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La fédération malgache dissoute
Le ministère des Sports malgache a annoncé dimanche la dissolution de la fédération de football. Une semaine après le spectacle des violences qui avaient remplacé un match de Ligue des Champions annulé, cette décision met Madagascar en porte-à-faux vis-à-vis de la Fédération internationale.
Cela faisait un bon bout de temps que Ahmad, le président de la Fédération Malgache de Football (FMF) était dans le collimateur. S?il avait survécu miraculeusement à la défaite des Baréa en finale des Jeux des îles face à la Réunion, les violences intervenues le 2 mars à Antananarivo auront été la goutte qui a fait déborder le vase.
Dimanche, la FMF a été dissoute, faisant entrer le sport numéro un à Madagascar dans une zone de turbulence. Ce jour-là, Ahmad n?était pas au pays, et il pourra toujours arguer que les responsabilités sont partagées. Lundi, il a contre-attaqué, accusant le commissaire au match seychellois dans une réclamation auprès de la Caf (Confédération africaine de football). Le banc des accusés croule sous le poids des fautifs potentiels de ces débordements, mais le ministre des Sports malgache a été très clair : ?La fédération est le premier responsable de ces incidents.?
Le 17 février, l?Adema accueillait au stade municipal de Mahamasina les Young Africans de Tanzanie en tour préliminaire de la Ligue des Champions. Le cyclone Ivan était en train de passer sur Madagascar, il pleuvait des cordes, mais le match s?était déroulé sans encombre, devant des tribunes quasi vides.
Imbroglio politico juridico footballistique
Deux semaines plus tard, même endroit, mais grand soleil cette fois. Après plusieurs jours de pluie ininterrompue, c?est la fête du football pour la venue des Mozambicains de Costa do Sol.
Les 27 000 places sont quasiment toutes occupées, d?autant que la jeune équipe de l?Ajesaia a la réputation de pratiquer un jeu chatoyant. Ce dimanche-là, donc, pas de cyclone. Mais une violente tempête malgré tout : l?annulation du match provoque la colère des supporters, des violences toute la journée autour du stade, et des remous qui n?ont pas fini d?agiter le microcosme.
Alors que la fureur naissait de la frustration des supporters, mais aussi d?un contexte économique où une place dans un stade est souvent un sacrifice, au moins l?affaire n?a-t-elle pas débordé du cadre ?sportif?, comme on pouvait le craindre.
Difficile de connaître la vérité dans cet imbroglio politico-juridico-footballistique. Le fait est que l?un des arbitres comoriens qui devait officier était interdit de sortie de territoire par les autorités de son pays.
Il se murmure qu?il serait un très proche du colonel Bacar, menacé par une intervention militaire sur l?île d?Anjouan. Dès le samedi, les deux clubs et le commissaire du match se réunissent pour trouver une solution : il est décidé qu?un arbitre malgache le remplacera en tant que juge de touche. Mais le dimanche midi, le staff mozambicain sort de son chapeau un autre article du règlement de la Caf, stipulant que le match peut être décalé jusqu?à 72 h, le temps de faire venir un officiel étranger. Problème : les portes de Mahamasina se sont déjà ouvertes au public, qui manifestera sauvagement son mécontentement.
En attendant des sanctions de la Fifa ?
Des autorités comoriennes, pour avoir bloqué un arbitre, au commissaire de la Caf, qui est resté longtemps flou sur les règlements, en passant par le manque de réactivité de l?Ajesaia et la mauvaise volonté de Costa do Sol et même la ville d?Antananarivo, propriétaire de Mahamasina, et les services de sécurités, les responsabilités sont multiples. La FMF est la première à trinquer, en attendant la douzaine de vandales qui doit être jugée. Madagascar pourrait être condamnée par la Fifa, qui sait jusqu?à l?interdiction temporaire de participer aux compétitions internationales. Un gouvernement n?a en effet pas le droit de débarquer ainsi une équipe fédérale pour installer à la place une délégation spéciale.
Quoi qu?il en soit, c?en est fini pour l?Ajesaia. Dès le mardi, le match était finalement disputé, avec entrée gratuite. Une purge de 90 minutes durant laquelle un but en fin de partie n?a pu sauver le club malgache : au match aller, à Maputo, il s?était incliné 2 à 0.
Rémi RALOSSE, à Antananarivo Le Quotidien de la Réunion
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