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La British American Tobacco doit-elle octroyer des bourses ?

23 août 2003, 20:00

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OUI

Naushad Ramoly, responsable de la communication de la BAT

> La British American Tobacco peut-elle octroyer des bourses à des étudiants nécessiteux ?

Comme cela a été affirmé mardi au Parlement, il n?y a rien d?illégal à cela. Légalement, rien ne nous empêche de faire de la corporate social responsibility. En aidant des jeunes étudiants, l?objectif de la British American Tobacco n?est pas de faire de la promotion commerciale. D?ailleurs, à aucun moment, aucune mention n?est faite à nos marques?

> Expliquez la politique de « responsabilité sociale » de la British American Tobacco ?

La British American Tobacco croit qu?il n?y a pas de contradiction entre la responsabilité sociale et le fait de fabriquer des cigarettes. Des millions de gens ont décidé de fumer à travers le monde, et rien n?indique que fermer l?industrie du tabac va faire disparaître ces fumeurs. Nous estimons aussi que commercialiser des cigarettes requiert une responsabilité additionnelle vis-à-vis de la société. Il ne faut pas vendre de cigarettes aux mineurs et informer le public sur les risques du tabagisme. C?est dans cet état d?esprit que nous avons un dialogue permanent avec nos stakeholders.

> Que répondez-vous à vos détracteurs ?

Nous invitons tout le monde, surtout nos détracteurs, à participer au Social Reporting que nous avons mis en place. Il consiste à écouter et à répondre aux attentes de nos stakeholders. Jusqu?ici le consensus a été de continuer et de diversifier nos ?uvres de bienfaisance. D?ailleurs l?Undergraduate Scholarship Scheme a été très apprécié par la majorité, à une exception près. Elle n?a pas cerné l?importance d?un dialogue franc pour apporter des solutions aux inquiétudes.

> Continuerez-vous vos ?uvres de bienfaisance ?

Notre Scholarship Scheme concerne les étudiants brillants issus des milieux défavorisés. Il est injuste et tendancieux de dire qu?ils sont manipulés. Nous continuerons notre approche de responsabilité sociale, dans la stricte légalité, comme cela a été le cas pendant les 75 ans que la British American Tobacco est présente à Maurice.

NON

Véronique Leclézio, militante antitabac

> Pourquoi la British American Tobacco ne devrait-elle pas octroyer des bourses d?études aux étudiants nécessiteux ?

Je souligne que dans le Public Health Act de Maurice, on a clairement fait mention que toute forme de parrainage de l?industrie du tabac est interdite.

> Croyez-vous à la politique de « responsabilité sociale » que prône la British American Tobacco ?

La British American Tobacco ne porte qu?une seule responsabilité : celle de fabriquer et de commercialiser un produit qui tue un consommateur de cigarettes sur deux à long terme. Des poursuites judiciaires sont intentées à l?industrie du tabac dans plusieurs pays, notamment aux États-Unis.

> Que dire aux étudiants qui se disent reconnaissants envers la British American Tobacco ?

Il faudrait que ces étudiants prennent conscience qu?ils ont été achetés par et pour la manipulation, pour servir de caution à une industrie qui tue. Ils deviennent sans le savoir les jeunes ambassadeurs de l?épidémie du tabagisme, dont la croissance concerne principalement les jeunes. En effet, il faut savoir que 90 % des fumeurs ont commencé à fumer avant l?âge de vingt ans. C?est un constat alarmant.

> Comment auriez-vous souhaité que la British American Tobacco fonctionne ?

Qu?elle dise la vérité telle qu?elle est : la cigarette est une véritable drogue qui rend malade et qui tue. De plus, la fumée de cigarette pollue l?air et rend malade l?entourage du fumeur également. C?est ce que l?on appelle le tabagisme passif.

> Doit-elle carrément fermer ses portes et s?en aller de Maurice ?

Le gouvernement mauricien perçoit 1,7 milliard de roupies par an de l?industrie du tabac et en perd le double en termes de soins et de sécurité sociale pour les maladies et les morts provoquées par le tabac. Qui sort gagnant de la présence de l?industrie du tabac à Maurice ?

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