables et même ceux qui ne le sont que ponctuellement sombrent graduellement dans un lumpenprolétariat.

Des emplois sont créés mais on n?arrive plus à récupérer ceux qui sont en dehors du système. Le régime répressif s?accentue mais cela ne décroît pas la petite et la haute délinquance. Les aides sociales existent toujours mais des familles des classes moyennes et inférieures se paupérisent davantage. Le fossé s?agrandit. Ceux qui avaient promis plus de justice et d?égalité capitulent devant la pression du Capital. Quelques petites victoires symboliques ne masquent pas les faits. Le niveau de vie a chuté drastiquement pour une majorité des Mauriciens. L?épargne des classes intermédiaires est au plus bas. Aucun mode de formation ou de réorientation ne récupère les chômeurs de longue durée.

Une sous-société d?exclus qui ne peut livrer la bataille des prix laisse à présent sortir sa frustration au moindre prétexte. Sans aucun alarmisme, le danger guette...

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