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La course contre la montre de Rama Sithanen
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La course contre la montre de Rama Sithanen
Le temps presse face aux grands défis économiques. Le vice-Premier ministre et ministre des Finances, Rama Sithanen, défend son plan de relance. Il dit avoir agi pour gagner du temps. Et ce, dans des conditions difficiles.
Les mesures annoncées mardi dernier ont pour objectif d?atténuer la détérioration des gros paramètres économiques et redonner du tonus à une croissance anémique. ?Il y a un délai entre l?annonce des politiques et la décision d?investir par les opérateurs et la concrétisation de ces décisions d?investissement. Si nous attendions le budget de juin 2006, nous aurions perdu dix mois?, explique Rama Sithanen lors d?une conférence de presse à son ministère samedi.
Pour faire reculer le chômage durablement, l?économie devra générer une croissance annuelle de 8 % au moins. Valeur du jour, le pays réalise à peine la moitié de ce chiffre. L?objectif de la croissance forte durable passe par un taux d?investissement bien plus élevé que le taux de 20 % du produit intérieur brut que nous réalisons actuellement.
Mais le grand argentier se veut réaliste. Les nouvelles mesures introduites n?auront pas d?impact significatif sur la croissance prévue pour cette année. Mais le gouvernement compte relancer la machine à plusieurs niveaux pour que les choses s?améliorent sensiblement à partir de 2006.
Parcours du combattant
D?abord au niveau du climat d?investissement. Il faut aplanir les tracasseries inutiles que rencontrent les opérateurs dans leur business. Ensuite, il y a un gros travail de promotion des opportunités d?affaires auprès des investisseurs locaux et étrangers.
Le ministre réitère l?engagement de son gouvernement d?alléger la bureaucratie dans l?obtention des certificats et des permis pour démarrer ou réorienter une activité. La nouvelle philosophie de facilitation se résume ainsi : accélérer les choses en vue de délivrer ces permis; et éliminer les étapes administratives superflues, notamment les cas de duplication (l?entrepreneur doit soumettre les mêmes dossiers à différentes agences du gouvernement et des collectivités locales pour obtenir les autorisations requises).
?Il y a eu plusieurs tentatives dans le passé pour réduire la bureaucratie. Mais cela reste un parcours du combattant pour encore beaucoup d?opérateurs?, avance le ministre des Finances. Pour bien démontrer que le gouvernement en fait une priorité, le Premier ministre, Navin Ramgoolam, présidera lui-même un fast-track committee qui traitera les projets de grande envergure. Le comité se réunit pour la première fois jeudi pour se pencher sur des projets d?investissement. Le gouvernement entend aussi galvaniser les agences de promotion dont le Board of Investment et la Financial Services Promotion Agency. Et les autorités s?engagent à mettre de l?ordre dans les plans d?incitation fiscale entre autres pour attirer les investisseurs.
Paradoxalement, le projet de faire de Maurice une destination pour le shopping touristique marque, lui, un temps d?arrêt. Rama Sithanen s?explique : ?Il n?y a jamais eu de réflexion sérieuse sur le duty free. Nous viendrons de l?avant avec un plan directeur qui abordera tous les aspects de la question, dont les créneaux dans lesquels il faudra se spécialiser et la promotion de Maurice comme paradis hors taxes.?
La vision du duty-free island n?est nullement remise en question. Même si la réintroduction des droits de douane sur des vêtements et des chaussures importés semble aller dans le sens opposé. ?Ce n?est pas une taxe de Rs 250 sur un costume qui coûte Rs 10 000 qui va remettre en cause nos chances de devenir une île duty free?, rétorque le ministre des Finances. Il affirme avoir agi pour protéger quelque 10 000 emplois dans le secteur manufacturier local, sans pour autant mettre en péril le projet de duty free.
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