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La dernière chance des Bleus

20 avril 2005, 00:00

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par Thierry CHATEAU

Voilà qu?un parti, jadis national, naguère doté d?un leader charismatique, sort de derrière les fagots, le temps d?un marchandage électoral. Et fait mine de vouloir bousculer la donne politique à quelques semaines du scrutin de 2005. Qui est-il, que vaut-il et, surtout, que fera-t-il ce Parti bleu, autrefois mauricien, social et démocrate, aujourd?hui divisé ? Orphelins, ballottés de droite et de gauche, désarticulés, les Bleus ne savent même plus comment ils s?appellent.

Depuis une semaine, Xavier-Luc Duval, le plus sérieux prétendant au trône de Sir Gaëtan Duval, a jeté un pavé dans la mare tirant du même coup, Maurice Allet, leader par défaut, de son sommeil.

Pseudo-candidat de l?Alliance sociale dans la circonscription Belle-Rose-Quatre-Bornes, Xavier-Luc Duval a fait monter les enchères. Mais en a-t-il les moyens ? Est-il sûr que l?on veut bien de lui, dans ces quartiers qui ont viré au rouge (il se chuchote déjà que les lobby se mobilisent?) ?

Navin Ramgoolam, leader de l?Alliance Sociale, qui a déjà misé gros sur le vote rural, semble vouloir s?accrocher à la caution urbaine que pourrait lui apporter son partenaire.

Sûr de son étoile, Xavier-Luc Duval courtise en même temps l?alliance gouvernementale. Que peut apporter de plus le groupe de XLD au MMM et au MSM ? Pas grand-chose si ce n?est de gêner Navin Ramgoolam en lui subtilisant un peu de couleur dans son alliance rouge, jaune et verte, décidément très peu nationale?

Les dirigeants qui se disputent le Bleu parlent d?unité comme un moyen pour atteindre le but ultime : l?attribution du nombre de tickets aux élections. Or, l?unité est bel et bien une fin en soi. Un objectif que, malheureusement ni Xavier-Luc Duval ni Maurice Allet ne placent au sommet de leurs préoccupations. Ils préfèrent mettre la barre trop haut? ou trop bas. Leurs partenaires ont encore moins envie qu?eux de voir une réunification, privilégiant le système du divide and rule, trop contents de voir la famille bleue toujours aussi désunie.

Plutôt bosseur, dépourvu d?idées, sachant manier le libéralisme et la solidarité, et visiblement aussi social que démocrate, Xavier-Luc Duval n?est pas une bête de terrain. Mais il a les qualités de ses défauts et n?a pas pu ou su les exploiter à bon escient, hormis durant une brève période de 9 mois en 1995, dans un précédent gouvernement mené par Sir Anerood Jugnauth et le MSM.

Il possède, seul, la clé du succès : celle qui devrait lui permettre de fermer la malheureuse parenthèse du Parti mauricien Xavier Duval (tout de même crédité de 2 % dans le dernier sondage Synthèses, ce qui fait de cette frange bleue, la quatrième force politique du pays) et de donner le signal du ralliement.

Constitué autour d?un prénom, un parti politique ne peut être crédible de façon durable. Pour perdurer, il faut se constituer autour d?un programme, faire revivre une histoire, s?inscrire dans la durée, mobiliser des partisans qui n?attendent qu?un signe pour sortir du bois. A condition de savoir faire abstraction des ambitions personnelles des uns et des autres. L?unité, c?est la dernière chance des Bleus.

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