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La cuisine universelle selon Indrina
ÉLOIGNÉ de la pollution de Centre-de-Flacq, le restaurant Isle de France distille un délicat fumet? Installée au premier étage d?un bâtiment rose, pratiquement à la périphérie du village, la clientèle n?est guère incommodée par le bruit des véhicules. Le couple Pyamootoo, Indrina et Siven ont bien choisi l?emplacement pour ouvrir leur restaurant. Ils sont aidés dans leur tâche par leur fils Prassen.
Toutefois, c?est sa cuisine peu ordinaire qui fait la bonne réputation de ce restaurant. Indrina, fin cordon bleu, y concocte des plats asiatiques, européens et bien évidemment mauriciens. Et quand le temps le lui permet, elle mitonne des petits plats de son propre? chef.
Indrina a toujours eu le goût pour la cuisine. C?est à Strasbourg en France, où le couple a passé quasiment toute son existence, qu?elle a commencé à faire jouer ses talents de cuisinière. En effet, alors que Siven travaillait dans l?enseignement, sa femme préparait des repas pour des étudiants mauriciens qui vivaient et étudiaient à Strasbourg au début des années 80. Ces deniers, très nombreux, comptaient parmi leurs rangs Barlen Pyamootoo, leur neveu, aujourd?hui écrivain. Il lui arrivait souvent de demander à sa tante de préparer des mets mauriciens pour ses amis.
Nombreux sont les étudiants qui ont passé d?agréables heures chez le couple Pyamootoo. ?Quand des étudiants mauriciens débarquaient à Strasbourg pour la première fois, ils étaient perdus. Pour les mettre à l?aise, nous les accueillions chez nous?, raconte Siven.
Au bout de quelque temps, la communauté mauricienne de Strasbourg ne peut plus se passer de la cuisine d?Indrina. Il y a même des Français qui commandent des plats à emporter. Barlen Pyamootoo propose alors à sa tante d?ouvrir un restaurant. Quelque temps après, le restaurant Île Maurice ouvre ses portes.
Au début des années 90, le couple quitte Strasbourg pour retourner au pays natal. Ils ont un projet, celui d?ouvrir un hôtel, mais les démarches n?aboutissent pas. Quand quelques-uns des anciens étudiants mauriciens apprennent que les propriétaires du restaurant Île Maurice sont de retour, ils leur suggèrent d?ouvrir un restaurant à Flacq.
?Nous avons écouté le conseil de nos amis et nous avons ouvert le restaurant qui s?appelle l?Isle de France?, dit Indrina, qui a mis tout son savoir-faire à contribution. Ainsi, elle est tous les jours présente au restaurant pour préparer des plats vietnamiens, indiens, pakistanais, européens, chinois et tant d?autres encore. Elle élabore aussi des mets bien à elle. ? Dès que j?ai un peu de temps, j?essaie d?inventer un plat et cela marche. J?ai aussi la chance de connaître des recettes de plusieurs pays. C?est un passe-temps de faire des recherches sur la cuisine du monde.?
Rouleaux d?aubergine
Les amoureux de la bonne cuisine peuvent ainsi apprécier des rouleaux de tandoori avec des épices, des rouleaux d?aubergine, de la moussaka (plat grec ou turc), du couscous, des ailes de poulet farcies, du calamar croustillant accompagné d?une sauce chinoise ou indienne ou encore des samoussas aux fruits de mer. Ce sont là quelques-uns de plats les plus prisés de la clientèle.
Les surprises sont également au menu : le briani façon Indrina ne ressemble pas à celui que l?on déguste généralement à Maurice. La restauratrice le prépare à la Pakistanaise avec des pruneaux et des raisins. De plus, le riz est coloré au rouge, au vert et au jaune. Elle a fait appel à un chef indien pour lui prêter main forte au restaurant.
L?Isle de France dispose d?une cinquantaine de couverts et emploie huit personnes. Le restaurant est ouvert tous les jours de 9 à 18 heures. ?Il est préférable de réserver pendant la soirée?, conseille Siven. Les plats sont dans la fourchette de Rs 50 à Rs 250. Le couple propose aussi un service traiteur pour des réceptions et chaque week-end, il prépare des barbecues dans le jardin.
Outre la gestion du restaurant, Indrina a une autre idée qui lui trotte dans la tête depuis quelque temps : elle rêve de publier un livre de recettes. ?Je demanderais à mon neveu Barlen de m?aider pour la réalisation de ce livre?. En attendant, dans sa cuisine, elle continue à mettre? la main à la pâte.
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