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La cour autorise l?extradition d?Abdool Satar Hamuth

11 juillet 2008, 00:00

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Abdool Satar Hamuth a essuyé un revers hier en cour de district de Port-Louis. Le tribunal a accédé à la demande d?extradition formulée par les autorités britanniques. Le suspect est soupçonné, en Angleterre, de délit de faux (forgery) et d?escroquerie (deception). Le tribunal de Port-Louis, qui entretenait la demande d?extradition, a conclu qu?il y a suffisamment de matière de poursuite (sufficient evidence to support a prima facie case). La magistrate, Priscilla Veerabudren, a ordonné la détention du suspect en attendant son extradition. Celui-ci a été conduit au centre de détention de Moka.

Abdool Satar Hamuth a contesté par voie de Habeas Corpus l?ordre d?extradition émis contre lui. L?affaire sera entendue aujourd?hui en Cour suprême à 13 h 15. La juge Premila Balgobin, devant qui a été présentée la motion d?Habeas Corpus, a ordonné que le commissaire de police, l?Attorney General de même que le représentant du commissaire des prisons et du tribunal de Port-Louis se présentent en Cour suprême dans le cadre de la demande formulée par le suspect à travers son avoué Ally Rojubally.

Abdool Satar Hamuth, un ancien infirmier, dit avoir hérité des biens d?Allen Roberts après le décès de ce dernier. L?accusé s?occupait du défunt à la Castlebarn Nursing Home, une résidence pour personnes âgées, en Angleterre. Mais les proches du défunt ont sollicité la justice britannique, soupçonnant Abdool Satar Hamuth d?avoir falsifié la signature du vieil homme. Il lui est également reproché l?encaissement, à tort, de quatre chèques d?un montant total de 78 000 livres sterling (environ Rs 4,3 millions).

Un des fils d?Abdool Satar Hamuth, Shaffick, avance que le défunt Allen Roberts a offert à son père, ces quatre chèques en guise de présent alors qu?il allait prendre sa retraite. Selon le fils, Allen Roberts a fait de son père, son héritier après avoir soigneusement précisé qu?une bonne partie de ses biens soit utilisée pour la construction d?un hospice à Maurice, pays pour lequel le défunt aurait eu tant d?affection qu?il aurait souhaité «que ses cendres soient répandues dans nos eaux après sa mort».

<B>«Absence de preuves»</B>

L?avocat de Abdool Satar Hamuth, Me Yousuf Mohamed, a précisé que la valeur de l?héritage reçu par son client serait de 200 000 à 300 000 livres sterling (soit entre Rs 11 millions et Rs 16,5 millions), montant qui inclut un immeuble, qu?il dit avoir hérité en sus des chèques.

Dans son verdict, la magistrate Priscilla Veerabudren avance qu?aucune preuve n?a été présentée en faveur du suspect pour justifier le fait qu?il ne doit pas être extradé. La cour note qu?il est resté silencieux.

Dans sa pétition en Cour suprême, les points suivants sont évoqués pour la défense : l?absence de preuves admissibles en cour pour justifier son incarcération et que la personne ayant rédigé un rapport sur l?état de santé du défunt Allen Roberts n?était pas enregistrée auprès de l?ordre des médecins britanniques. Abdool Satar Hamuth explique également dans sa pétition qu?il ne sait pas pourquoi les autorités à initier une enquête sur ces biens quatre ans après les faits.

Il est d?avis qu?il ne va pas bénéficier d?un procès équitable en Angleterre vu que le nommé Allen Roberts est décédé. Et aucune déposition de celui-ci n?a été consignée de son vivant. Le suspect avance qu?il n?y a eu aucun rapport de la banque ayant émis les chèques en Angleterre, la Natwest Bank, faisant état de fraude ou de cas de faux. Le suspect déclare que la banque a honoré les chèques car ils étaient en règle.

Abdool Satar Hamuth conclut en demandant à la Cour suprême d?ordonner sa libération.

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