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La Banque centrale refuse qu?on touche à la roupie

20 août 2004, 20:00

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La Banque de Maurice veut faire taire les spéculations autour de la roupie. Il est hors de question que le Banque centrale procède à dépréciation de la monnaie afin de pallier les difficultés auxquelles font face le sucre et le textile-habillement sur les marchés d?exportation. Le gouverneur de la Banque, Ramesh Basant Roi, en a fait état hier, et ce en présence du vice-Premier ministre et ministre des Finances, Pravind Jugnauth. Il intervenait lors de l?inauguration d?une nouvelle antenne de l?Indian Ocean International Bank (IOIB).

Ramesh Basant Roi se voulait très explicite. «Les problèmes de la zone franche sont principalement liés au management et au marché. Les problèmes émergeant de l?industrie sucrière le sont aussi. Les difficultés ne trouvent pas leur origine dans le taux de change de la roupie», fait-il ressortir.

Les observateurs spéculent sur la dépréciation continue de la roupie dans le sillage des difficultés économiques de l?heure. Une roupie faible donnerait un ballon d?oxygène aux exportateurs de la zone franche en particulier. Même dans les milieux gouvernementaux, cette tentation serait grande. L?opposition met déjà le gouvernement en garde contre d?éventuelles pressions des opérateurs en ce sens.

Or, la Banque centrale, à qui incombe la responsabilité de mener à bien la politique monétaire, ne voit pas la problématique du même point de vue. Elle dit avoir déjà suffisamment aidé la zone franche grâce aux baisses successives de taux d?intérêt pour un allègement du fardeau financier des entreprises. «Il y a des limites à ce que la politique monétaire peut faire», précise très clairement le patron de la Banque centrale.

INTÉGRITÉ DES BANQUIERS

Les autorités monétaires craignent, en effet, que les possibles actions spéculatives sur la roupie n?accentuent davantage la chute de la monnaie locale.

Outre les taux de change, la solidité des banques et l?intégrité des banquiers étaient également au menu des discours hier à Goodlands. Le gouverneur a insisté sur le fait que ceux qui sont à la tête des institutions bancaires ont la responsabilité première de veiller aux intérêts des déposants et des actionnaires des banques. Il faisait référence aux comportements douteux de certains directeurs de banques récemment.

Par ailleurs, il a également plaidé en faveur d?une gestion des risques plus saine de la part des banquiers, tout en invitant les membres du public à ne pas s?endetter au-delà de leurs capacités financières.

Les risques des banques et l?éthique dans les opérations bancaires étaient également évoqués par le grand argentier Pravind Jugnauth. Il a réitéré la décision du gouvernement de procéder à la nomination d?une ombudsperson qui aura pour tâche d?entendre les doléances du public contre les agences bancaires.

Le vice-Premier ministre a mis l?accent sur la volonté du gouvernement d?introduire plus de compétition dans le marché bancaire. Il avance que le prochain Banking Bill en tiendra compte.

Par ailleurs, il a évoqué l?utilisation grandissante des technologies de l?information pour distribuer les services bancaires à la clientèle.

L?IOIB, une banque qui a connu des déboires récemment, veut refaire son image dans le public. Elle veut maintenant jouer le jeu de la transparence et de l?intégrité en adoptant les pratiques éprouvées de sécurité et de bonne gouvernance.

Mais l?agence dont le business repose principalement sur les particuliers et les petites et moyennes entreprises (PME) veut exploiter pleinement d?autres opportunités de croissance. «Nous voulons acquérir une plus large part du marché à Maurice mais aussi dans la région. Nous avons développé un réseau international avec la collaboration des correspondent banks afin de répondre aux exigences de la globalisation et du commerce international», affirme le président de la banque, Para Valaydon. ■

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