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La dernière ?course? d?Abbas Goolam Hossen
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La dernière ?course? d?Abbas Goolam Hossen
Alors que les douze coups de minuit annonçaient l?arrivée de la nouvelle année, ils sonnaient aussi le glas pour Abbas Goolam Hossen.
Même dans leurs pires cauchemars, son épouse et ses enfants n?auraient pu imaginer l?horreur du drame qui se jouait : pendant qu?eux l?attendaient en regardant les feux d?artifice au balcon de leur maison au Morcellement-Raffray, Pailles, la vie d?Abbas s?éteignait entre les mains de trois voyous.
Pour ses proches, ce chauffeur de taxi de 55 ans n?avait peur de rien, ni de personne. C?est peut-être pour cela qu?il avait accepté la course fatidique que trois de ses collègues, basés à la Gare Victoria, venaient pourtant de refuser.
Le récit des événements est bouleversant. A 5 h 30 samedi, un coup de téléphone de la police leur annonce que la voiture d?Abbas a été trouvé près du container park de Terre-Rouge. Pas de traces cependant du chauffeur de taxi, surnommé ?le malgache? en raison de ses origines. Ce n?est que plus tard, durant la journée, qu?on demande à la famille de se déplacer pour identifier un corps qu?une femme aurait découvert dans le cimetière de Bois-Marchand.
?Le Malgache?ne rentrera pas
Les deux fils d?Abbas, Ishad, 31 ans, et Sameer, 29 ans, tous deux également chauffeurs de taxis, se rendent alors à la morgue de Candos. Le cadavre qui les attend est bien celui de leur père. Le rapport d?autopsie du Dr Sudesh Gungadin indique l?heure du décès vers minuit, vendredi, et que la mort a été causée par l?asphyxie. La dépouille d?Abbas porte également des blessures au cutter.
Anéantis, il ne leur reste plus qu?à enterrer le grand corps robuste de l?homme à qui, pensaient-ils, rien ne pouvait arriver. A 18 heures le jour même, ils accomplissent ce devoir pénible.
La douleur de l?épouse du défunt, Nargis, est tangible. Elle avait 16 ans quand elle l?avait rencontré et 31 années de bonheur s?étaient écoulées avant le coup de téléphone fatidique. ?Nou ti bien ere, tou la fami ensam?, dit-elle.
Assise à côté sa fille Fatemah, elle s?interroge : comment a-t-on pu enlever la vie de son mari, son roc, pour un peu d?argent et un téléphone portable ? ?Li ti travay, li ti kontan badine. Kan dimounn ti fer dominer li ti crie ar zot?, se remémore-t-elle.
Nargis reste troublée par l?attitude de son mari le jour du meurtre. En effet, il semblait taciturne et distant lors du dîner vendredi soir. A tel point qu?il avait presque ignoré sa petite fille adorée. ?Li ti bizar sa zour la. Li ti dir so ti zenfan : embrass nana parski to pa pou trouv mwa enkor?, dit elle en essayant de retenir ses larmes.
S?agissait-il d?un pressentiment ? Toujours est-il qu?Abbas Goolam Hossen choisit d?accepter dans son taxi trois individus que ses collègues avaient préféré décliner. La destination du trio meurtrier : Baie-du-Tombeau. ?Le malgache? n?y arrivera pas. Il sera étranglé aux environs de Terre-Rouge, et son corps inerte abandonné dans le cimetière de Bois-Marchand.
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