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?La communauté internationale est focalisée sur les pays les moins avancés?
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?La communauté internationale est focalisée sur les pays les moins avancés?
● <B>Maurice recherche de l?aide au développement. Que prévoit la BAD pour répondre à ce besoin ? </B>
Un des défis de la BAD est de pouvoir répondre aux besoins des pays à revenus moyens. Ces pays, parmi lesquels se trouve Maurice, empruntent très peu auprès des institutions multilatérales, dont la BM.
La BAD a vu ses prêts accordés aux pays à revenus moyens diminuer au fil des années. Ceux-là s?adressent aux marchés financiers internationaux qui sont plus compétitifs et qui exigent moins de conditionnalités que les agences multilatérales.
Mais plusieurs de ces pays recherchent des financements préférentiels de la BAD pour combattre le taux encore significatif de pauvreté qui y persiste et pour d?autres besoins sociaux.
Certains demandent aussi des soutiens sous conditions privilégiées pour faire face à la libéralisation du commerce mondial et la détérioration de leurs termes d?échange.
Malheureusement, il n?y a pas de consensus qui se soit dégagé jusqu?ici au niveau international concernant la demande des financements préférentiels aux pays à revenus moyens. La communauté internationale est focalisée sur les pays les moins avancés (PMA) ? ce qui est tout à fait compréhensible.
● <B>N?est-ce pas injuste de pénaliser les pays comme Maurice qui ont fait des efforts pour accéder à un niveau de développement supérieur ? </B>
La BAD a fait des efforts pour venir en aide aux pays comme Maurice. Elle a constitué un fonds fiduciaire en faveur des pays à revenus moyens afin de les aider dans la préparation des projets et dans les conseils techniques. Mais ces activités restent limitées.
Il faut que les pays comme Maurice s?organisent pour faire changer la structure de l?aide multilatérale au développement.
La BAD peut mieux s?engager avec ces Etats en offrant plus de services d?analyse économique et de conseils techniques ainsi qu?une panoplie plus diversifiée de produits financiers. La banque vient de développer un nouveau cadre pour le financement en monnaie locale, en sus du rand sud-africain. Maurice pourrait en être l?un des premiers bénéficiaires.
Nous allons aussi intensifier nos efforts en faveur du développement du secteur privé dans les pays à revenus moyens. La BAD a la volonté de prendre plus de risques calculés dans le financement du secteur privé.
● <B>Quels types de projets à Maurice pourraient intéresser la BAD ? </B>
Il y a d?abord les projets d?infrastructure. Il ne s?agit pas pour la BAD de concurrencer les banques commerciales, mais d?être un catalyseur là où elle peut aider à diminuer les risques. Elle peut aussi intervenir pour offrir des financements à très long terme ou pour des solutions aux petites et moyennes entreprises.
La BAD peut aussi prêter au gouvernement sous forme de support au budget pour appuyer les réformes structurelles en cours.
● <B>Que représentent ces réformes aux yeux de la BAD ? </B>
Il est clair pour la banque que Maurice est bien engagée dans un processus de réforme pour mieux intégrer l?économie mondiale.
Comme je l?ai déjà affirmé dans une interview il y a quelques années, Maurice est en train d?accomplir une révolution des réformes. Parmi celles-ci, il y a la réforme dans l?industrie sucrière et celle du secteur financier. Il y a aussi la réorganisation des institutions dans le secteur industriel et les réformes fiscales, dont l?introduction du medium term expenditure framework.
La BAD salue la continuité et la volonté dont ont fait preuve les différents gouvernements par rapport aux réformes.
● <B>Comment la BAD perçoit-elle la reprise économique de plusieurs pays africains ? </B>
L?Afrique passe par un moment crucial grâce aux réformes macroéconomiques entreprises dans beaucoup de pays africains. Il y a aussi la flambée des cours pétroliers et la hausse des prix de plusieurs autres matières premières, une croissance très satisfaisante dans plusieurs économies.
L?Afrique a connu une croissance de l?ordre de 5 % en moyenne durant ces trois dernières années. La progression économique atteindra presque 6 % l?année prochaine.
Plusieurs Etats africains ont enregistré des progrès en termes de bonne gouvernance et de renforcement des institutions.
Malgré ces réalisations, il y a peu de chance que les objectifs du millénaire puissent être atteints de manière satisfaisante en 2015. On sera encore loin de l?objectif de réduction de la pauvreté à 24 % en 2015. Le niveau de la pauvreté aura reculé de 48 % à 40 % seulement d?ici la date butoir.
Similairement, les progrès dans le domaine de la santé paraissent lents. La croissance doit passer à au moins 7 % par année pour que les objectifs du millénaire puissent être atteints.
● Que font les nations riches sur ce front pour améliorer le sort des Africains ?
La communauté internationale fait beaucoup d?efforts pour aider l?Afrique. Il y a la promesse du G8 pour doubler l?aide au développement au continent. Ces pays ont promis une aide additionnelle de $ 25 milliards jusqu?à 2010. Il y a aussi la décision d?annuler les dettes des pays moins avancés (PMA) par les institutions de développement multilatérales.
Ces initiatives devraient contribuer à élargir l?espace fiscal nécessaire pour une meilleure croissance.
● <B> L?aide à l?Afrique n?est pas nouvelle. Pourtant les choses n?ont pas beaucoup évolué? </B>
Il y a beaucoup de leçons à tirer. On réalise mieux aujourd?hui qu?un des problèmes fondamentaux du continent se situe dans sa géographie. L?Afrique est constituée de trop de petits Etats, donc de petits marchés. Il y a beaucoup de pays enclavés. Cela ne les rend pas très viables. D?où la nécessité d?une plus grande intégration régionale.
Beaucoup de ces pays ont des populations éparses, répandues sur de grands espaces. Ils ont de gros besoins en termes d?infrastructure physique, de transport et de communication.
Il est maintenant reconnu que le continent a besoin d?efforts soutenus pour renforcer ses infrastructures, son système de transport, sa distribution d?énergie, son dispositif d?eau potable et sanitaire.
Il faut aussi de nouvelles initiatives en faveur de l?intégration régionale. De plus, les investissements massifs requis pour le développement des infrastructures doivent se faire avec l?apport du secteur privé dans le cadre des partenariats privé-public.
L?Afrique peut sortir de son état sous-développé au moyen du développement des infrastructures, du secteur privé et de l?intégration régionale.
● <B>Quel est le rôle de la BAD pour aider à rattraper ce retard ? </B>
La BAD s?est engagée dans des réformes afin de pouvoir répondre précisément à ces besoins. Nous avons mis en place une unité dédiée au développement des infrastructures, du secteur privé et de l?intégration régionale.
La banque s?est aussi engagée dans un processus de décentralisation de ses services pour que celle-ci rehausse sa présence sur le terrain. Dorénavant, il y aura plus de bureaux de la BAD sur le continent pour mieux les servir les pays membre.
Les opérations et interventions de la banque seront ainsi mieux déployées selon les priorités identifiées dans les stratégies économiques des pays concernés. La BAD est en train de revoir le fonctionnement interne de la banque pour améliorer son efficacité face aux besoins des pays emprunteurs.
La BAD est une institution de développement multilatérale, tout comme la Banque mondiale, l?Asian Development Bank et l?Inter-American Development Bank. Nos activités s?insèrent dans une architecture globale de l?aide au développement.
Mais la BAD n?est qu?un acteur parmi plusieurs autres dans le domaine de l?aide au développement. Il y a deux fois plus d?aide bilatérale dirigée vers les pays africains que d?aide multilatérale. De plus, il y a aujourd?hui une prolifération de fonds verticaux et philanthropiques, tels les fonds globaux pour le sida. En conséquence, nous devrons faire preuve d?un certain discernement dans notre approche et dans nos interventions.
Propos recueillis par<B> A.R. </B>
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