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La culture de perles : Une aventure tentante

12 octobre 2008, 00:00

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«Il y a un énorme potentiel pour la vente aux touristes et l?exportation de perles.

Une telle production nous permettra aussi de diversifier nos sources de devises étrangères », affirme le Dr Mitrasen Bhikajee, directeur de l?Institut océanographique de Mau-rice (IOM). Cet organisme vient de mettre en place une ferme perlière sur la côte sud-est. Les huîtres cultivées viennent d?espèces endémiques et produisent des perles blanches après inoculation.

Quoi qu?il en soit, Maurice est en retard sur les Seychelles qui ont déjà une ferme de production de perles noires, aussi appelées perles de Tahiti. Elles sont de grande qualité et très demandées, alors que les perles blanches restent le choix de prédilection pour des bijoux classiques. Maurice ne se lancera pas de sitôt dans la culture des perles noires. Le Dr Bhikajee estime que des précautions doivent être prises avant l?introduction d?espèces étrangères dans nos eaux. Le fait que Maurice se trouve dans une zone cyclonique ne pose aucun problème pour la culture perlière. Les huîtres de l?IOM vivent normalement à une profondeur de 10 à 14 mètres.

Il y a peu de remous à cette profondeur quand la houle déferle en surface, indique le spécialiste.

La culture des huîtres est possible

L?aspect majeur du projet concerne la greffe de perles qui requiert des mains expertes. La fabrication du nucléus qui donnera une perle est un autre aspect qui nécessitera la formation du personnel. La qualité et le prix des perles dépendent de ces nucléus et des greffeurs. Celles qui présentent des défauts se vendent à Rs 1 000 environ. (Voir hors-texte). Selon le Dr Bhikajee, Maurice produira non seulement des perles, mais également des figurines dans ses huîtres perlières, comme le fait la Thaïlande.

Des perles ont déjà été retrouvées dans des huîtres par des pêcheurs mauriciens, notamment à Baie-du-Tombeau il y a une trentaine d?années et sur la côte sud-est par la suite. Elles n?étaient d?aucune valeur commerciale en raison de leur taille et de leur forme. Ces huîtres perlières avaient été accidentellement « greffées ». Personne à Maurice n?a jusqu?ici essayé d?en cultiver et de les inoculer artificiellement pour produire des perles bien rondes.

En fait, il a été quasiment impossible pour les chercheurs de l?IOM de retrouver des huîtres perlières adultes lors de leurs recherches autour de l?île. Seules des juvéniles qui s?étaient accrochées à des cordes disposées à 10 mètres de profondeur ont été recueillies par les plongeurs de l?institut. Elles ont été élevées dans des cages immergées et leur croissance suivie de près.

Jusqu?ici tout indique que la culture de ces huîtres est possible.

Le Dr Mitrasen Bhikajee est confiant du succès de sa ferme. Les résultats obtenus seront passés à des promoteurs mauriciens ou étrangers qui détiennent une certaine expertise dans la culture perlière.

Le Board of Investment s?occupera de la recherche de ces opérateurs alors que la recherche de marchés a été confiée à Enterprise Mauritius.

LE SECRET DE LA GREFFE

Elle consiste à introduire à l?intérieur de la poche perlière d?une huître « receveuse », un nucléus et un greffon ( prélèvement du manteau d?une huître « donneuse »). Le nucléus est une bille de nacre fabriquée à partir de la coquille d?huîtres d?eau douce. Un sac perlier se développe alors autour du nucléus. Il faut 18 mois après la greffe pour obtenir une perle de taille raisonnable. Son prix dépendra de sa forme, de sa couleur, de son lustre et aussi de l?éventuelle présence de malformations de surface. Les perles parfaites dites TopGem ne représentent que 5 % de la production des fermes employant des greffeurs professionnels. C?est l?expérience du greffeur qui détermine la réussite de la greffe. Dans plusieurs cas, les huîtres meurent des suites d?une greffe mal faite. Sur 100 huîtres greffées, environ 20 décèdent dans le mois suivant, 20 rejettent le nucléus et 5 à 10 succombent en cours d?élevage. Seules 25 à 30 huîtres donnent des perles commercialisables.

Sur 1 000 huîtres, une seule perle de grande qualité peut être obtenue. Elle sera vendue à un prix très éleve à une clientèle haut de gamme.

UN COLLIER A RS 300 000

Dans le passé, la plupart des perles de culture vendues sur le marché étaient des perles « Akoya » du Japon.

Elles sont blanches, rondes et mesurent, en majorité, 4 à 8 mm de diamètre. La plupart se vendaient sous forme de colliers classiques à des prix allant de Rs 30 000 à Rs 300 000. Aujourd?hui, ce sont de grosses perles ? de 9 à 15 mm ? qui stimulent la demande de colliers de luxe, de valeur de plus de Rs 300 000. Les perles de Tahiti, de 8 à 14 mm et de couleurs foncées, sont également très prisées.

Ce sont les Japonais et les Américains qui en sont les plus gros acheteurs. Au Japon, le segment de la joaillerie perlière représente jusqu?à 17 % des ventes totales de bijoux. On estime que les Japonais ont acheté l?année dernière près de Rs 35 milliards en bijoux sertis de perles.

Les Etats-Unis, qui ont rattrapé le Japon depuis 1999, sont devenus le plus vaste marché de la bijouterie de la perle, avec un chiffre d?affaires annuel estimé à Rs 50 milliards. En Asie du Sud-Est, en Russie et au Moyen-Orient, le taux de croissance de la joaillerie perlière ne cesse d?augmenter. Ces pays dépassent les marchés traditionnels du Japon et de l?Europe. À l?échelle mondiale, ce marché était estimé l?année dernière à Rs 150 milliards, soit 10 % du marché mondial de la joaillerie.

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