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La grande distribution appréhende le “Competition Bill”

23 mai 2007, 00:00

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La loi sur la concurrence, le Competition Bill, suscite de vives appréhensions dans les milieux de la grande distribution, dont le groupe de supermarchés Way.

Car actuellement certains supermarchés contrôlent entre 8 % et 12 % du marché de la grande distribution. Pour d’autres, de moindre taille, c’est entre 1 % et 5 %, alors que les “petites boutiques” représentent encore plus de 40 % du marché.

Ce qui fait dire à la plupart des supermarchés que cette compétition a réduit la marge de profits de 15 % à 10 % au cours des cinq ou six dernières années. Une tendance, que le Way Group, par exemple, considère comme étant bénéfique aux consommateurs.

Pour cette raison, dans les milieux de la grande distribution, l’on s’accorde à dire que seulement si une chaîne de supermarchés détient plus de 20 % du marché que l’on peut avancer qu’elle opère dans une situation de monopole. Mais une telle situation devrait en même temps prendre en considération l’actionnariat croisé (cross-share holding), soit une chaîne qui détient des actions dans une chaîne différente.

Pour cette raison, le groupe Way, estime, par exemple, que les projets de fusion et d’acquisition devraient au préalable obtenir l’approbation du Compe-tition Committee.

Car si le volume de ventes d’un fournisseur à une chaîne intégrée de supermarchés de ce même “cross-shareholding” dé-passe 20 %, ça peut donner lieu à une tendance inflationniste.

“Au cours de la dernière décennie, une telle politique a été appliquée en France avec très peu de résultats positifs. Les prix ont augmenté et le taux de fermeture de petites boutiques n’a pas diminué”</I>

Raison : le fournisseur est garanti d’un rayonnement favorable pour son produit et peut de ce fait augmenter les prix sans que ses produits ne soient sujet aux forces compétitives du marché. Cela peut être aggravé par le fait que la loyauté à une marque est très forte à Maurice.

Sur la question de l’anti-dumping, Nicolas Kan Wah, un des directeurs de London Supermarket, est d’avis que “la loi doit être adoptée pour éviter des abus de la part d’un opérateur dominant”.

D’autant plus que selon le Way Group, permettre un comportement de prédateur de la part d’un groupe de supermarchés peut accélérer la consolidation dans l’industrie et que cela signifierait des prix plus élevés aux consommateurs.

Or, selon ce même groupe, le Competition Committee devrait avoir la prérogative d’enquêter et sanctionner des cas d’abus d’un opérateur en position dominante si cela a été prouvé.

Pour le Way Group, s’il est vrai que certains fournisseurs ont atteint une position dominante de façon légitime et légale à travers un marketing réussi, il demeure toutefois vrai qu’une représentation et une distribution exclusive d’un produit particulier peut protéger ce produit des pressions de la compétition.

Le Way Group estime que la limitation de la superficie totale de l’espace physique occupé par un supermarché dans une région spécifique devrait se faire de façon très prudente en raison des effets adverses que cela pourrait avoir sur le marché. Car des mesures qui n’ont pas fait leurs preuves, peuvent entraver la compétition et provoquer des prix hautement inflationnistes.

Par conséquent aucune décision définitive ne devrait être prise aussi longtemps qu’une étude sur les effets de ces limitations sur le marché mauricien n’aurait pas été effectuée.

D’autant plus, selon Nicolas Kan Wah, que de telles limitations sur l’espace physique occupé par un supermarché peut constituer une barrière à l’entrée d’un nouveau compétiteur.

“Au cours de la dernière décennie, une telle politique a été appliquée en France avec très peu de résultats positifs. Les prix ont augmenté et le taux de fermeture de petites boutiques n’a pas diminué”, dit Nicolas Kan Wah.

<B>Une forte probabilité de pénuries</B>

Pour les supermarchés, le contrôle des prix n’est pas une solution. Ils citent le cas d’une marque de lait. Les bénéfices d’une baisse de prix temporaire ont été effacés par les bouleversements causés au marché.

Ainsi, un opérateur dominant peut renforcer sa position en raison des difficultés rencontrées par les nouveaux opérateurs et les marges très faibles et peu attirantes accordées aux opérateurs existants. éventuelle-ment, il se peut qu’il y ait un seul fournisseur comme les marques les moins vendues vont disparaître.

Et en même temps, selon le Way Group, il y a une forte probabilité d’une pénurie en raison d’un nombre réduit des marques, de contraintes administratives et de l’absence de mesures incitatives pour approvisionner le marché.

Pour le Way Group le contrôle de prix est un instrument coûteux aux importateurs, distributeurs et détaillants en raison d’une marge insuffisante. Et aussi aux consommateurs, en raison d’un choix réduit, des pénuries et des prix élevés.

Et Way Group ajoute que les récentes augmentations de prix de certains produits sont liées à l’augmentation du prix des matières premières, du taux de change défavorable et de la hausse du fret.

“Mais en l’absence de l’ébauche des nouveaux règlements concernant la concurrence, nous ne pouvons pas prendre de position. Mais nous sommes intéressés à participer aux consultations sur des règlements en raison de leurs effets à long et court termes sur les prix et les partenaires”, souligne la direction de Way Group.

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