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Kurt Barnes Psychologue
<B> Pourquoi la société mauricienne a-t-elle du mal à changer son regard sur l?homosexuel ? </B>
Il est difficile de demander aux gens de changer de perception. Il est bien connu que les lois, les leaders d?opinions qu?ils soient d?ordre religieux, politique, scientifique ou intellectuel forcent les croyances sur la société. La moralité prédominante est régie par un mandat éthico-religieux. Les gens sont avant tout des croyants dans différentes orientations religieuses et spirituelles.
<B> L?OMS a supprimé l?homosexualité de la liste des maladies mentales. Mais pourquoi s?obstine-t-on à penser qu?elle relève d?un désordre psychique ? </B>
Le fait que l?homosexualité a été enlevé du DSM (Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux) ne fait pas le bonheur de tous les praticiens. Il y a des lobbys qui se battent pour la faire réintégrer le DSM. Ce n?est donc pas une victoire absolue. Il y a une grande part culturelle qui entre en jeu. L?OMS a un mandat médical et éthique et pas celui de moralité. Les institutions religieuses se chargent du mandat moral et c?est là que le bât blesse. Nous sommes toutefois dans une société évolutive, ce qui n?est pas acceptable aujourd?hui le sera peut-être demain.
<B> Selon vous, l?homosexualité est-elle le résultat d?une éducation, d?un événement ou est-ce inné ? </B>
Je ne veux pas ériger ma pensée en dogme. Néanmoins, nous savons que la non-résolution du complexe d??dipe ou d?Electre peut effectivement produire différentes façons d?être sexuellement. Il est des cas rarissimes où il y a une confusion chromosomique. Il y a des déviations par rapport à la majorité de cette structure chromosomique. Cela est de l?ordre strictement médical.
<B>MICRO-TROTTOIR</B>
■ <B>Comment réagiriez-vous si votre fils ou votre fille vous annonçait son homosexualité ? </B>
Sailesh, 62 ans, retraité : «Mo pa ti pou kontan ditou. Mo pa trouv sa normal. Mo pa finn elve dan sa manier la moi. Pou moi bann zom bizin al avek bann fam. Ena ousi la relizion.»
Clifford,38 ans chauffeur de taxi : «Enn gran maler pou tonbe. Me mo pou get boner mo zanfan avan.»
Nalini, 44 ans cadre en entreprise : «Même si mon coeur de mère voudrait comprendre, j?aurais peur du qu?en-dira-t-on. Et puis, je suis croyante.»
Joanna, 32 ans, employée de bureau : « Si mon enfant était homosexuel, je l?aiderais dans son parcours. Après tout, ce sont des choses qui arrivent. Je serais peut-être déçue de ne pas être grand-mère un jour. Qu?importe, je veux qu?il soit heureux avant tout.»
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