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La femme un espoir
Elles sont plus nombreuses au Parlement. Elles pourraient bien avoir davantage de responsabilité au sein des entreprises. Elles se hasardent dans des aventures entrepreneuriales. Les femmes gagnent leur vie de plus en plus indépendamment des hommes. On dit aussi qu?elles respectent de moins en moins les consignes de vote des hommes. Le monde reste dominé par les hommes. Mais les femmes n?arrêtent pas de dominer, à leur manière, les hommes. Ce qui n?est pas pour déplaire à ceux qui cherchent un autre modèle d?évolution de la société.
Car cette société dans laquelle nous vivons s?abreuve trop souvent aux sources d?un machisme rigide. Le féminisme qui se célèbre ici ne prend pas sens dans un contexte précis ou «dans le cadre de?» pour reprendre une expression à la mode. Il est davantage l?expression d?une aspiration profonde de justice et d?équité.
La société mauricienne écrit cette aspiration dans tous ses documents officiels. Elle le crie. Elle s?écrie à travers elle. Parce qu?elle sait pertinemment bien que la conception de la justice et de l?égalité n?est qu?un vague concept qui peut être diversement maquillé par l?homme. Aujourd?hui que le changement est devenu un mot très à la mode, il faudrait peut-être que le vecteur principal de la mode, soit la femme, remette un peu les choses en perspective.
D?abord en modérant les ardeurs de ces hommes qui, grisés par le pouvoir, se lancent dans des règlements de compte ou encore reprennent au quart de tour l?habit de l?arrogant qu?ils ont dénoncé voici à peine deux semaines. Comme c?est enivrant ce sentiment de pouvoir décider de tout. Comme c?est puéril ce pouvoir qui, par définition et dans l?absolu, est résolument éphémère. Dans une société qui se construit comme un puzzle où la récompense à l?effort est la réussite matérielle, la femme a un rôle neuf à jouer. A commencer par relativiser le stress, devenu depuis des années à travers le monde, la maladie institutionnelle de la société moderne qui n?en finit jamais de se moderniser.
Un retour aux valeurs essentielles s?impose. Et nulle autre que la femme ne peut indiquer cette voie. Là où les hommes suivent le courant, les femmes, elles, s?adaptent. S?appropriant de nouvelles réalités pour les moduler à leurs expériences du vécu. Certes, il faut se méfier des extrémismes. Il y a des femmes fanatiques du féminisme. Ce ne sont pas celles qui font le plus avancer la cause des femmes. Mais aucun procès ne leur sera intenté parce qu?il y a certains courants de mode auxquels on ne peut résister. Ici, il est moins question de promouvoir la cause de la femme que de postuler que la femme est plus à même dans la société contemporaine à provoquer l?évolution des mentalités.
Car c?est bien de cela qu?il est question. A bien des égards, la société mauricienne a choisi l?option du statu quo. L?aventure culturelle, identitaire et sociale bute sur des réflexes surannés. Là où on parle de changement, on évoque en fait le conservatisme et la consécration des attitudes réactionnaires. C?est le paradoxe d?une société qui s?est toujours nourrie des ambivalences qui lui permettent de pratiquer le pareil au même en prétendant rêver au mouvement.
Dans une société qui pratique à souhait le décervelage intellectuel, toutes les contorsions sont permises pour justifier l?injustifiable, il y aurait de quoi désespérer s?il ne nous restait pas l?espoir d?une population féminine qui, dans sa grande majorité, récuse les thèses éculées des champions de la médiocrité.
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