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La face cachée du monde de Mario Armel

20 août 2004, 20:00

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Constat sans appel. Pratiquement 40 ans de carrière et Mario Armel qui reste un incompris. Son penchant musical le portait vers le jazz, la fusion. Mais «un peu comme tout le monde» et «beaucoup pour percer dans le milieu,» le chanteur a cédé aux impératifs «du commercial.» Idem pour sa sensibilité afro cubaine, ses envies de plaquer des accords de sitar sur les temps saccadés du séga. «Sa lepok la, tou dimoun guette moi gro gro lizie.» Une attitude qui continue de heurter la façade qui semblait à toute épreuve.

Comment oublier que le verso de Kari poson est un «chef-d??uvre de musique progressive,» dans lequel l?auteur s?est investi davantage que dans le méga tube. « Mo ti pe compte lor enn titre ki appel Super bon, enn morso instrumental ek jazy avek bann bout la flit traversier.? A l?écouter parler, avec sa pointe d?accent, c?est sur un malentendu que le succès lui est venu. Quatre décennies se sont écoulées depuis. Cela commençait à faire long, à peser lourd sur sa conscience musicale. Epaulé par sa femme Patricia et Claude David, dit «Papam,» un de ces potes de toujours qui assurait régulièrement la partie typique de ses spectacles, Mario Armel décide donc de faire le ménage. Ou est-ce le grand déballage ? Dévoilement d?une face cachée, où le séga d?ambiance n?a pas forcément la priorité. Les titres de son dernier album, sorti vendredi dernier parlent d?eux-mêmes.

La chanson-titre : Le monde à l?envers. Piste pour décrypter cet univers chamboulé : la pochette où les trois voix posées sur l?album ? Mario et Patricia Armel, ainsi que Claude David ? renversent l?ordre établi pour mieux véhiculer leur ras-le-bol. Un parapluie renversé, un téléphone sens dessus dessous, un vase à fleur qui a perdu le nord. Série d?images balancées avec le son, histoire d?être explicite à fond.

Immunisé contre les sourcils qui se haussent ? Mario Armel porte une armure depuis 1974, année où il subissait la censure à cause de Fam canaille ? élargit les limites de son univers. Y injecte les velléités musicales de sa femme qui se mêlait principalement de chorégraphie. Fait de son titre Egoïsme, la « jumelle de To la voix, to simé, to lamisik. » Avant d?y introduire la fibre «typique» de Claude David.

Expérience de scène et de studio oblige, Mario Armel est le premier à le reconnaître : «mo la voi pa adapte avek sega tipik.» Mais comment résister à l?appel de la ravanne chauffée à blanc, au grésillement de la maravanne et au tintement persistant du triangle. Pour ne pas oublier ses racines, le chanteur prolifique s?est associé à Papam, qui entre ses travaux de plombier, faisait ses premiers pas sur scène dans l?ombre de Mario Armel. Le monde à l?envers donne la possibilité à Claude David de passer en studio pour la première fois. Il en a profité pour enregistrer Racine, titre crée en 1985, son titre fétiche «ki bate kouma enn leker.»

Le dernier album de Mario Armel, produit par Islandio Group est en vente à Rs 190. Un dvd du clip de Egoïsme est en préparation. Même chose pour un album des meilleures chansons de Mario Armel, qui précise qu?il veut éviter l?appellation «best of.»

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