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L’OMC ouvre une double enquête sur les aides à Airbus et Boeing

22 juillet 2005, 00:00

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L’Organisation mondiale du commerce (OMC) a officiellement ouvert ses enquêtes sur l’octroi d’aides publiques soupçonnées d’être illégales aux deux géants de l’aviation Airbus et Boeing, ce qui pourrait déboucher sur la bataille commerciale la plus importante de l’histoire.Tant Washington que Bruxelles ont réaffirmé qu’ils étaient disposés à négocier un accord. L’OMC a constitué des commissions d’enquête chargées de faire toute la lumière sur les griefs formulés par Bruxelles et Washington, qui s’accusent mutuellement d’avoir versé des milliards de dollars aux deux principaux constructeurs aéronautiques du monde, au mépris des règles commerciales internationales.

“Les deux commissions ont été établies”, a déclaré un porte-parole.Le différend entre les deux constructeurs risque de peser sur les relations transatlantiques, malgré les déclarations rassurantes formulées à cet égard tant à Washington qu’à Bruxelles. “Nous continuons à préférer une solution négociée et sommes prêts à négocier en parallèle avec notre procédure auprès de l’OMC”, a déclaré Rich Mills, porte-parole du représentant américain au Commerce.

A Bruxelles, la porte-parole de l’UE chargée du commerce, Claude Veron-Reville, ne dit pas autre chose : “Nous ne sommes pas en train de négocier, mais bien sûr les réseaux de communication restent ouverts”. L’ouverture d’une double enquête ne faisait aucun doute, chacune des deux parties l’ayant réclamée à deux reprises. Washington avait ouvert les hostilités en octobre dernier en soumettant le dossier à l’OMC, et Bruxelles avait aussitôt riposté par une démarche identique.

Les deux parties étaient alors convenues de suspendre leurs requêtes dans l’espoir de trouver une solution négociée. Mais aucun accord n’étant intervenu, les Etats-Unis ont à nouveau saisi l’OMC, et l’Union européenne en a fait autant.Les deux parties se déclarent toutefois toujours prêtes à de nouvelles négociations.

“Rien ne nous empêche de parler (aux Américains) jusqu’au dernier jour de la procédure, qui peut être longue”, a déclaré lundi à Bruxelles Christine Lagarde, ministre française déléguée au Commerce extérieur.

Compte tenu des recours en appel, un verdict définitif paraît improbable avant la fin de l’année prochaine, estime-t-on dans les milieux du commerce international.

Le différend a été relancé par le projet de lancement par Airbus d’un nouvel avion régional concurrençant le Boeing 787, pour lequel Airbus souhaite obtenir un soutien financier de la France, de l’Allemagne, de l’Espagne et de la Grande-Bretagne.Les Etats-Unis affirment qu’Airbus, qui a ravi en 2003 la place de premier constructeur aéronautique mondial à Boeing, a déjà reçu des aides de plusieurs milliards de dollars, dont 6,7 milliards de dollars pour son gros porteur A380.

Mais de son côté, Bruxelles accuse Boeing d’avoir bénéficié d’aides encore plus importantes, sous la forme de subventions accordées par l’Etat américain de Washington pour y maintenir ses usines et de gros contrats militaires fédéraux. Si l’une des deux parties est déclarée coupable, l’autre pourrait obtenir le droit d’imposer des sanctions très supérieures au montant record enregistré à ce jour : quatre milliards de dollars par an, obtenus par l’Union européenne à l’occasion d’un différend sur la taxation des importations.

Richard WADDINGTON

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