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La fin de l’ère des “préférences”
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La fin de l’ère des “préférences”
L’annonce de la réduction du prix du sucre sur le marché européen est venue mettre à nu les limites inhérentes de la diplomatie économique. Les efforts de lobbying ne rapportent pas forcément les dividendes escomptés. Si notre politique de commerce extérieur consiste à œuvrer pour le maintien des protections et des acquis, il est grand temps de remettre sérieusement en question certains de nos réflexes.
L’année 2005 aura été porteuse de beaucoup d’enseignements sur la manière dont le pays aura à gérer la libéralisation des échanges commerciaux. La décision du Conseil des ministres de l’Agriculture européens de réduire de 36 % le prix du sucre va dans le droit fil de la fin de l’ère des préférences commerciales. Depuis le début de l’année, le textile-habillement mauricien vit le démantèlement des quotas avec la fin de l’Accord multifibre.
Deux piliers vitaux de notre croissance sont touchés de plein fouet avec les changements drastiques dans des régimes de quotas et de prix garantis. L’on doit s’attendre à bien des licenciements dans les deux secteurs dans les mois et années à venir. Même avec une économie diversifiée, l’enlèvement des filets de protection fait très mal.
La diplomatie économique peut encore servir les intérêts de l’économie mauricienne sans transgresser les règles du commerce international. Nos diplomates auront à réorienter au plus vite leur attention et se concentrer davantage sur l’option “capacity building”.
Maurice se sent lésée par la décision de l’Union européenne (EU) sur le sucre. Elle cherche réparation à travers des mesures d’accompagnement afin de pouvoir restructurer au plus vite l’industrie sucrière. Le secteur sucre a besoin de plus de Rs 23 milliards au cours des prochaines dix ans pour se moderniser. Avec les baisses de recettes, il aura à trouver d’autres sources de financements pour réaliser cet objectif. Les enveloppes d’aide de l’Europe peuvent s’avérer fort utiles à cet effet.
L’industrie devra devenir plus efficiente et plus productive à tous les échelons de la production. Un allégement de la structure des coûts de l’activité est une urgence. Il y a des coûts sociaux qu’elle ne sera plus en mesure de soutenir. Mais il y a aussi un “re-engineering” profond au niveau des “management overheads”. Les frais généraux consacrés à certains privilèges et acquis des hauts cadres et membres de la direction des sociétés usinières doivent être réajustés pour se conformer aux nouvelles conditions du marché.
Les enveloppes d’aide pour des initiatives en dehors de l’activité sucre doivent aussi être recherchées. La restructuration de l’économie en général pourrait bénéficier de l’apport financier des Européens si la diplomatie économique parvient à faire un bon “case” à Bruxelles lors des prochaines consultations. Le développement de la pêche industrielle (“seafood hub”, aquaculture…) par exemple, pourrait être un bon candidat aux décaissements éventuels. Il faut pouvoir convaincre l’UE que seulement une économie plus diversifiée (et non uniquement une industrie sucrière allégée) pourra absorber le choc sucrier.
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