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La crise au sommet de l?État vue par Bérenger

18 juillet 2005, 00:00

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La fin de la ?guerre froide?? C?est ainsi que Paul Bérenger accueille l?ouverture d?une ligne de communication, aussi ténue soit-elle, entre le Premier ministre, Navin Ramgoolam, et le président de la République, Sir Anerood Jugnauth. Lors d?une conférence de presse samedi, le leader de l?opposition a annoncé que le Premier ministre avait transmis au président le procès-verbal des délibérations du Conseil des ministres, vendredi soir.

En apprenant la nouvelle samedi matin, il s?est empressé de féliciter les deux hommes. Ces derniers ne s?étaient pas parlé officiellement depuis l?entrée en fonction du gouvernement de l?Alliance sociale. Pire, jusqu?à vendredi soir, il n?y avait eu aucun échange d?informations entre les deux parties sur l?administration des affaires de l?Etat.

?Nous pouvons pousser un ouf ! constitutionnel?, estime le leader de l?opposition. Car, si l?absence de communication entre les deux instances suprêmes de l?Etat avait perduré, le président aurait pu en appeler à la Cour suprême. La situation était difficile. Pour l?expliciter, il cite la Constitution.

Paul Bérenger met d?abord en avant l?article 28, qui a trait au changement de président. ?Ni l?alliance MSM-MMM, ni l?Alliance sociale n?ont mentionné le remplacement du président dans leurs manifestes électoraux.? Et il estime qu?il n?y a aucun mandat pour le faire. L?article 30 traite de la destitution du président. Pour enclencher cette procédure, il faut une majorité des deux-tiers au Parlement. Le leader de l?opposition cite surtout l?article 65 qui stipule que le président doit être ?totalement informé? des affaires de l?Etat.

La Constitution permet également au président de demander au gouvernement de revoir certaines décisions. A condition qu?il soit informé au préalable de tout ce qui se passe au cabinet. Selon Paul Bérenger, la démarche de vendredi est un pas dans la bonne direction. Mais est-ce suffisant ? Oui, dit le leader de l?opposition. Se voulant rassurant, il ajoute qu? ?il faut tourner la page?.

Paul Bérenger a surtout fait l?éloge du ?légaliste? Sir Anerood Jugnauth. ?Si Maurice a progressé depuis l?Indépendance c?est parce que la Constitution a été respectée systématiquement?, estime le leader de l?opposition. Et Paul Bérenger rend un hommage spécial au président qui est ?strictement respectueux de la Constitution? et dont les décisions ont, depuis 1976, ?donné à Maurice son pli démocratique?.

Paul Bérenger a volé au secours de Sir Anerood Jugnauth par rapport à une affaire de dépenses électorales. Un chèque du président aurait servi à payer des dépenses du MSM. ?Il n?a signé aucun chèque, il est trop méticuleux et respectueux de la Constitution. Mais le MSM a continué à utiliser le chéquier. C?est un faux pas protocolaire mais ce n?est pas la faute de Sir Anerood.?

ÉCONOMIE

Situation plus grave que prévu

■ Autre volet de la conférence de presse. Paul Bérenger se dit inquiet de la situation encore plus grave que prévu, dans le sucre, le textile et le tourisme. Il cite le rapport de Gilbert Gnany, l?économiste de la Mauritius Commercial Bank, ?l?un des meilleurs? spécialistes de Maurice. Ce rapport qui fait état d?une baisse de 4 % dans la production sucrière, d?une prochaine contraction dans la zone franche, d?un taux de croissance touristique ramené à 5 % et d?une baisse de l?investissement privé en 2005. ?Le gouvernement doit faire le nécessaire pour que l?investissement augmente.? Le leader de l?opposition profite de l?occasion pour lancer un appel au gouvernement pour que cesse la politique ?dominer? envers les nouvelles recrues du ministère de la Santé, les ?health care assistants? qui ne seront pas autorisés à intégrer leur poste. Autre cas ?dominer? : le renvoi d?un employé de la Corporation nationale de transport. Il reconnaît d?autre part qu?il n?y a pas eu assez de progrès dans le milieu carcéral. Il s?engage à veiller à ce que le gouvernement tienne les promesses faites durant la campagne électorale.

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