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L?épave de Pointe-aux-Feuilles : l?équipe mauriciano-égyptienne s?active

18 avril 2005, 00:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Il aura fallu six mois d?attente pour que l?expédition archéologique mauriciano-égyptienne débute enfin. Une équipe de plongeurs, encadrée par l?archéologue égyptien, Ibrahim Ahmed Metwalli, s?active dans le lagon de Pointe-aux-Feuilles, près de Mahébourg, depuis deux semaines pour tenter d?identifier l?épave découverte en octobre dernier.

Selon les observations effectuées lors des toutes premières plongées, l?épave de Pointe-aux-Feuilles serait un deux-mats datant du 19e siècle. Certains détails, concernant les verrous de sécurité ou le revêtement cuivré des pièces l?apparentent au Sirius et à La Magicienne, deux navires échoués en 1810. L?archéologue sud-africain, Jaco Beschoff, vient renforcer l?équipe le mois prochain.

L?expédition, initialement prévue le 6 avril, avait dû être reportée pour cause de mauvaise visibilité. La première phase des travaux consiste à enlever le maximum de sables et de vase sur l?épave et les alentours avant de pouvoir l?étudier et l?identifier. Cette étude, d?une durée de deux mois, bénéficie du soutien de la Mauritius Museums Council, du National Heritage Fund et de la Mauritius Marine Conservation Society.

Cette épave, tant convoitée, est découverte le 10 octobre dernier par Armyo Vundapa Naiken, plongeur à la Ferme marine de Mahébourg, lors d?une plongée de routine. Immédiatement, il avertit Yann von Arnim du Mauritius Museums Council et de la Mauritius Marine Conservation Society. Une première plongée est organisée pour tenter d?identifier la structure en bois qui gît au fond de la mer. Puis l?aide d?Ibrahim Ahmed Metwalli est sollicitée.

<B>Bol de porcelaine du 19e siècle</B>

Il encadre actuellement une équipe de plongeurs locaux sur le site du Sirius à Grand-baie. Lors d?une plongée à Pointe-aux-Feuilles, les plongeurs découvrent une structure en bois, longue de 25 mètres et encore en bon état. Une partie de la quille ? 22 mètres de long, 31 centimètres de large et 60 centimètres de haut ? est enfouie sous le sable.

Les plongeurs effectuent aussitôt le maximum de relevés, prennent des photos et répertorient les objets qui se trouvent à proximité. Les informations recueillies permettent aux archéologues d?entamer des recherches historiques et de monter un dossier comprenant des références aux navires qui auraient sombré dans cette zone.

Des fouilles alentour permettent de mettre la main sur un bol en porcelaine. Cette pièce, de couleur blanche et bleue, daterait du début du 19e siècle. De la vaisselle similaire, datant de 1820, a été découverte sur une épave en Asie du Sud-Est. Les plongeurs ont aussi remonté un tesson de bouteille de couleur noire, qui proviendrait d?une bouteille de gin fabriquée entre fin 18e et mi-19e siècle.

Pendant des mois, des chercheurs se sont tournés vers les documents historiques en espérant y trouver des indices qui permettraient d?identifier l?épave. Les documents font mention d?un seul naufrage dans cette zone. Il s?agit de Le Coureur, une goélette française impliquée dans le trafic d?esclaves, qui a sombré le 3 mars 1821.

L?une des sources citées par les chercheurs, qui fait référence à un naufrage dans la région de Pointe-aux-Feuilles, provient des Esquisses Historiques d?Albert Pitot : ?Dans la nuit du 3 au 4 ??? 1821, une petite goélette, Le Coureur, commandée par le capitaine Charles Letord, dit Dorval, homme de couleur, signalée comme portant une cargaison de noirs nouveaux ??? et pourchassée par une des mouches de l?Etat, se jetait au plein à la Pointe-aux-Feuilles et l?équipage l?abandonnait après y avoir mis le feu. Le lendemain, 26 Noirs mozambiques nouveaux étaient découverts aux environs par l?officier militaire du poste voisin et envoyés sous escorte à Port-Louis, où ils arrivaient le 6, dans la soirée. Le jour suivant, le 7, M. Farquhar annonçait l?événement et promettait des récompenses pour la capture de l?équipage et du reste des Noirs introduits.?

Un autre ouvrage, Une île et son passé d?Antoine Chelin, évoque aussi Le Coureur : ?Le 3 mars 1821, la goélette Le Coureur, qui transportait une traite illégale d?esclaves, chassée par le chasse-marée du gouvernement, échoue près de la Pointe-aux-Feuilles. Les esclaves débarqués, la goélette est brûlée par son équipage afin de faire disparaître toute trace évidente.?

Si l?épave de Pointe-aux-Feuilles est bien celle de Le Coureur, il s?agirait d?une ?découverte majeure?. Les objets qui seront remontés durant la campagne archéologique permettront aux archéo- logues et historiens de lever le voile sur l?identité de l?épave.

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