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La Banque de Maurice intervient pour calmer l?appréciation de la roupie
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La Banque de Maurice intervient pour calmer l?appréciation de la roupie
La roupie mauricienne est en forte hausse. La Banque de Maurice a dû intervenir sur le marché en ce début d?année pour absorber ce qu?elle juge être un excès de dollars dans le circuit monétaire. Elle a racheté des billets verts pour une valeur de $ 7 millions, environ (Rs 203 millions), en vue d?apporter un certain équilibre entre l?offre et la demande de devises dans le circuit.
Des observateurs estiment que d?autres incursions de ce genre sont imminentes afin de freiner le mouvement de la roupie qui risque de faire mal aux industries d?exportation. Car la roupie mauricienne s?apprécie contre tous les principaux poids lourds. Entre début novembre 2007 à ce jour, la monnaie locale (selon le cours vendeur indicatif de la Banque de Maurice) a gagné Rs 1,90 sur le dollar (Rs 30,9 à Rs 29), Rs 6,80 sur la livre sterling (Rs 63,93 à Rs 57,13) et Rs 1,94 sur l?euro (Rs 44,64 à 42,71).
«Une roupie forte a des repercussions négatives sur les exports. En même temps, elle risque d?encourager des importations au détriment des industries locales», avance Feroz Dahoo, Chief Exexutive Officer (CEO) de Thomas Cook (Mauritius).
«Je prévois d?autres interventions de la Banque centrale pour absorber les excès de liquidités sur le marché de change. Elle-ci essayera de maintenir un taux de change qui puisse satisfaire les exportateurs également», indique un opérateur de change.
Plusieurs facteurs locaux et internationaux expliquent cette conjoncture monétaire. Sur le plan local, les fondamentaux macroéconomiques sont en train de refléter positivement sur la valeur de la monnaie. «Les indicateurs de l?économie s?améliorent. Il y a beaucoup d?entrée de devises étrangères dans le pays grâce, notamment, au tourisme et à l?investissement étranger. 2007 a enregistré plus de Rs 10 milliards d?investissements directs étrangers. D?autre part, le pays a reçu plus de 900 000 de touristes l?année dernière. Un taux de croissance de 5,6 % met les investisseurs en confiance», constate Swadicq Nuthay, Senior Fund Manager chez ACMS Fund Management. Le pays a aussi généré plus de recettes d?exportation en 2007 que durant les années précédentes.
Si le marché de change est bien alimenté, il y a moins de demandes pour les devises. «Les importateurs ne passent pas de commandes pour les grands achats en ce moment. La pression sur la demande est derrière nous», affirme un cambiste.
Les fonds européens sous forme de mesures d?accompagnement pour le sucre jouent aussi en faveur de la force de la roupie. Des nouvelles arrivées massives d?euros dans le circuit sont à prévoir. «Des gros opérateurs qui génèrent des recettes en euros ont anticipé ces rentrées d?argent et ont pris des dispositions pour optimiser leurs gains sur le taux de change. Ils ont estimé que la venue des fonds européens sur le marché va faire chuter la valeur de l?euro face à la roupie. Ils ont ainsi échangé leurs euros contre des roupies avant même que l?enveloppe financière n?arrive», explique un analyste.
La faiblesse du dollar sur le plan international aide, par ailleurs à raffermir la force de la roupie. «Puisque le dollar sert d?anchor currency pour la roupie, celle-ci a tendance à s?apprécier face aux autres monnaies également en cas de chute du billet vert», souligne Swadicq Nuthay.
«Je prévois d?autres interventions de la Banque centrale pour absorber les excès de liquidités sur le marché de change. Elle essayera de maintenir un taux de change qui puisse satisfaire les exportateurs également.»
Le dollar souffre des craintes de récession aux Etats-Unis dans le sillage de la crise financière des crédits immobiliers à risque (sub prime mortgage). Les autres majors ne sont pas épargnés non plus. «Les investisseurs prévoient une baisse du taux d?intérêt en Grande-Bretagne. Du coup, ils sont moins intéréssés à investir dans la livre sterling», observe Vassan Caleemootoo du département Treasury & Capital Markets à la HSBC Mauritius.
La monnaie mauricienne profite d?un différentiel favorable en termes de taux d?intérêt. «Les bons du Trésor attirent beaucoup de capitaux étrangers. Ils offrent des taux très attrayants», fait remarquer Feroz Dahoo.
La Bourse de Maurice continue d?autre part à intéresser les fonds d?investissement étrangers qui cherchent refuge dans les marchés émergents compte tenu des instabilités sur les grandes places financières en ce moment. Le montant des investissements étrangers nets à la Bourse en 2007 s?élève à Rs 1,5 milliard.
Les consommateurs ont-ils profité de l?appréciation généralisée de la roupie face aux monnaies fortes ? Une roupie forte résiste à l?inflation importée et les produits importés devraient coûter moins cher. «Les importateurs prennent toute la marge et réalisent des gains énormes sur le mouvement du taux de change. Ils ne passent pratiquement rien aux détaillants et éventuellement aux consommateurs», s?insurge un opérateur.
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