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La confrontation

4 décembre 2007, 00:00

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La confrontation

Au départ, ce n?était qu?une affaire d?un îlot dont le bail était octroyé à une compagnie privée. Ocean Blue Island Company avait pris la direction des opérations et avait décidé de faire payer l?accès à l?îlot. Dans un premier temps, un tarif allait être appliqué aux Mauriciens aussi bien qu?aux touristes. Devant le refus des propriétaires de catamarans d?effectuer un quelconque paiement, les promoteurs prennent l?initiative de faire uniquement les touristes payer Rs 115.

Ce n?est pas suffisant pour amener les plaisanciers à faire marche arrière. Obtenant le soutien des défenseurs de l?environnement et d?autres associations de même que celui de certains conseillers de village, ils maintiennent le boycott de l?îlot Gabriel et insistent pour que l?accès soit gratuit pour tout le monde, indistinctement. L?affaire est portée en cour. Ce n?est pas pour autant que les ardeurs se calment.

Au contraire, c?est une nouvelle guerre des nerfs qui s?engage sinon une confrontation armée. La semaine dernière, un opérateur de catamaran avait été agressé à Péreybère. Dans un premier temps, il met en cause ceux qui lui en veulent parce qu?il s?est exprimé pour que l?accès à l?îlot soit gratuit. Mais le traumatisme est vif. Et la victime, quelques jours plus tard, se rétracte.

Il n?est plus ainsi question de deux videurs de boîte de nuit qui auraient été envoyés par un homme d?affaires. Aujourd?hui, il affirme qu?il veut prendre du recul par rapport à toute cette affaire parce qu?il «ne veut plus vivre dans l?angoisse». D?autres personnes, engagées dans le même combat, n?hésitent pas à prendre la même voie. «C?est tragique. On a de la famille. Kapav gagne enlevman ladan», confie-t-on. On est loin aujourd?hui de la croisade que menait le Premier ministre pour justifier son choix concernant l?octroi du bail de l?îlot Gabriel. L?affaire ne se joue plus sur le terrain sectaire. Il ne s?agit plus de contester une décision du Premier ministre. C?est ce que laissent entendre des plaisanciers.

«Nous ne combattons pas le projet qu?Ocean Blue Island Company veut mettre en place. Nous nous battons seulement pour nos droits. L?accès à la plage est un droit universel. L?îlot Gabriel, c?est une carte postale de Maurice et c?est ce dont on prive les Mauriciens et les touristes. On dit, d?autre part, que les Mauriciens n?ont rien à payer mais, en même temps, on leur réclame leur passeport ou leur carte d?identité. Est-ce qu?on est toujours à Maurice?», s?interroge un propriétaire de catamaran.

«Aujourd?hui, ce que nous subissons, c?est un véritable crime. Les autorités ne réalisent pas la terreur dans laquelle nous vivons. Mafia pe fer so la loi», enchaîne un autre plaisancier.

La situation a empiré au point où certains opérateurs de catamarans ont fini par prendre des gardes du corps. Les propriétaires de catamarans prévoient d?ailleurs une réunion pour revoir bientôt toute la situation. «Si les policiers ne peuvent nous protéger, nous nous devons d?assurer notre protection en ayant recours à des gardes du corps. Aujourd?hui, notre message consiste à dire que si vous touchez à l?un d?entre nous, vous touchez tout le monde», justifie un plaisancier.

MODE OPERATOIRE

L?îlot Gabriel est très prisé par les Mauriciens autant que par les touristes. Les plaisanciers généralement embarquent leurs clients à Sunset Boulevard à Grand-Baie. Les catamarans passent du côté du Coin de Mire avant de jeter l?ancre entre l?île Plate et l?îlot Gabriel. Les clients déjeunent à bord des catamarans mais ils vont aussi sur la plage de l?îlot Gabriel. Le coût de l?excursion varie selon les opérateurs. Pour une sortie, il tourne autour de Rs 1 000.

DECISION DE LA COUR ATTENDUE

C?est avec une grande anxiété que les principaux protagonistes de l?affaire îlot Gabriel attendent une décision de la cour. Celle-ci devrait être rendue le 25 janvier 2008. Les propriétaires de catamarans opérant dans le Nord ont demandé d?annuler la décision des opérateurs privés de faire payer l?accès à l?île. Les opérateurs expliquent dans leur affidavit que leurs activités consistent à faire visiter l?île Plate, l?îlot Gabriel, l?île-aux-Serpents et l?île Ronde à leurs clients, touristes et Mauriciens. C?est le 30 mars 2007 que Jayraj Woochit reçoit du ministère de la Pêche une communication l?informant que le bail a été octroyé à sa société pour le développement d?un projet écotouriste étalé sur une période de sept ans. Deux semaines plus tard, l?accès à l?îlot est interdit à ceux qui refusent de s?acquitter d?un droit d?entrée. Débute dès lors l?affaire îlot Gabriel.

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