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La Chine nomme un négociateur spécial pour les textiles et les conflits commerciaux

4 mai 2005, 00:00

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La Chine a nommé, dimanche 1er mai, un négociateur spécial pour gérer les plaintes internationales sur ses exportations de textiles et autres contentieux commerciaux. Gao Hucheng, vice-ministre du Commerce, a donc reçu le titre de négociateur commercial international et sera le représentant spécial de la Chine dans les grandes négociations commerciales.

Cette décision survient alors que les Etats-Unis et l?Union européenne avaient entamé officiellement, la semaine dernière, des procédures visant à limiter les importations de vêtements et tissus fabriqués en Chine, à la demande de leurs producteurs menacés par des arrivages massifs de textiles chinois, depuis la levée des quotas en janvier.

Le gouvernement américain avait également annoncé, vendredi 29 avril, avoir placé la Chine sur une liste noire spéciale des pays à surveiller en matière de contrefaçons. Washington s?inquiète aussi du manque de flexibilité du taux de change du yuan chinois par rapport au dollar. La nomination de Gao, un francophone de 54 ans, semble donc indiquer que le gouvernement chinois veut être mieux disposé à faire face aux pressions étrangères provoquées par les exportations du géant industriel.

La Chine a toutefois réaffirmé, la semaine dernière, son opposition de principe à d?éventuelles mesures de l?Union européenne et des Etats-Unis pour limiter les importations de textiles. Un haut responsable de l?industrie textile chinoise s?est également montré réservé sur les chances de succès des négociations.

?Les enquêtes lancées ont déjà pollué l?atmosphère, je ne pense donc pas que ces négociations aboutiront à un résultat idéal?, avait en effet déclaré, vendredi, le vice-président de la chambre de commerce du textile chinois, Cao Xinyu. Pour sa part, la Commission européenne voit dans la nomination par Pékin de ce négociateur spécial, le signe que la Chine est sérieusement disposée à négocier sur le dossier sensible de l?envolée des exportations textiles chinois vers l?UE, a estimé, lundi 2 mai, une source européenne.

?C?est une annonce intéressante?, indiquait-on dans l?entourage du commissaire européen, Peter Mandelson, après la désignation de Gao Hucheng. ?Nous voulons travailler de manière étroite avec Gao pour tenter de trouver une solution satisfaisante au problème des importations textiles dans l?UE?, a déclaré de son côté un porte-parole de la Commission européenne.

La nomination de Gao marque une inflexion sensible dans le discours officiel de Pékin, qui avait critiqué le lancement par la Commission d?une enquête sur les importations, depuis le 1er janvier 2005, de neuf catégories de produits textiles venus de Chine ? procédure pouvant conduire au déclenchement de clauses de sauvegarde permettant de contingenter les importations chinoises.

Pour le moment, ?nous n?avons pas défini de paramètres pour ces discussions, cela fera l?objet d?échanges dans les prochains jours?, a précisé la source européenne avant d?ajouter que ?personne n?a d?illusion sur le fait qu?il soit facile pour les Chinois d?entreprendre des démarches visant à éviter le déferlement de leurs exportations?.

Un petit nombre de gouvernements européens (France, Italie, Grèce et Espagne) ont d?ailleurs déjà demandé formellement à la Commission européenne d?adopter des mesures d?urgence permettant, conformément à la clause spéciale introduite dans les accords d?adhésion de la Chine à l?OMC en 2001, de plafonner temporairement les importations chinoises pour les produits visés.

Pour le moment, Mandelson s?est simplement engagé à accélérer les enquêtes, qui peuvent durer un maximum de soixante jours, en y mettant les moyens nécessaires. Pour Bruxelles, il s?agit de mesurer non seulement les variations dans les flux d?importation chinois mais surtout l?impact en terme de perturbation du marché. ?Nous travaillons sur l?ensemble des données et nous continuons à en recevoir?, précise l?entourage du commissaire.

DIVERSIFICATION

<B>Dans l?automobile aussi la Chine a de grandes ambitions</B>

■ Le Salon de Shanghaï, qui se revendique comme le troisième salon automobile du monde derrière ceux de Francfort et de Tokyo, n?a pas désempli depuis son ouverture, dimanche 24 avril. A côté des prototypes présentés par des dizaines de constructeurs chinois, les étrangers avaient fait le déplacement. Ils exposaient les modèles qu?ils fabriquent en Chine au sein de sociétés mixtes avec l?un des trois grands constructeurs d?Etat (FAW, Dongfeng Motor et Shanghai Automotive) et leurs véhicules importés, sans oublier les grands noms du luxe, comme Bentley et même, cette année, Lamborghini. Même si le consommateur chinois est tenu par la fièvre automobile, le marché fait du yo-yo : la croissance des ventes est passée de 70 % en 2003 à 15 % en 2004. Au premier trimestre, les ventes de véhicules passagers ont même baisé de 7 % par rapport à la même période en 2004, selon l?association des constructeurs automobiles chinois. L?arrivée de nouveaux constructeurs, les augmentations de capacités et le ralentissement brusque du marché ont conduit à une guerre des prix au point que l?acheteur chinois a pu économiser 18 %, selon une étude d?AC Nielsen.

A l?instar des autres constructeurs, tous pris au dépourvu par les caprices du marché chinois, la priorité est désormais chez PSA Peugeot Citroën de faire baisser les coûts de revient. Le groupe, qui vend la 307 en Chine depuis septembre 2004, aurait enregistré dans le cadre de sa coentreprise avec Dongfeng des pertes de 500 millions de yuans (50 millions d?euros en 2004). ?C?est en maximisant l?intégration locale avec les fournisseurs que se trouvent la dynamique et l?équilibre financier de l?entreprise, déclare Robert Peugeot, directeur innovation et qualité de PSA. Le développement des volumes fait que les équipementiers doivent aussi répercuter les baisses des prix, ce qui n?a pas encore été assez fait? , explique-t-il.Tout comme les constructeurs, les équipementiers n?ont pas revu leurs investissements à la baisse : le français Valeo a annoncé, le 22 avril, l?établissement de sa neuvième société mixte en Chine. Le groupe projette 1,3 milliard d?euros de ventes dans ce pays en 2010, contre 250 millions d?euros en 2004. ?Dans toutes les régions du monde, nous souhaitons que toutes nos activités soient présentes. D?ici à quelques années, Valeo sera présent en Chine sur tous les segments que nous développons dans le monde? , a déclaré à la presse Thierry Morin, le PDG de Valeo.

Les constructeurs étrangers devront en outre, à terme, prendre en compte l?émergence de fabricants chinois compétitifs. Shanghai Automotive Industrial Corp (SAIC), premier constructeur de voitures particulières du pays à travers ses filiales avec GM et Volkswagen, envisage de produire 50 000 véhicules sous sa propre marque d?ici à 2007. La société, qui n?a pu racheter Rover, a acquis en 2004 la technologie de son train de transmission, ainsi que les droits techniques de deux modèles. Elle a par ailleurs pris le contrôle du coréen SSangYong, une stratégie destinée à renforcer son autonomie vis-à-vis de ses partenaires étrangers. La firme a annoncé son ambition de faire partie des six premiers mondiaux de l?automobile d?ici à 2020. D?autres constructeurs chinois s?attaquent déjà aux marchés étrangers. ?Les constructeurs chinois sont aussi affectés par la baisse des prix en Chine et par le fait que les marques étrangères y soient plus populaires, explique Tianshu Xin, consultant pour l?automobile chez Global Insight. Ils vont chercher de plus en plus à s?exporter et il faut les prendre au sérieux. Ce qui a pris vingt-cinq ans aux constructeurs japonais, quinze ans aux constructeurs coréens, ira encore plus vite pour les voitures chinoises.?

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