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La cour du roi Pétaud

15 juillet 2008, 00:00

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La cour du roi Pétaud

Dupes, nous l?étions, de croire que le Comité national olympique mauricien (CNOM) allait connaître un sort meilleur avec le départ de Chintamun Ramboccus début 2007, après plus de deux décennies de règne. Dupes, nous l?étions, d?avoir cru la nouvelle équipe dirigeante menée par Philippe Hao Thyn Voon quand elle affichait haut et fort que la transparence allait être sa devise et qu?elle allait servir l?intérêt du sport et des sportifs.

Finalement, nous avons l?impression d?être retournés à la case départ. La politique de petit copain, les décisions prises en catimini, la course aux voyages? rien n?a changé.

Il a fallu attendre une année, soit à l?approche de la plus grande fête sportive de la planète, les Jeux olympiques de Pékin (8 au 24 août) pour que les vieilles habitudes resurgissent.

Alors que toute la communauté sportive attend avec impatience les JO où les valeurs de l?olympisme règneront sur Pékin durant 17 jours, les dirigeants de notre pays, plus particulièrement ceux de la plus haute instance du sport à Maurice, réfléchissent à tous les moyens et explorent toutes les avenues pour être présents en Chine. D?autres plus chanceux, qui sont sûrs d?être de la fête, n?hésitent pas à contourner les règlements, quitte à basculer carrément dans l?absurdité, pour s?assurer que leurs protégés soient du voyage.

Ces dernières semaines, on aura tout vu. Absence de méritocratie, des athlètes qui choisissent leurs accompagnateurs qui sont des membres de leur famille, des dirigeants qui découragent d?autres pour faire de la place aux leurs et d?autres qui se battent pour pouvoir remplir les dernières places disponibles. Le CNOM ressemble, à la veille de cet événement planétaire, à la cour du roi Pétaud.

Il est bon de savoir que la délégation mauricienne qui se rendra à Pékin sera composée d?un plus grand nombre de dirigeants que d?athlètes, soit douze contre dix. Tout à fait absurde, diront probablement certains. Mais, pour certains messieurs qui tiennent les rênes du CNOM et qui se permettent même parfois de se prendre pour les propriétaires de cette instance, c?est tout à fait normal.

Et, pour ceux qui n?ont pas encore obtenu de ticket, le rêve olympique n?est pas encore brisé puisque le Chef de Mission nous annonçait la semaine dernière que le nombre de dirigeants pourrait être revu à la hausse grâce à la récente intégration de la cycliste Aurélie Halbwachs au sein de l?équipe mauricienne.

Il faut aussi tenir en compte ceux qui feront le déplacement, certes, à leurs propres frais, mais qui ont quand même eu le privilège d?obtenir une accréditation auprès du comité organisateur.

Enfin, il y a une autre catégorie de personnes qui fera le déplacement aux frais de l?Etat. Et, quelles seront les retombées de leur visite à Pékin ? Nous l?ignorons, valeur du jour.

Pour la petite histoire, sachez que c?est sous l?ère travailliste, en 2000, qu?un ministre des Sports, en l?occurrence Marie Claude Arouff-Parfait, accompagné du président du Mauritius Sports Council (MSC), Giandev Moteea, avait assisté pour la première fois, aux frais de l?Etat, aux JO. Depuis, c?est devenu une tradition chez nos politiciens.

Et dire que les décideurs politiques et sportifs osent faire appel aux dirigeants de fédérations pour qu?ils n?entrent pas dans l?histoire comme des pigeons voyageurs ! Nous ne pouvons nous empêcher de penser à ce fameux dicton : ?Faites ce que je dis, mais ne faites pas ce que je fais?.

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