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?La cybercité sera un véritable chantier cette année?
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?La cybercité sera un véritable chantier cette année?
● <B> Êtes-vous satisfait de votre bilan de président directeur général de BPML ? </B>
Je quitte BPML de mon propre gré, fier d?avoir accompli une mission impossible. Beaucoup de personnes avaient qualifié la Cybertour d?éléphant blanc. Or, l?évolution du taux de remplissage de la première Cybertour dépasse aujourd?hui largement 95 %. Plus de 3 000 emplois ont été créés, sans compter l?effet multiplicateur dans d?autres services dont le transport, l?hôtellerie, la sécurité, la restauration et le gardiennage. La deuxième Cybertour, dont le taux de remplissage est à 70 %, devrait afficher complet d?ici avril.
● Il n?y a donc pas eu de pressions pour que vous démissionniez ? </B>
J?avais présenté ma démission en septembre 2006, avant la publication du rapport du Fact-Finding Committee (FFC) bien que mon contrat arrive à terme en juin 2008. Le ministre Sinatambou m?a demandé de rester en poste. Il voulait avoir une réponse immédiate. Après plus d?un mois, j?ai écrit au ministre pour lui dire que je reste.
● <B> Mais les relations entre vous et le ministre Sinatambou ont été tumultueuses ? </B>
Nos relations ont été plutôt tendues mais nous avons quand même travaillé ensemble. Des personnes voulaient que je reste pour faire du travail malsain. C?est contre mes principes. Ce n?est pas à la fin d?une carrière que je ferai des choses contre ma conscience. Avec une équipe de 30 personnes et malgré les pressions, nous avons accompli une tâche extraordinaire.
● <B> Vous aviez menacé les compagnies qui n?ont rien fait avec les terrains qu?elles ont obtenus. Quels en ont été les résultats ? </B>
Nous avons déjà repris 15 lopins, soit environ 15 arpents. Il y avait une dizaine de sociétés à qui nous avions donné un délai pour nous faire savoir quand elles vont commencer la construction. On leur avait dit que BPML allait initier des actions pour reprendre les terrains qui leur ont été alloués. Dans un cas spécifique, notre homme de loi a même préparé la mise en demeure quand nous avons eu l?ordre du ministère de stopper les démarches (stay action). Cette société avait reçu un terrain de 12 arpents en bordure de l?autoroute.
● <B> Vous étiez irrité que le privé n?investisse pas dans les bâtiments intelligents ? </B>
Plusieurs bâtiments intelligents devront voir le jour bientôt, dont ceux de Gamma Civic, Jade Towers, Bhunjun & Sons et MCB Ltd. La cybercité sera un véritable chantier cette année avec des investissements d?environ Rs 1 milliard. Le secteur privé a fini par réaliser que le secteur de la technologie de l?information et de la communication est très porteur.
● <B> Mais le FFC a critiqué votre administration ? </B>
Le FFC est une montagne qui a accouché d?une souris. Les membres de ce comité savaient fort bien qu?il y a eu deux administrations à BPML, la précédente et la mienne. Son rapport est fortement contestable et fortement contesté. Tous les documents étaient là et le comité aurait pu agir avec bien plus de professionnalisme. Car sous ma direction, le conseil d?administration avait augmenté le one off payment de location de terrain par arpent, de Rs 1 million ou Rs 2 millions à Rs 5 millions. D?ailleurs, quelques jours avant mon départ, le paiement initial est passé à Rs 6 millions par arpent, malgré l?opposition de certaines personnes. Les membres du FFC ont aussi passé sous silence les dépenses folles que j?ai eu à éliminer, comme, par exemple, Rs 150 millions d?investissement comme Telecom Service Provider en compétition avec Mauritius Telecom, sans tenir en considération les frais des experts qu?on aurait eu à importer pour gérer le système. Ces dépenses additionnelles auraient été suicidaires pour la compagnie.
● <B> Le FFC allègue que les dettes de BPML s?élèvent à Rs 2 milliards?</B>
Le FFC pense avoir fait une grande découverte. Cela a amené le ministre Sinatambou à vociférer sur tous les toits que BMPL a dilapidé Rs 2 milliards. Mais le ministre n?a pas tenu compte que les avoirs de BPML dépassent les Rs 3,5 milliards.
● <B> Ce rapport vous a laissé un goût amer ? </B>
Je suis déçu. Les membres du FFC avaient l?occasion de faire un travail formidable qui aurait effrayé les gaspilleurs. Car gaspillage il y a eu sous la précédente administration. Sans les réformes qui ont été apportées sous mon administration, la situation financière de la BPML aurait été aujourd?hui catastrophique. J?ai tout le temps travaillé comme un vrai professionnel, comme directeur de la Mauritius Export Development and Investment Authority, comme consultant auprès de l?Organisation des Nations unies pour le développement industriel et auprès du Commonwealth Secretariat. Ce n?est pas trois membres du FFC qui pourront me montrer du doigt.
● <B> Il n?empêche que le FFC parle de mauvaise gestion?</B>
L?ancienne administration est entièrement responsable de la mauvaise situation financière et des dettes de la BPML. Celle-ci avait obtenu 150 arpents sous l?Illovo Deal. Environ Rs 336 millions ont été dépensées dans les travaux d?infrastructure ? l?eau, l?électricité, les routes, les télécommunications et le tout-à-l?égout. Je ne comprends pas comment la location de terrain par arpent à long terme était un one off payment de seulement Rs 1 million pour la Knowledge Zone ou Rs 2 millions pour la Business Zone dans une si importante région qu?est Ebène. Cela démontre une contradiction énorme car BPML a dépensé Rs 3,5 millions par arpent pour les travaux d?infrastructure. Cette braderie a causé des pertes sèches de Rs 400 millions pour la BMPL. Ce qui est pénible, c?est que la somme récoltée ne suffit même pas pour payer les intérêts sur les Rs 336 millions que nous avons empruntées auprès des banques pour développer ces infrastructures.
● <B> Et le Cybervillage ? </B>
Je n?ai rien à faire avec ce projet. Ma seule participation a été de prendre les clefs le jour de l?inauguration de ce village. Je voudrais faire ressortir que le financement n?était pas prévu et les gestionnaires n?ont fait que détourner des fonds réservés pour la Cybertour dans la Cybercité. Le principal souci du FFC était de compter les trous et les cocotiers manquants dans l?enceinte du village.
● <B> BPML envisagerait-elle de construire une troisième Cybertour à Ebène ? </B>
Je pense que si le secteur privé réagit comme il réagit, je ne vois pas la nécessité de construire une troisième tour. Au contraire, il faut maintenant développer le Rose-Belle Business Park.
● <B> Il y a eu des travaux d?infrastructure à Rose-Belle alors que BPML est en proie à des difficultés financières?</B>
Quand je suis arrivé en juin 2003, les contrats pour les travaux d?infrastructure avaient déjà été alloués pour Rs 5 millions. Un terrain de 10 arpents avait été accordé à Pentasoft, une compagnie indienne engagée dans le développement de logiciels. Le loyer annuel pour le terrain était fixé à Rs 50 000 par arpent pour les trois premières années et Rs 100 000 subséquemment.
BPML s?est vue dans l?obligation de faire des travaux d?infrastructure car Pentasoft exigeait que ces aménagements pour commencer ses opérations. Mais lors des discussions avec Pentasoft, nous avons constaté qu?elle n?avait pas les moyens financiers requis pour ces opérations. BPML n?a pas eu de choix que de reprendre le terrain qui lui avait été alloué à vil prix, tenant en considération que les travaux d?infrastructure ont coûté Rs 136 millions, soit Rs 3,5 millions par arpent.
Une autre braderie de terrain de BPML par l?ancien régime est l?octroi de 14 arpents à Cora, aujourd?hui Jumbo, pour la construction d?un hypermarché et d?un complexe commercial. Le loyer avait été fixé à Rs 100 000 par arpent par an. Cora n?est pas allée de l?avant avec son projet. Je me suis assuré que BPML reprenne également ce terrain.
● <B> Où en était le projet de Rose-Belle ? </B>
J?avais l?intention de soumettre un projet au board pour le développement du Rose-Belle Business Park, qui comprend, entra autres, la construction d?un bâtiment pour loger des bureaux et des entreprises du secteur Tic. La zone commerciale qu?on envisageait dans le plan allait encourager le secteur privé à venir de l?avant avec d?autres développements. J?avais soumis au ministre notre stratégie pour Rose-Belle. Les documents sont prêts. Mais le projet n?a pas démarré. On ne peut pas laisser le projet dans un tiroir tout le temps. Il faut rembourser les dettes. Les travaux devraient commencer tôt ou tard.
● <B> Quels sont vos projets maintenant ? </B>
Je pars pour quelques semaines en vacances. Je reviendrai avec force pour me lancer dans la politique pour prouver qu?il y a de la place pour des gens honnêtes, patriotes, intègres et qui ont l?intérêt du pays à c?ur.
Propos recueillis par <B> Alain BARBÉ</B>
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