Publicité
La grippe aviaire fait craindre une menace sanitaire
Par
Partager cet article
La grippe aviaire fait craindre une menace sanitaire
L?Organisation mondiale de la santé (OMS) a tiré la sonnette d?alarme, mercredi 14 janvier, en jugeant que le virus de la grippe du poulet, qui affecte plusieurs pays d?Asie et a fait au moins trois morts au Vietnam, pourrait être potentiellement plus grave que le syndrome respiratoire aigu sévère (SRAS).
?Si le virus H5 N1 (de la grippe aviaire) s?associe au virus commun de la grippe chez l?homme et s?il devient ainsi transmissible comme le virus de la grippe commune, il a le potentiel pour causer des dommages étendus?, a déclaré le porte-parole du bureau régional de l?OMS à Manille, Peter Cordingley.
Lundi, l?OMS avait confirmé que la mort de deux enfants et d?une adulte au Vietnam avait bien été provoquée par le virus H5 N1, qui avait déjà tué six personnes sur les 18 contaminées en 1997 à Hongkong.
Des analyses devront établir s?il est aussi responsable de la mort de neuf autres enfants au Vietnam depuis la mi-octobre. Deux bébés et un adulte sont toujours hospitalisés, soit un total de quinze personnes potentiellement contaminées. ?Nous avons besoin de plusieurs jours pour établir un tableau clinique très fiable. Mais il est vrai qu?il y a des probabilités importantes pour que toutes les personnes contaminées aient été victimes du virus du poulet?, estime Pascale Brudon, directrice de l?OMS à Hanoï.
Peter Cordingley a relevé que le taux de mortalité de la grippe aviaire ?était bien plus élevé que celui du virus du SRAS? et pouvait être propagé ?par l?air (et) non pas seulement par des gouttelettes de sécrétion comme dans le cas du virus du SRAS?.
L?épidémie de SRAS du printemps 2003 avait fait 774 morts et contaminé plus de 8 000 personnes dans 27 pays. La Chine a confirmé la semaine dernière son premier malade en six mois. Deux autres cas suspects attendent le résultat d?analyses.
La Corée du Sud a renforcé mercredi ses mesures de quarantaine et abattu près de 90 000 volailles pour enrayer un nouveau foyer de grippe aviaire, signalé lundi après neuf jours de trêve, à près de 400 km au sud-est de Séoul. L?épidémie paraissait auparavant avoir été contrôlée après avoir touché une quinzaine de régions et nécessité l?abattage de près de deux millions de poulets et canards.
<B>Situation préoccupante au Vietnam</B>
Tous les poulets de la zone de réapparition du virus sont tués et les transports de volailles interdits. Des mesures de quarantaine ont également été renforcées dans d?autres régions car le virus peut survivre de deux semaines à 35 jours selon l?environnement, estiment les autorités sud-coréennes.
Pour la première fois depuis 1925, la fièvre aviaire a aussi frappé le Japon, tuant depuis fin décembre plus de 8 000 poulets d?une ferme d?élevage du Sud-Ouest. Tokyo a renforcé les mesures pour endiguer toute propagation locale et juguler les craintes de la population.
C?est cependant au Vietnam, seul pays où la transmission du virus à l?homme est prouvée cette année, que la situation est la plus préoccupante. Le gouvernement a depuis plusieurs jours ordonné la destruction de tous les poulets contaminés. Selon l?organisation des Nations unies pour l?alimentation et l?agriculture (FAO), entre 1 et 2 millions de poulets ont été infectés, en majorité dans des zones rurales, où les moyens de communications sont limités. ?Les autorités font le maximum mais le pays n?est pas préparé pour un événement de cette ampleur?, a expliqué mercredi Anton Rychener, responsable de la FAO à Hanoï. ?Il faut absolument éviter la transmission d?humain à humain. La situation est sérieuse et inquiétante. Mais je ne dirais pas qu?elle est hors de contrôle?, a-t-il ajouté.
De nombreuses exploitations vietnamiennes sont ruinées et la consommation de poulet s?est effondrée. Les experts préconisent l?indemnisation des éleveurs pour éviter que les volailles malades soient bradées et transportées dans des régions encore saines.
Les autorités de Hanoï doivent incessamment préciser à la FAO et à l?OMS leurs besoins en matière de médicaments et d?équipements de protection, destinés en particulier au personnel médical et aux personnes en charge de l?abattage des poulets.
© Le Monde News Service
Publicité