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La Chine et son histoire

23 janvier 2005, 20:00

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Alors que plus d?un quart de la population mondiale vit en Asie orientale et que de la Chine nous viennent aujourd?hui les modèles culturels et économiques aussi importants qu?intéressants, il est temps pour nous de poser l?interrogation sur la connaissance que nous avons de ce pays, héritier de l?éthique taoïste, confucianiste et maoïste, qui a su dominer ses voisins et qui possède l?un des patrimoines artistiques et littéraires les plus riches et les plus brillants du monde.

Dans le cadre du Festival du printemps 2005, le Conseil municipal de Curepipe organise, avec la collaboration du Centre culturel chinois de Maurice, une exposition de photos sur la Chine et son histoire. Elle se tient jusqu?au jeudi 27 à la l?hôtel de ville de Curepipe.

Histoire de Chine, racontée par Steve Zhao, est une invitation aux Mauriciens à venir découvrir ce pays, géant du monde mo-derne, à travers une série d?images représentant son peuple et ses aspirations. Ce sont des images qui, brisant les obstacles qu?imposerait la langue, parlent d?elles-mêmes et permettent aux visiteurs de forger librement leurs propres opinions sur la culture chinoise, sans aucune influence idéologique.

L?exposition, faisant du peuple chinois le sujet principal, met au grand jour la vie quotidienne des gens appartenant à la haute société, comme les grands artistes, aussi bien que les gens ordinaires. L?objectif est certes de donner l?image la plus authentique de ce peuple trop méconnu jusqu?ici. C?est aussi la seule manière de dévoiler au monde entier le vrai visage de la Chine. Car la civilisation chinoise trouve sa vraie valeur non pas dans ses cités avec leurs gratte-ciel, mais dans les hommes qu?elle a formés et leurs attitudes.

Le public aura l?occasion de découvrir différentes choses représentant la diversité culturelle de ce pays à travers une série de différentes photos, comme celles montrant l?opéra de Pékin, les différentes danses folkloriques exécutées par des danseurs professionnels aux divers costumes traditionnels, ou encore des scènes prises lors des démonstrations des arts martiaux dans lesquels excellent exclusivement les Chinois.

En somme, l?Histoire de Chine, racontée par Steve Zhao n?a, dans l?absolu, qu?un seul objectif : celui de vous faire découvrir et aimer la Chine. Les différentes photos seront visibles à l?hôtel de ville de Curepipe jusqu?au 27 janvier, de 10 heures à 17 heures.

<B>La révolution culturelle chinoise</B>

■ La révolution culturelle semble faire partie du patrimoine du vieil empire chinois. La première remonte à 1915. La campagne contre le confucianisme est annoncée et cela va durer jusqu?au mouvement du 4 mai 1919, date à laquelle des milliers d?étudiants descendront dans les rues de Pékin pour protester contre les accords du traité de Versailles, jugés plutôt favorable au Japon. La Chine ne signera pas ce traité. Le mouvement des étudiants connaît alors un grand succès et des jeunes iconoclastes se débarrassent du vieux manteau de l?ordre confucéen.

L?après 1919 est placé sous le signe de l?organisation politique. On assiste à la fondation du parti communiste chinois et de son alliance avec le parti nationaliste. A partir de 1922, le parti communiste choisit de s?allier avec le Kouo-min-tang qui sera réorganisé sur le model soviétique. En attendant, la Chine, gagnée de plus en plus par la misère, connaît alors un grand désordre économique, politique et social. Pékin est sous la guerre civile, tandis que Canton devient une véritable base militaire.

Li Ta-tchao, à qui l?on doit la découverte de la révolution d?octobre et qui dirige la bibliothèque de l?université de Pékin, a sous ses ordres un aide nommé Mao Tsé-toung. Ce dernier est élu président de la République des soviets chinois en 1931 alors que la Chine est sous la menace japonaise. Mais il faut attendre 1935 pour que Mao succède à la tête du parti communiste. En attendant, et depuis octobre 1934, les communistes sont bien engagés dans la voie de la Longue Marche et le public commence à voir dans l?avènement de la République populaire de Chine la fin de leurs maux. Mao, incarnant la figure du restaurateur de l?unité, annonce l?ère de la ?nouvelle démocratie?.

Des nouvelles lois sont adoptées pour renverser l?ancien ordre de la Chine nationaliste : les enfants ne sont plus à vendre, les mariages ?arrangés? sont interdits, la mutilation est proscrite et les femmes ont le droit au divorce. La bureaucratie, le subjectivisme et le dogmatisme sont bannis, alors que la critique est accueillie avec considération. Plusieurs opposants au régime perdront leur poste et se verront contraints d?aller à la campagne.

Malheureusement, les calamités naturelles, de 1959 à 1962, freinent le grand bond en avant. La situation économique se détériore et la lassitude gagne les masses, épuisées par des efforts parfois inutiles. Le début des années soixante verra la mise en place d?une nouvelle politique, plus modérée et moins ?volontariste?. La croissance reprend, mais des opposants au régime de Mao se font de plus en plus entendre.

C?est le 25 mai 1966 que la révolution culturelle entre concrètement dans le domaine du public. Une jeune femme, professeur de philosophie, accusant le directeur de l?université de Pékin d?étouffer le développement de la révolution culturelle, va placarder le premier journal à grands caractères sur le mur de l?université. Le 1er juin, Mao, prenant connaissance de ce journal mural, déclare que c?est ?le premier coup de canon de la révolution culturelle?. Le 16 juillet, pour montrer qu?il se met à la tête de la révolution culturelle, Mao traverse à la nage le Yang-tseu.

Le deuxième moment de la révolution culturelle a lieu dans le désordre. La période est placée sous le signe des affrontements entre partisans de la révolution et ceux du révisionnisme. En 1967, la confusion est à son comble. Une nouvelle vague de critique déferle sur toute la Chine. C?est alors que l?armée entre en jeu et retrouve son rôle unificateur. A la fin de 1968, une grande réforme pédagogique est mise en application. Le prolétariat a retrouvé sa priorité méritée. Depuis, la nécessité de la lutte des classes figure en bonne place et la révolution culturelle est toujours proclamée pour résoudre les diverses contradictions?

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