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La Bourse veut s?internationaliser avec la cotation des fonds d?investissement étrangers
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La Bourse veut s?internationaliser avec la cotation des fonds d?investissement étrangers
La Bourse de Maurice envisage de développer un marché spécialisé pour la cotation des fonds d?investissement offshore à Maurice.
Une étude de l?International Securities Services, financée par First Initiative, un organe de la Banque mondiale, a déjà confirmé le potentiel pour développer l?industrie des fonds d?investissement à Maurice. C?est sur la base de cette étude que la Stock Exchange of Mauritius (SEM) se lance dans les étapes préliminaires visant à concrétiser ce projet.
Le rapport, rédigé par le consultant Gerry Ritchie, dresse la marche à suivre pour créer un marché pour la cotation des fonds d?investissement offshore et de produits internationaux. Il a déjà été approuvé par le conseil d?administration de la SEM et a été bien accueilli au niveau du ministère de l?Industrie et des Services financiers. En fait, certains trouvent même que le projet aurait dû avoir été concrétisé depuis longtemps déjà.
Dans un premier temps, la SEM souhaite s?inspirer des autres marchés financiers, qui sont les leaders dans l?industrie des fonds d?investissement. A cet effet, une tournée d?information est prévue en Europe du 3 au 10 juillet prochain. Feront partie de la délégation le Chief Executive de la SEM, Sunil Benimadhu, son Legal Manager, Shalini Gokhool, de même que Sharda Dindoyal, conseillère au ministère de l?Industrie et des Services financiers, et le Registrar of Companies Prabha Chinien.
L?idée de développer un marché spécialisé pour les fonds d?investissement étrangers et les produits internationaux s?appuie sur une logique qui semble se justifier. Depuis sa création, il y a 15 ans, la Bourse de Port-Louis s?est en effet surtout concentrée sur le développement du marché local des capitaux. Entre-temps, le pays s?est rapidement développé en un centre financier international, grâce notamment à l?expansion du secteur offshore.
Ambitions internationales
En une décennie, ce secteur a connu une croissance soutenue. On compte aujourd?hui 22 947 global business companies et quelque 215 fonds d?investissements gérant des capitaux s?élevant à US$ 6,9 milliards et 80 compagnies de gestion de fonds d?investissement.
Parallèlement à ces développements, la SEM ambitionne de s?ouvrir à la région et au reste du monde, comme le témoigne son adhésion aux initiatives régionales au niveau africain et asiatique. De plus, on a assisté au cours de ces dernières années à l?émergence de marchés financiers différenciés au niveau international. Cette tendance a créé des marchés spécialisés pour les sociétés engagées dans les technologies de l?information ou dans la biotechnologie, par exemple.
La segmentation du marché des capitaux, par rapport aux types d?investisseurs visés, a résulté en la création de marchés spécialisés pour les fonds d?investissement, ciblant plus particulièrement les investisseurs sophistiqués, notamment institutionnels. Des centres financiers, tels que les îles Cayman, les Channel Islands et le territoire fédéral malais de Labuan, ont émergé grâce à ce créneau.
Dans ce contexte général, la création d?un marché boursier spécialisé pour les produits internationaux représente une opportunité pour la Bourse de Port-Louis d?accroître la gamme de ses produits et de ses services. Elle permet également au pays d?ajouter un nouveau produit dans la palette des services financiers offerts.
Pour les professionnels des marchés financiers, il existe de nombreuses raisons pour lesquelles un fonds d?investissement étranger voudrait se faire coter à la Bourse de Maurice. Les produits d?investissement internationaux, qui se définissent comme des produits s?adressant aux investisseurs institutionnels internationaux et aux grosses fortunes, ont tendance à rechercher une cotation de convenance.
Contrairement aux autres valeurs cotées en Bourse, les produits internationaux ne cherchent pas à lever des fonds et n?ont pas besoin des facilités d?échanges et de paiement du marché. Ils recherchent une cotation surtout pour rassurer les investisseurs potentiels et accroître leur visibilité. Un investisseur est ainsi plus rassuré lorsqu?il sait qu?un fond d?investissement est coté en Bourse et, par conséquent, surveillé par un régulateur.
Il y a déjà eu, par le passé, des fonds d?investissements cotés à la Bourse de Port-Louis, tel que Lazard Birla. Boyer Alan India Fund est actuellement coté sur le marché hors cote.
Retombées bénéfiques
Avec le rehaussement de l?encadrement du secteur des services financiers, une cotation à la Bourse de Port-Louis peut inspirer confiance. De plus, le gouvernement envisage de faire voter le Securities Bill prochainement, qui fera provision pour les fonds communs de placement.
?Actuellement, les fonds d?investissement sont régis par la Financial Services Commission. Toutefois, il n?y a pas jusqu?ici une loi spécifique pour de tels instruments. Cette lacune sera comblée et on réunira ainsi les conditions pour l?émergence d?une industrie des fonds d?investissements?, commente un responsable. La loi fera aussi provision pour la création de nouveaux outils financiers, tels que les ?hedge fund? et les ?venture capital equity fund?.
Pour Maurice, la cotation de fonds d?investissement étranger augmentera la visibilité du centre financier local. La Bourse et le pays en général seront réellement perçus comme des centres financiers internationaux.
?Si nous arrivons à attirer des fonds connus, tels que ceux de Morgan Stanley par exemple, les retombées pour le centre financier ne peuvent qu?être bénéfiques. Cela aurait le même effet que de dire qu?Infosys est dans notre cybercité?, explique un responsable de la Bourse.
Les spécialistes font ressortir que Maurice a une belle carte à jouer pour coter les fonds offshore. La majorité des 215 fonds enregistrés dans la juridiction locale sont cotés à Dublin ou au Luxembourg. Les Bermudes et les Bahamas sont aussi bien implantés dans ce créneau.
Dans ses recommandations, le consultant Gerry Ritchie préconise l?élaboration de listing rules différentes pour les fonds d?investissement offshore. Ces derniers ne peuvent effectivement être soumis aux mêmes exigences de transparence que les autres valeurs boursières.
Sur ce chapitre, le rapport recommande que la SEM consulte les professionnels de l?offshore pour élaborer des listing rules distinctes pour les fonds offshore. Il préconise également que la SEM utilise le réseau des Offshore Management Companies pour vendre et promouvoir la cotation des fonds étrangers à la Bourse.
Dans cette optique, le rapport aborde l?aspect critique des tarifs, qui doivent être internationalement compétitifs pour attirer les fonds d?investissement en Bourse. Il s?agit aussi pour la SEM d?offrir un service user-friendly pour la cotation rapide des fonds étrangers.
Le rapport du consultant préconise que la SEM commence d?abord à coter les fonds d?investissement afin de se faire connaître sur le plan international. Elle pourra ensuite se tourner vers d?autres produits internationaux plus sophistiqués, destinés aux investisseurs plus spécialisés.
Les compagnies internationales, et celles enregistrées dans l?offshore mauricien, pourraient être cotées. Actuellement, deux compagnies internationales, Num TV Ltd et ESOFTCOM (Mauritius) Ltd, sont cotées sur le marché hors cote.
Le développement d?un marché boursier pour les compagnies internationales nécessite une masse critique de compagnies cotées. Il faudrait exempter les entreprises étrangères de la nécessité de publier un prospectus et minimiser les aspects légaux concernant l?achat et l?échange de valeurs étrangères.
<I>Les ?Offshore Management Companies?, dont bon nombre s?abritent au Barkly Wharf du Caudan, seront mises à contribution pour promouvoir la cotation en Bourse des fonds d?investissement internationaux.</I>
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