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L’Odyssée d’Ulysse version tchèque !
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L’Odyssée d’Ulysse version tchèque !
Il y a un temps pour les contes de fée et un temps pour revenir à la réalité ou retomber – souvent lourdement – sur terre. C’est ce qui pend au nez de la Grèce ce soir à Porto, au stade du Dragon, en quart de finale de l’Euro 2004 face à la République tchèque.
Sans vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué, il semble que l’odyssée grecque ait atteint son apogée et que les descendants d’Ulysse vont bientôt mettre un terme à leur formidable aventure. Car l’odyssée d’Ulysse a toutes les chances d’être… tchèque cette fois.
Tout oppose les deux protagonistes. La Grèce s’appuie sur un bloc défensif ultra-renforcé et vient de passer maître dans l’art de faire déjouer ses adversaires sous la férule d’Otto II, alors que la République tchèque puise sa force dans le jeu offensif et se présente comme le grand favori de l’Euro par ses résultats, sa force de caractère et ses très brillants joueurs.
En faisant le dos rond et en laissant passer l’orage orchestré par Nedved, Baros, Smicer, Koller, Poborsky et autres, la Grèce ne peut-elle pas parvenir à ses fins en jouant les contres à fond ? En théorie, oui. D’ailleurs, avant le début d’un match, tous les pronostics et toutes les spéculations imaginables sont possibles.
Mais la raison nous indique que les Tchèques ne tomberont pas dans les mêmes travers que le Portugal, cueilli comme un débutant par les contres limpides des Héllènes au premier tour, ou la France, qui n’a pas su prendre le contrôle du milieu de terrain pour espérer quoi que ce soit en quart de finale.
Certes, les Grecs ont battu l’Espagne en éliminatoires et l’ont tenu en échec au premier tour (1-1), ont dominé le pays organisateur portugais et le tenant du titre français, mais semblent trop attentistes pour renverser la machine tchèque. Pas assez créatifs pour dominer la rencontre.
Car l’Espagne aurait dû plier son match du premier tour face aux Grecs et la France d’avant cet Euro catastrophique aurait facilement fait courir leurs opposants après le ballon. Ce que devraient réussir les Tchèques qui montent en puissance dans cet Euro.
Bourrée de ressources, cette formation a été menée au score à chaque rencontre du premier tour mais les a toutes remportées. Les joueurs de Karel Brückner ont ensuite balayé le Danemark
3-0 même si la partie fut plus serrée que ne l’indique le score.
Grâce à un milieu de terrain excellent mené par Nedved bien épaulé par Karel Poborsky, Tomas Rosicky, Tomas Galasek et à une attaque efficace, composée de Milan Barros et Jan Koller très complémentaires, les Tchèques devraient forcer le verrou tchèque. Ils se présentent par ailleurs au complet, aucun suspendu ni blessé n’étant à déplorer.
Caristeas, Karagounis et autres Giannakopoulos ont apporté de la fraîcheur au tournoi et ont réalisé un excellent parcours jusqu’ici mais toutes les bonnes choses ont une fin.
La volonté des Tchèques d’aller au bout après leur finale perdue en 1996 face à l’Allemagne (un but en or signé Oliver Bierhoff) ne devrait pas laisser beaucoup de place pour écrire une nouvelle mythologie grecque dans cet Euro 2004. Sauf si les Tchèques s’inspirent du dernier match des Grecs et se mettent à jouer comme… des Bleus !
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