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La carte d?identité électronique prévue pour l?année prochaine

18 août 2004, 20:00

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Confortablement installé derrière son écran d?ordinateur, Yukka, agent immobilier finlandais, règle ses factures, effectue ses achats, enregistre ses ventes d?immobilier et envoie sa feuille d?impôt. Sa carte électronique d?identité, parfaitement sécurisée, le lui permet. Elle lui sert également de carte d?identité et même de passeport pour voyager dans une dizaine de pays européens. Lors d?un contrôle routier, il s?en sert comme permis de conduire.

Utopie ? Non, réalité ! En Finlande, la carte électronique d?identité est devenue une formalité. A Maurice, cette carte à puce est prévue pour l?année prochaine, mais servira dans un premier temps à échanger des documents administratifs (acte de naissance, feuille d?impôt ?) avec les services gouvernementaux.

Il s?agit donc d?abord de faire venir l?administration vers le citoyen et non plus le citoyen vers l?administration. Ces services seront accessibles à travers le portail E-government, pour la conception duquel un appel d?offres a été lancé il y a quelques semaines. Le citoyen pourra, à partir de ce site, gérer ses dossiers.

Signature numérique inimitable

Mais l?essentiel reste à venir. Le projet exigeant des normes de sécurité et de confiance très élevées, la Public Key Infrastructure (PKI), véritable pièce maîtresse, entre en jeu. La PKI est une infrastructure d?authentification numérique qui garantit la reconnaissance de la personne et la haute confidentialité des échanges. Celui qui le souhaite aura son identité et sa signature numériques. Celles-ci seront inimitables. Les utilisateurs auront ainsi un moyen sécurisé d?accéder aux services que doit apporter l?administration électronique.

?Pour les transactions réelles, il y a des garde-fous au niveau légal et autre. Nous voulons transposer cela au Cyberworld?, explique Trilok Dabeesing, Information Technology Manager de l?Information & Communication Technologies Authority (ICTA).

Au niveau légal, les paramètres sont là. L?Electronic Transaction Act, qui prévoit la signature numérique, a été voté en 2000. Cette signature empêche toute maldonne ou usurpation d?identité et est contenue dans la carte électronique d?identité.

La mise en place de l?infrastructure posait problème, notamment à cause de son coût. Aujourd?hui, les solutions sont là et le système est défini. Pour pouvoir réduire les coûts, le projet sera réalisé en partenariat avec le secteur privé. Au total, cela devrait coûter Rs 15 millions au lieu de Rs 90 millions à l?Etat et environ Rs 7 millions par an pour la gestion du système. L?appel d?offres pour la mise sur pied de la PKI a été lancé la semaine dernière. Selon l?agenda, le système devrait être opérationnel vers début 2005.

L?ICTA, chargée de superviser la mise en place, agira comme Root Certification Authority et sera l?instance suprême. Elle interviendra exceptionnellement, en cas de litige. Sous elle, il y aura la Certification Authority. ?Ce sera le notaire. C?est elle qui certifiera les transactions et que tout se déroule selon la loi?, souligne Trilok Dabeesing. Les deux instances agiront derrière les rideaux.

Pour obtenir sa carte d?identité électronique, l?usager devra se rendre à la Registration Authority (l?ICTA en prévoit deux : une pour le public et l?autre pour le privé). Les décideurs souhaitent, en outre, que ces cartes soient remises gratuitement.

Dans un second temps, les responsables du projet souhaitent séduire le secteur bancaire. ?Ils ont tout à gagner. C?est tout à leur avantage?, affirme une source gouvernementale. Si les banques collaborent, la carte permettrait aussi d?effectuer des transactions bancaires. Faut-il encore qu?elles soient d?accord pour partager une unique carte avec leurs concurrents. Pour ce faire, une grande campagne d?information, qui touchera à la fois le privé et le grand public, est en gestation.

En ce qui concerne l?e-commerce, en particulier les achats et ventes en ligne, la PKI agira comme élément de sûreté et de confiance. ?Aujourd?hui, les Mauriciens sont encore assez sceptiques par rapport à ce genre de transactions. Nous sommes d?avis que la PKI pourra faire décoller ce secteur ?, indique-t-on au niveau du National Computer Board.

Avec la PKI, les transactions ne se limiteront pas à Maurice. L?ICTA, une entité gouvernementale, étant le garant, cela augmentera l?indice de confiance auprès d?acheteurs ou partenaires étrangers.

Plusieurs pays travaillent sur des projets similaires. Une poignée d?entre eux, dont la Finlande, ont une PKI déjà pleinement opérationnel. L?Inde est également arrivée à un stade relativement avancé. D?autres, comme la France, annoncent pour 2006 l?apparition de la carte électronique.

Maurice bénéficie d?un avantage : la petitesse du marché. La mise en place n?exige pas un énorme investissement. De plus, il est relativement aisé de familiariser le grand public avec la technologie. La vulgarisation du concept est d?ailleurs un des problèmes majeurs des pays industrialisés. Changer les habitudes peut se révéler bien difficile.

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