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La créativité locale se dévoile

7 avril 2005, 00:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

La mince fumée blanche s?échappe d?une petite cheminée noire. Le sucre s?entasse sur la table, en dés, sachets et emballages seyants. Stand de Cat Sucre, à l?exposition-foire des petites et moyennes entreprises (PME), au Centre de conférences international de Pailles. La créativité mauricienne s?expose sous son meilleur jour, avec quelques entrepreneurs étrangers.

L?événement, organisé par la Small and Medium Industries Development Organisation (Smido), la National Handicraft Promotion Agency (NHPA) et le ministère de tutelle, va jusqu?à dimanche. Les visiteurs pourront acheter, à des prix réduits, certains produits exposés.

De prime abord, on se rend compte que nos entrepreneurs excellent dans un vaste créneau : ameublement, bijouterie, chaussures et espadrilles, papeterie, fer forgé, céramiques, agroalimentaire et vannerie.

Les métiers d?art demandent patience et précision, comme au stand de Mosart Artecraft. Une majestueuse horloge en bois, dont le mécanisme, conçue en trois mois par Mosaheb Aboobaker, domine le visiteur. Le bois, étonnant, et les plinthes et madriers de vieilles maisons. Le prix est tout aussi impressionnant : Rs 70 000. ?Nous en avons exporté vers les Etats-Unis.?

Nouvelle culture de prêts

Au-delà de ces qualités, s?affirmer dans le monde des PME requiert l?originalité, comme pour Mala Gajeelee. Ses matières premières sont l?écaille de poisson, le noyau de mangue et les graines de melon d?eau. Puantes et gluantes au départ, elle les transforme en colliers. Sobres. Un client australien a passé une commande de 20 parures de bijoux ? collier, boucles d?oreilles et bracelets ? en graines de melon d?eau, à Rs 600 l?unité.

L?exemple vient aussi du stand Treasures of India, où le maître-artisan Sudhir Kumar Maharana, en position du lotus, penché sur sa feuille de palmier, y grave des divinités hindoues. La plus petite création exige 15 jours de travail continu, et elle est revendue à? Rs 300. Sa satisfaction réside dans la perfection, dit-il, l?exigence du haut de gamme.

Au Salon, les banques sont présentes en force : MCB, SBM, Barclays et SEAB, entre autres. D?une part, pour proposer leurs plans de financement. D?ailleurs, à l?ouverture officielle, mardi, le ministre des Finances, Pravind Jugnauth, les a exhortées à vite développer une ?new lending culture? pour aider les PME. Mais des préposés offrent plus. Ils aguichent les clients en brandissant leurs derniers services - emprunts sans garantie, voire cartes de crédit.

Mais, à écouter ces entrepreneurs, le futur paradis hors taxes se développera sans certaines PME à la pointe de leur segment. A l?instar de Sakoor Ebramjee, spécialiste du fer forgé chez Berdou Limitée. Vendre une demi-tonne de fer à un touriste ne sera guère facile?

EDS regroupe les achats des PME

Les cartons fraîchement déchargés jonchent le sol. Les ingénieurs découvrent les dernières petites merveilles commandées des Etats-Unis. Pas une cravate à l?horizon. L?atmosphère est détendue mais le personnel d?Enterprise Data Services (EDS) sait où il va. En sept ans d?existence, cette entreprise spécialisée dans les câblages et réseaux informatiques n?a cessé d?évoluer. Elle, qui a commencé avec cinq partenaires dans une modeste maison à Rose-Hill, emploie aujourd?hui 35 personnes dans un siège au port-franc.

La petite société est devenue une moyenne entreprise mais EDS fait toujours exploser les préjugés associés aux PME. Elle ne se cantonne pas dans des secteurs traditionnels mais se tourne vers les nouvelles technologies. Elle ne sert pas une petite clientèle car son carnet de commandes comprend les Top 100 Companies. Ici, le seul travail manuel est le cliquetis des claviers car tout est informatisé. Après avoir passé sept ans à démolir les stéréotypes, EDS s?attaque maintenant aux tabous. La compagnie innove en créant une centrale d?achats pour les PME.

L?objectif est de regrouper les achats de ces entreprises pour obtenir de meilleurs prix auprès des fournisseurs. A ce jour, les PME paient les mêmes prix que le public alors que les grandes firmes bénéficient de remises substantielles car elles achètent en gros. En regroupant leurs achats, les petites et moyennes sociétés pourront avoir le même pouvoir de négociation que les grandes.

?Avec le système actuel, les PME subventionnent les remises accordées aux grosses boîtes. C?est inconcevable car les PME sont encore plus sensibles aux coûts?, lance Dev Sunassy, patron d?EDS.

Le cauchemar des petites et moyennes entreprises est devenu réalité. La machinerie visant à transformer Maurice en havre de shopping hors taxes est bien en marche. Pour survivre, les PME devront améliorer leur productivité et leur compétitivité. Les technologies de l?information et de la communication (Tic) constituent la planche de salut.

?Rares sont les PME qui ont investi dans l?informatique. Or, il est essentiel qu?elles le fassent. La centrale d?achats permettra aux PME d?innover à moins cher?, déclare Dev Sunassy.

Gestion et marketing

Dans un premier temps, la centrale d?achats se concentrera sur les achats de matériel et de logiciel informatique. A partir d?un mini centre d?appels, l?équipe marketing d?EDS contacte régulièrement les PME pour connaître leurs besoins. Par exemple, une société peut aller jusqu?à exiger des spécifications précises d?une imprimante. Les données sont compilées avant qu?EDS ne négocie avec les fournisseurs. Dans le moyen terme, la société ciblera d?autres achats que ceux liés aux Tic.

Le projet le plus ambitieux demeure la mise en ligne de cette centrale d?achats. Ainsi chaque entreprise pourra entrer ses besoins en équipements sur un serveur central qui compilera les données avant de les afficher sur Internet à l?intention des fournisseurs locaux et étrangers. ?Les étrangers seront intéressés à fournir les PME mauriciennes s?il ya une forte demande. Les acheteurs profiteront de l?e-procurement car ce sera un processus transparent qui fera jouer la concurrence à fond?, souligne Dev Sunassy.

Le pari sur les Tic n?est pas seulement une question de matériel et de logiciels. Les entrepreneurs auront également besoin d?applications performantes pour gérer le stock, les relations clients et le marketing entre autres. Les grandes entreprises peuvent dépenser des millions dans des applications comme Oracle. Pour les PME, que ce soit à Maurice ou à l?étranger, un tel investissement est hors de prix. Survient alors le concept d?Application Service Provider (ASP) : une application basée sur un serveur central accessible aux PME sur paiement d?une quotité mensuelle. EDS y a déjà pensé en raflant la représentation régionale de NetSuite, un des ASP les plus performants du moment.

A partir de Rs 3 500 par mois, une entreprise pourra accéder à cette application qui est en fait le petit frère d?Oracle mais taillé sur mesure pour les PME. NetSuite permet non seulement de gérer son stock, ses relations clients ou son marketing mais aussi d?administrer un commerce électronique. Il offre des gabarits qui ressemblent au site d?amazon.com tant au niveau de la navigabilité que du look tout en permettant un lien direct entre stock et commandes. Le tout est accessible de n?importe quel point du globe via Internet.

Au fur et à mesure que les conteneurs d?articles sortent de la douane sans être taxés, la peur des PME s?amplifie. La crise peut être transformée en opportunité grâce aux Tic. Elles ne sont plus hors de portée. Les préjugés doivent disparaître.

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